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Essid souffle le chaud et le froid

Vendredi 15 Juillet 2016
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Essid souffle le chaud et le froid

Depuis l’annonce de l’initiative présidentielle, le chef du gouvernement, Habib Essid, n’a cessé de donner l’impression qu’il ne sait pas sur quel pied danser.  Le lendemain de l’annonce du président de la République, Essid avait accordé une interview radiophonique où il s’est dit prêt à quitter son poste si l’intérêt du pays l’exigeait. Et d’ajouter qu’il se considère comme un ‘soldat de la Tunisie’.

Dix jours plus tard, et lors d’une interview accordée au journal Al Arabia, le chef du gouvernement a déclaré qu’il ne comptait pas présenter sa démission. Expliquant, lors du même passage, que l’initiative présidentielle a été une surprise pour lui vu son timing, Habib Essid a carrément considéré que son éventuelle démission représente un affaiblissement de l’Etat et de ses institutions.

Quatre jours après, soit le 17 juin dernier, une source de la coalition des partis au pouvoir a confié, dans une déclaration accordée à l’agence TAP, que le chef du gouvernement avait assuré aux partis formant le gouvernement qu’il présentera sa démission au chef de l’Etat dès la fin des concertations du palais de Carthage. Désavouant ainsi le ministre porte-parole du gouvernement, Khaled Chaouket – qui avait indiqué à l’issue d’un conseil ministériel qu’Essid et son équipe ne partiront que si une motion de censure est émise à leur encontre par l’Assemblée des représentants du peuple – le chef du gouvernement semblait aller dans le même sens que la présidence de la République.

L’énième revirement a été annoncé par Béji Caïd Essebsi en personne qui a indiqué, lors de son discours tenu à l’occasion de la cérémonie de signature de l’accord de Carthage, qu’Habib Essid a choisi d’aller vers le Parlement. Cela signifie donc que le chef du gouvernement a finalement décidé d’aller vers l’article 98 de la Constitution qui stipule que si l’équipe gouvernementale ne réussit pas à obtenir suffisamment de voix, elle est obligée de démissionner.

De son côté, le président de l’Assemblée des représentants du peuple, Mohamed Ennaceur,  a déclaré qu’en cas de besoin, le Parlement est prêt à travailler pendant les vacances parlementaires qui devraient commencer à la fin du mois courant. Le cas de besoin en question est, bien évidement, l’appel que l’on ferait aux députés pour qu’ils votent la confiance pour la nouvelle équipe gouvernementale.

Depuis le début de toute cette histoire, les représentants de toutes les parties prenantes aux concertations de Carthage n’ont cessé d’affirmer qu’Habib Essid est une personnalité honnête, intègre et travailleuse. On a tout fait pour qu’Essid ne porte pas tout seul la responsabilité de l’échec de son équipe gouvernementale et on a tenté de lui offrir une porte de sortie digne. Malgré tout cela, le chef du gouvernement semble vouloir continue son passage au palais de la Kasbah jusqu’au bout. Les quelques problèmes de santé auxquels il a dû faire face dernièrement ne l’aident pas et la probabilité, du moins mathématique, de la motion de censure qui sera votée à son encontre se concrétise de jour en jour.

Salma BOURAOUI