Une belle, mais assez courte prestation - Le Temps Tunisie
Tunis Vendredi 8 Février 2019

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2019

Démarrage du festival de Carthage

Une belle, mais assez courte prestation

Vendredi 15 Juillet 2016
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Une belle, mais assez courte prestation

La 52è édition du festival international de Carthage a démarré avant-hier soir en son mythique  théâtre antique avec un « Hymne à la joie. » Un spectacle assuré par l’Orchestre symphonique de la Radio ukrainienne dirigé par Volodymyr Sheiko, le Chœur de cette même radio, sous la direction de Yulia Tkach, l’Ensemble orchestral de Tunisie, sous la houlette de Rachid Koubâa et le chœur de l’Opéra de Tunis, sous la direction de Hristina Hadjieva. L’invité d’honneur n’était autre que la vedette de la chanson tunisienne : Lotfi Bouchnak.

 

Une ouverture en mode classique qui a imposé le silence et le respect d’une grande frange  du public, bien que plusieurs spectateurs étaient plongés étrangement sur « Facebook », via leur Smartphone resté allumé, comme de bien entendu ! Ces incorrigibles spectateurs d’un soir, discutaient le coup à voix basse, certes, mais qui restait audible, tout de même, pour les pauvres  mélomanes ! On se demandait d’ailleurs et tout au long du concert, si ces gens-là avaient l’habitude d’assister à de tels concerts, ou savaient-ils au moins  entendre une musique et des chants pareils ? Certes, la culture musicale s’acquiert petit à petit et d’année en année.  Ce public semblait des grands soirs et avait attendu impatiemment l’apparition de Lotfi Bouchnak, croyant fermement que ce dernier allait revisiter son répertoire, du moins celui qui fait « fureur » en ce moment. Il allait découvrir, chemin faisant, que notre Bouchnak national possède des chansons comme spécialement composées pour ce genre de musique.  Mais étant donné que rien n’avait filtré sur le programme de la soirée, chacun des spectateurs pouvait imaginer à lui seul le « conducteur » qui lui plairait, omettant qu’il s’agissait là d’un « autre » Bouchnak dont le programme choisi vole très haut, à l’image de la très grande qualité musicale qui régnait ce soir-là. L’ « Hymne à la joie » est le « finale » en quatre parties de la 9è symphonie de Beethoven, d’environ 25 minutes, composé entre 1822 et 1824 sur un poème de Friedrich Von Schiller et devenue un « symbole de la culture européenne. » Elle s’annonce par le jeu des tonalités et des changements de mesures. Un message de paix filtre à travers les paroles où il est dit, en substance : « Ô amis, pas de ces accents ! Mais laissez-nous en entonner de plus agréables, et de plus joyeux ! Joie, belle étincelle divine, Fille de l’assemblée des dieux, Nous pénétrons, ivres de feu, Céleste ton royaume ! Tes magies renouent ce que les coutumes avec rigueur divisent, Tous les humains deviennent frères, Là où ta douce aile s’étend. »

Valeurs

Lotfi Bouchnak a interprété quelques-unes de ses chansons nouvelles et anciennes. Celles-là-mêmes qui répondent aux exigences d’un tel spectacle. Des poèmes en arabe littéraire et en dialectal tunisien qui insistent sur les valeurs universelles et humaines à respecter et à espérer. Le spectacle semblait un peu trop court, car il n’était que d’une heure et vingt minutes. Ayant démarré à 22 heures, le « Kallel ou dallel », comme il est exprimé dans l’un des proverbes tunisiens, était-il mal placé ? Car plusieurs spectateurs étaient restés debout à attendre autre chose en plus. Ces mêmes spectateurs savaient-ils ? Qu’en de pareils concerts, il fallait perdurer les applaudissements pour espérer un rappel de la part de l’orchestre. Mais la scène commençait à se vider, petit à petit et le public était finalement résigné à rentrer rassasié par une bonne dose de grande musique, à travers une rencontre tuniso - ukrainienne où la musique a encore une fois fait preuve qu’elle demeure un langage universel.

Lotfi BEN KHELIFA