De la dégradation, à la survie - Le Temps Tunisie
Tunis Mercredi 2 Décembre 2020

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Dec.
3
2020

Evénement KULTURLABOR «Still life, corps vivant» de Héla Lamine

De la dégradation, à la survie

Samedi 9 Juillet 2016
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Dar Bach Hamba, siège de l’Association L’Art’ Rue, a abrité récemment un événement artistico-scientifique intitulé : « Still life, corps vivant. » Il s’agit du fruit du travail de l’artiste plasticienne tunisienne Héla Lamine dans le cadre de sa participation au KULTURLABOR, un atelier organisé par le Goethe Institut de Tunis. Notre plasticienne a axé, en effet, son travail sur le mécanisme de dégradation des aliments et des restes de nourriture et sur ce qui pourrait aboutir, une fois étudiés, pour donner naissance à de vraies œuvres d’art. Du fait, les déchets acquièrent un devenir, après une vraie renaissance. Et mieux encore, ils reprennent une place en tant que pièces devenues œuvres d’art, selon qu’on les voit à l’œil nu, au microscope sur le lieu de l’exposition/démonstration, ou en photos accrochées sur les cimaises de Dar Bach Hamba.

Un travail contrôlé par l’artiste au cours du processus de décomposition de ces aliments, entre fruits, légumes et gâteaux. Héla Lamine s’est associée à l’Institut Pasteur, à Tunis, pour réaliser une expertise appropriée qui a été réalisée par le Dr Aïda Bouratbine, Professeur hospitalo-universitaire en parasitologie et mycologie médicales. Certes, les couleurs changent un peu, ou beaucoup. Et plutôt que de mourir, les aliments affichent de nouvelles formes, d’autres lumières et des couleurs inattendues. Comme quoi, et après avoir été périssables, ces éléments prennent une nouvelle vie.

Et du coup, on n’imagine plus qu’il s’agissait au préalable de nos propres produits de consommation domestique. C’est le nouveau chemin pour ces produits ainsi cultivés. Une autre vie s’annonce pour « eux », alors qu’ils étaient destinés à la poubelle ! Une autre forme de récupération entre l’infiniment petit et l’infiniment grand, comme l’a d’ailleurs expliqué Héla Lamine au cours de son exposé. Ce dernier a été suivi par un public peu nombreux, mais attentif et intéressé par un sujet des plus originaux. Ainsi, les scientifiques et les artistes y trouveront leur compte. Une belle rencontre sous le signe de la recherche et de l’innovation.  Et comme l’a si bien dit Emmanuel Kant dans « La critique de la faculté de juger » : « Le beau est ce qui plaît universellement sans concept. » Un événement qu’il ne faut absolument pas rater de voir. Cela se passe à Dar Bach Hamba, dans la Médina de Tunis.

Lotfi BEN KHELIFA