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Formation du prochain gouvernement 

Yassine Brahim se retire, d’autres ministres s’accrochent !

Jeudi 11 Août 2016
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Yassine Brahim se retire, d’autres ministres s’accrochent !

L’actuel ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale et président du parti Afek Tounes, Yassine Brahim, a annoncé, lors d’une déclaration télévisée, avoir pris la décision de ne pas participer au prochain gouvernement d’union nationale. Expliquant qu’il souhaite se consacrer, entièrement, à son parti, Yassine Brahim a préféré se retirer avant que la nouvelle composition ne soit annoncée.

Cette décision peut être interprétée comme étant une fine manœuvre politique du concerné qui a déduit, en suivant les négociations qui se mènent actuellement à Dar Dhiafa, qu’un retrait stratégique valait mieux qu’un écartement de la prochaine équipe. Se trouver une sortie honorable et retourner au travail partisan, en misant, entre autres, sur les élections municipales demeure bien plus sage que de continuer à s’accrocher alors que les faits sont aujourd’hui évidents.

Contrairement à Yassine Brahim, l’actuel ministre de l’Education nationale, Néji Jalloul, a exprimé son envie d’être reconduit à la tête de son ministère. Bien qu’il se dit discipliné et prêt à accepter toute décision provenant de son mouvement, Nidaa Tounes, Néji Jalloul a expliqué qu’après les réformes éducatives entreprises par son ministère, l’Education nationale est entrée aujourd’hui dans la phase des bilans et des résultats. Pour le ministre, le travail entrepris en collaboration avec l’UGTT et avec le réseau ‘Ahd’, doit absolument aboutir afin que le projet de la nouvelle éducation arrive à prendre forme. Toutefois, Néji Jalloul a assuré qu’au cas où il ne serait pas reconduit à la tête du ministère, il continuerait son travail de politicien au sein de Nidaa Tounes.

Le ministre du Commerce au sein du gouvernement intermédiaire et dirigeant au sein de l’Union patriotique libre (UPL), Mohsen Hassen, préfère, pour sa part, employer une méthode de communication plus subtile dans l’expression de son envie de rester à la tête de son ministère. Alors que la nouvelle équipe est sur le point d’être formée et annoncée au grand public, Mohsen Hassen enchaîne les déclarations médiatiques où il annonce, tantôt, une baisse de l’inflation et du déficit commercial, tantôt, la mise en place des zones de libre-échange, notamment celle de Ben Guerdane. Le ministère du Commerce a même commencé à collaborer avec la municipalité de Tunis afin de trouver des solutions aux vendeurs ambulants qui s’accaparent les trottoirs de la ville depuis fort longtemps. 

De son côté, la ministre du Tourisme, Salma Elloumi Rekik, tente de se repositionner au niveau de la prochain équipe. Si elle ‘n’a pas eu de chance au sein du ministère du Tourisme’ – comme l’avait exprimé Habib Essid lors de la plénière à l’Assemblée des représentants du peuple’, des sources proches de la ministre nous ont confié que l’intéressée pourrait être chargée d’une autre mission au sein du gouvernement d’union nationale. Rappelons que le président du bloc parlementaire de Nidaa Tounes, Sofiene Toubel, a indiqué, en début de cette semaine, que son mouvement n’a fait aucune pression sur Youssef Chahed d’autant plus qu’il est lui-même dirigeant au sein du même parti. Toubel a de même assuré que Nidaa Tounes n’a proposé aucun nom pour les différents portefeuilles ministériels préférant ainsi laisser le nouveau chef choisir lui-même son équipe.

Loin de tout procès d’intention, nous savons pertinemment qu’un gouvernement de coalition ne peut échapper à aucun calcul partisan. Chaque parti de ceux qui participeront à ladite coalition aura son mot à dire sur la composition de l’équipe et sera, obligatoirement, dans une position de négociation afin que son parti bénéficie de la plus importante représentation possible. D’ailleurs, le mouvement Ennahdha par exemple ne cache pas son envie d’être mieux représenté au sein du prochain gouvernement. 

Quelques dirigeants du mouvement ont même appelé à ce qu’Ennahdha obtienne le nombre le plus importants des portefeuilles vu qu’il est le parti majoritaire au Parlement.

Salma BOURAOUI