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Le Dream Team au Siège Des Nations Unies à New York: «Art, Dialogue and Hope»

Aller vers l’autre… et s’ouvrir sur le monde…

Mercredi 18 Mai 2016
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Aller vers l’autre… et s’ouvrir sur le monde…

Par : Sayda BEN ZINEB

A New York, tout est placé sous le signe de l’originalité, de l’insolite et de la beauté;  c’est l’une des villes les plus cosmopolites du monde par ses nombreux quartiers ethniques, ses Institutions mondiales (dont le siège des Nations Unies), Salons de mode,  Musées et Galeries, car,  comme dirait l’architecte et artiste designer, Le Corbusier, « New York est une ville debout, sous les signes des temps nouveaux. Belle et digne…».

 

Et c’est dans cette ville tentaculaire, sur l’East River, au siège des Nations unies que  le Dream Team a organisé au mois d’avril dernier, une exposition regroupant  une trentaine d’œuvres, (grands et petits formats) ,  sous le haut patronage de MM. Khaled Khiari et  Marc André  Blanchard, respectivement, ambassadeurs et représentants permanents  de Tunisie et du Canada auprès des Nations Unies.

Un rêve devenu réalité

C’était le rêve du Quatuor,  (les artistes plasticiennes tunisiennes, Zoubeida Chamari Daghfous, Alia Kateb et Neila Ben Ayèd et  l’artiste photographe canadienne vivant à New York, Marlène Luce Tremblay),  d’exposer dans le prestigieux siège des Nations Unies, situé sur la First avenue, le long de l’East River et devant lequel on peut voir flotter les drapeaux des 193 Etats membres. Rêve devenu réalité après une première tentative qui remonte à l’été 2014,  quand le Dream Team a monté une exposition  à Ashok Jain Gallery, (Manhattan),  dont les traces toujours vivantes  font aujourd’hui  l’objet d’un bel album concocté par les soins du galeriste.  Sans compter les  autres manifestations d’arts plastiques organisées  à Montréal, (Mai 2014) et à Tunis, (« Dialogue au-delà des mots », Galerie Saladin, mai 2015). 

« Art, Dialogue and Hope », tel est l’intitulé de l’exposition qui a connu un franc succès auprès des milieux diplomatiques, artistiques et culturels et aussi médiatiques de la ville de New York.  Les deux éminentes personnalités, tunisienne et canadienne,  ont évoqué chacun de leur côté, (à l’occasion d’une somptueuse réception  organisée le 25 avril 2016,  par notre Mission Permanente auprès des Nations Unies),  le bonheur de parrainer un événement artistique    montrant  le vrai visage de la Tunisie, terre d’accueil et de tolérance, loin des clichés obscurs  que   veulent lui coller quelque  médias occidentaux et autres parties extrémistes.

Elu , Président du conseil d’administration d’ONU-Femmes pour l’année 2016,  l’ambassadeur Khaled Khiari a mis en exergue le rôle de l’art dans le rapprochement entre les peuples, en insistant sur la symbolique de l’exposition, synonyme de dialogue pour la paix, rappelant ainsi   à l’assistance,  l’attribution à la Tunisie    du   Prix Nobel de la Paix. L’ambassadeur canadien, Marc André Blanchard, l’un des principaux sponsors du projet tuniso-canadien,  a mis quant à lui en lumière, les relations bilatérales  entre  son pays  et la Tunisie, basées selon ses dires, sur l’échange touchant à tous les domaines ainsi que sur  le respect mutuel.  

Parcours de femmes artistes tunisiennes, jalonnés de succès

Influencée par le courant Fauve, l’artiste plasticienne,  Zoubeida Chamari Daghfous qui n’est plus à présenter,  aime « les folies des Surréalistes » tout en admirant les Cubistes, Braque, Matisse et le chef de fil, Picasso duquel elle tient son inspiration.   Sur le plan local, elle apprécie la peinture des regrettés, Gorgi et Zoubeir Turki, pour ne citer que ces grands noms.

« Peintre de la Femme dans tous états »,  comme la qualifieraient certains,  Zoubeida Chamari Daghfous offre à voir des œuvres  dont une partie fait l’objet d’acquisition du ministère de la Culture et de collectionneurs privés en Tunisie et à l’étranger, y compris  à New York  et aux Missions Permanentes, tunisienne et canadienne auprès des Nations Unies.  Des œuvres d’une facture artistique et chromatique intense  qui  vous accrochent dès le premier regard pour la force qu’elles dégagent ; elles  sembleraient vouloir échapper à toute description   parce que  l’art ici,  parlerait de lui-même.  

Zoubeida Chamari  Daghfous participe, il faut le rappeler,  à l’exposition « Imago Mundi » de Benetton, aux côtés de ses compatriotes,  Alia Kateb, Neila Ben Ayèd et autres nombreux artistes de Tunisie … Une aventure qui a commencé en juin 2014  à  Rome, Vienne, la biennale de Venise (2015) et qui se poursuivra à partir du 23 mai à Pratt Institut  de Brooklyn, l’une des plus prestigieuses Universités d’Art,   d’Architecture  et de Design dans le monde.  

