Comment tenir le bâton par le milieu ? - Le Temps Tunisie
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2019

Lutte contre la contrebande et le commerce parallèle

Comment tenir le bâton par le milieu ?

Mercredi 14 Septembre 2016
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• Béchir Boujday, membre du Bureau Exécutif de l’UTICA au Temps : « Une proposition a été faite au gouvernement afin de créer une structure nationale pour lutter contre les opérations du commerce parallèle ».
Comment tenir le bâton par le milieu ?

 

La propagation  du phénomène de la contrebande ne cesse  de s’amplifier.  En dépit des lois et des efforts fournis par l’Etat, les cartels et les dépassements  existent encore. Environ  54 % de l’économie nationale  s’évaporent et ont pour origine nocive le commerce parallèle, un pourcentage accablant qui représente tout un fléau massif. Rappelons que la contrebande a son impact direct sur le cycle économique, une menace de tout instant qui brise l’élan de  l'économie engendrant de graves séquelles sur le fonctionnement et sur les activités économique en général  et dont les commerçants assujettis et loyaux à s’acquitter de leurs impôts n’ont cessé de protester contre la prolifération de ce fléau dévastateur.  

Entre temps, les pertes  du commerce parallèle sont  de plus en plus aggravées, prés de 2 Milliard de dinars par an. La Présidente de l’UTICA, Mme Ouided Bouchamaoui a déclaré auparavant dans une conférence de presse que l’économie informelle  touche aujourd’hui tous les secteurs et toutes les régions et même le secteur des services n’est pas épargné.  

Dans ce cadre,  le membre du Bureau Exécutif de l’UTICA, Béchir Boujday nous a affirmé  que ce fléau nécessite un engagement sérieux de la part du gouvernement. De même, il a déclaré que l’UTICA a fait une proposition au gouvernement : « créer  une structure nationale  pour lutter contre les opérations du  commerce parallèle et le lancement d’une stratégie répressive afin de juguler ce fléau ».

Revoir à la baisse les taux de droit de douanes

« Il est temps d’oser adopter les bonnes solutions capables de juguler  ce phénomène ravageur. Il faut notamment revoir à la baisse les taux de droit de douanes pour les produits objets de contrebande », a précisé  le membre du Bureau Exécutif de l’UTICA, Béchir Boujday. 

Mr Bechir Boujday a déclaré aussi que le gouvernement Chehed a dévoilé une partie de la réalité. Toutefois, les procédures déjà prises  restent insuffisantes.

Il a insisté  pour dire que l’Etat et même l’UTICA  ont  toujours considéré le commerce parallèle comme un acte criminel.  « Pour combattre ce fléau, plusieurs dossiers doivent être négociés. Les réformes globales sont indispensables afin d’en réduire l’impact. Les réformes dont je parle  touchent les  impôts, la lutte contre le chômage, la simplification des formalités et des procédures administratives et l’approvisionnement régulier du marché », a ajouté Béchir Boujday.

A Ben Guerdane 3 800 habitants travaillent dans le marché noir 

Selon le rapport de la Banque mondiale intitulé «  L’estimation du commerce informel à travers les frontières terrestres de la Tunisie »,  la contrebande est un moteur économique dans les régions frontalières et les régions défavorisées. Selon la même source et à  Ben Guerdane,  «  3 800 habitants se livreraient au marché noir (soit environ 20 % de la population active), faisant de ce secteur la locomotive économique de la région». 

La liaison entre la situation  sociale et le fléau de la contrebande  et du commerce parallèle  est étroite. Depuis la Révolution ce phénomène a pris un rythme exponentiel menaçant l’économie réelle. Les huit  gouvernements successifs, n’ont pas pu stopper cette hémorragie. Tensions sociales obligent. Néanmoins, aujourd’hui il faudrait savoir ou avoir le courage de tenir le bâton par le milieu. La lutte contre la contrebande qui va de pair avec la lutte contre le terrorisme est une tâche alambiquée, mais il faut un début à tout.  D’ailleurs, la  Banque mondiale a proposé  dans son étude sus-indiquée  de limiter au maximum l'ampleur du trafic tout en améliorant les conditions de vie des populations vivant dans les zones frontalières.

Khouloud AMRAOUI