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2021

Baromètre 2016 des entreprises

Une note plutôt pessimiste

Mercredi 29 Juin 2016
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Une note plutôt pessimiste

Dans sa quatrième édition, le baromètre des entreprises tunisiennes,  sous le titre «  Moral, préoccupations et perspectives des dirigeants d’entreprises »,   a été publié  dernièrement par  le cabinet d’études Ernest & Young Tunisie. Dresser  le bilan de l’année écoulée, évaluer le climat des affaires et requérir les témoignages des chefs des entreprises et leaders d’opinion  face à  une situation peu reluisante, tant de questions qui ont diligenté cette enquête.

« Plus de 120 dirigeants et leaders d’opinion ont été sollicités lors de  cette enquête. Ils représentent plus de 88 entreprises et groupes avec plus de 130000 employés pour un total de chiffres d’affaires supérieur à 16000 MDNT », souligne le rapport.

Le rapport comporte quatre parties distinctes : situation et perspectives commerciales, situation interne liée aux processus opérationnels, stratégies d’investissement et Emplois et conjonctures externes.

51% des entreprises enregistrent une amélioration de leur CA

Concernant la situation et les  perspectives commerciales, le rapport a  révélé  que  contre toute attente, il y a eu une tendance positive d’évolution  du chiffre d’affaires (CA), plus de la moitié des entreprises tunisiennes,  (51 %)  connaissent une amélioration de leurs chiffres  d’affaires en 2015 par comparaison à 2014. Dans le même contexte,  plus précisément, cette tendance s’est accentuée pour les entreprises dont le chiffre d’affaires est inférieur à 50 millions de dinars, en  revanche  le chiffre d’affaires est en baisse pour plus d’un quart des entreprises interrogées.

En outre et selon les indications du rapport, à l’instar de l’édition 2014, les résultats du baromètre 2016 mettent en évidence l’augmentation du chiffre d’affaires qui est  le fruit des efforts déployés notamment en matière de l’offre qu’en terme de logistique et de système d’informations.  Ce dernier facteur  a évolué de 16% en 2014 à 29% en 2016.

« Des signes d’essoufflement apparaissent »

D’une façon générale, l’actualité politique et sécuritaire  est venue saborder  la reprise effective, les signes d’essoufflement sont visibles, on relève que seulement 24% des entreprises s’attendent à une stabilité de l’activité, contre 32 % en 2014. Toujours selon le rapport, cette baisse de 8 points  se répartit à parts égales entre les deux pôles positif et négatif d’évolution attendue de l’activité.

Lenteur des réformes et absence d’un leadership agissant

Le rapport  note aussi que « Malgré une stabilité politique apparente, les commentaires des dirigeants d’entreprises déplorent  la lenteur des réformes, l’absence d’un leadership prononcé, le déficit  d’une vision stratégique sur le moyen et le long terme ainsi qu’une prise de décision plus qu’approximative autant de soucis qui alimentent  les raisons de leur pessimisme vis-à-vis de la situation politique du pays».

Sur le plan des stratégies d’investissement et création d’emplois, en dépit  du climat défavorable, il ya eu des intentions réelles d’investissement, en effet, 54% des entreprises 100% tunisiennes affichent de  fortes intentions d’augmentation de l’investissement, par rapport à 32% en 2014. Quant aux entreprises 100 % étrangères, 38% envisagent d’accroître leurs investissements et 48% décidés  à les maintenir.

Le rapport  indique entre autres la dégradation  des situations économiques et sociales : «  Aux yeux des dirigeants, la situation économique et sociale reste mauvaise pour 90% d’entre eux, de même qu’en 2014 » 

5 chantiers prioritaires

Par conséquent, les dirigeants avaient identifié cinq chantiers prioritaires pour améliorer le contexte économique alors que ces piliers demeurent  encore les mêmes en 2016.

Au terme de ce rapport, les dirigeants ont lancé des messages de sensibilisation à l’adresse de toutes les composantes de la  société, au  gouvernement et aux citoyens. Dans le même sillage,  ils ont appelé les décideurs à la nécessité de la prise de décision tout en agissant d’urgence contre le marché parallèle et l’éradication de la corruption qui ont, vraiment, freiné la bonne marche du circuit économique.   

In fine, les chefs d’entreprises et leaders d’opinion ont insisté sur la nécessité de mettre un terme aux arrêts incessants  de travail et les manifestations sauvages, à  consommer tunisien et activer la paix sociale.

Khouloud AMRAOUI