Artiste dynamique et peintre néo-impressionniste,  Alia Kateb qui évolue constamment au fur et à mesure des nombreuses expositions en Tunisie et à l’étranger,  a su trouver dans son univers pictural,  le moyen de s’exprimer et  la hardiesse  de se dépasser,   puisant sa source dans le monde qui l’entoure avec sa joie et ses peines. 

S’inspirant d’un proverbe anglais, Alia  estime que l’art est beau quand la main,  la tête et le cœur,   travaillent ensemble. Ses œuvres, dont  certaines  furent acquises  par l’Etat tunisien ou par d’autres collectionneurs privés d’ici et d’ailleurs,  ont cette force d’aller au-delà de la spontanéité.  En soumettant la couleur et la forme au gré de l’émotion ressentie, Alia Kateb  harmonise la composition à la conception tout en gardant un lien étroit avec ses racines.

Issue du milieu du Design, Neila Ben Ayèd est diplômée de la faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal et de l’Ecole polytechnique de cette ville de l’Amérique du nord où  elle   vit et travaille depuis plus de vingt ans. Récipiendaire de nombreux prix dont une Mention d’honneur de la Fondation « Femmes arabes qui se sont distinguées au Québec », elle expose sous différents cieux ;  du Canada à la Tunisie, en passant par les Etats Unis, la France, l’Italie et le Maroc. 

Profondément attachée à ses origines, Neila caresse le rêve  intime, du jour où Tunis deviendrait la plaque tournante des arts en Afrique et dans les pays arabes. En attendant, elle y contribue largement.  

Quant à  sa démarche artistique, toutes les notions autour du sens de l'espace, des volumes, de la couleur et des matériaux seront fouillées sous toutes les coutures. Mais si le design est une école voisine de l'art pictural, Neila Ben Ayèd a dû travailler assidument afin de maitriser ces deux hémisphères des arts visuels.  « Les défis sont les mêmes », explique-t-elle. « Je suis toujours à la recherche d'un équilibre des proportions, des formes et des couleurs. Le design, c'est comme créer une œuvre d'art surdimensionnée. Ma signature? Je dirais un dialogue harmonieux entre l'art et le design, qui transcende le temps ».

Tout récemment, Neila Ben Ayèd vient de présenter « Regards tournés vers le monde » à Québec et Montréal. Une série où elle propose un véritable voyage aux tréfonds de l’âme humaine, interpelant sa vision du dialogue et de l’ouverture sur le monde. Poursuivant son emploi des rythmes des traits réfléchis et spontanés qui se croisent et s’entrechoquent, l’artiste offre à voir des œuvres qui séduisent le regard et dont le sens codé serait universel.   

Le cercle, selon elle, est une forme récurrente dans son travail ; il suggère le cycle de vie qui est en fait un concept universel, voire intemporel. « Peindre est un engagement important dans ma vie, explique-t-elle, c’est l’aboutissement de mes expériences et de ma vision du monde… »

Marlène Luce Tremblay, cheville ouvrière du projet

Exposer à New York n’a jamais été une mince affaire n’eussent été  certaines parties qui ont soutenu et appuyé le Dream Team dans sa nouvelle aventure sans frontières et en premier lieu, le ministère tunisien de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine.   C’était aussi, grâce à la collaboration de l’artiste photographe et  membre de l’équipe artistique féminine, Marlène Luce Tremblay, cheville ouvrière du projet et commissaire de  l’exposition, qui a travaillé dur depuis des mois sur cet événement, en usant de tous ses contacts et réseaux. « Ce n’était pas une tâche facile, nous a-t-elle confié, que d’avoir l’appui et le soutien de nos deux Missions permanentes auprès des Nations Unies ». Pas facile du tout en effet, si l’on tient compte du budget que cela aurait coûté pour un événement de taille. Le mérite revient en partie, selon Marlène,  à Francis Dubois, alias Dr Fouad Al Khashabi, Français installé  à New York  où il dirige la Section francophone au National Art Club. Ancien ambassadeur des Nations Unies à Tunis, Francis Dubois n’oubliera pas de si tôt « sa » Tunisie qui le lui rend si bien !

Eprise elle aussi de notre pays où elle compte beaucoup d’amis, Marlène Luce Tremblay  a participé à l’exposition avec  des  œuvres nées de son dernier passage à Sidi Bou-Saïd et la Marsa, en adoptant comme  technique, la « pintographie » qui combine deux supports différents, photographie et peinture.   Un clin d’œil de l’artiste du pays de l’érable  au pays du jasmin, son véritable coup de cœur. 

 Munie de son objectif, Marlène sillonne le monde arabe et particulièrement l’Egypte qui lui a donné l’élan  en initiant  la série « Al Kalimah » ; un projet  qui consiste à faire connaitre la richesse et l’étendue de la civilisation islamique…Puis la Syrie, la Jordanie, l’Italie, l’Espagne  et la France, d’où elle débarque après avoir participé au mois d’avril dernier, à «International Art Project », Cap d’Ail, aux côtés des  artistes photographes, Julian Lennon, (fils de John Lennon) et le Prince Michel de Yougoslavie.  Exposition pluridisciplinaire, (photographie, sculpture, peinture…) organisée par Libia Bosko et Wendi Lauwers. 

Marlène Luce Tremblay ne compte pas  s’arrêter là, car d’autres projets taraudent sa tête, en solo ou avec son équipe…Bon vent  au Dream Team !

S.B.Z