La guerre des égos commence très tôt ! - Le Temps Tunisie
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Le Mouvement du Projet Tunisie enregistre ses premières défections

La guerre des égos commence très tôt !

Mercredi 4 Mai 2016
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• Adnane Belhaj Amor: «Je ne peux rester dans un parti, dirigé par un propriétaire qui n’obéit qu’à la règle des copains et des coquins…»
La guerre des égos commence très tôt !

Le Mouvement du Projet Tunisie (Harakat Machrou Tounes) n’a pas encore tenu son congrès constitutif. Il n’a même pas reçu son visa légal. Pourtant, on s’y chamaille pour des broutilles. Et on y claque la porte bruyamment! 

La dernière démission en date de ce parti lancé en mars dernier par Mohsen Marzouk, ex-directeur de campagne de Béji Caïd Essebsi peu après son éviction brutale du poste de secrétaire général de Nidaâ Tounes a été annoncée avec fracas lundi par Adnane Belhaj Amor. Cet ancien cadre du  Parti de l’Unité Populaire, une formation de l’opposition dite de décor qui gravitait naguère autour du défunt Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD), a précisé dans un communiqué avoir démissionné après mûre réflexion, du comité national de préparation du congrès constitutif, de la présidence de la commission des énergies renouvelables et du mouvement lui-même.

«Je démissionne du comité national de préparation du congrès constitutif, de la présidence de la commission des énergies renouvelables et renonce à mon adhésion au mouvement sur fond de divergences politiques fondamentales touchant à la fois à la façon dont on dirige le parti et à ses orientations», a-t-il indiqué. 

Dans un long article publié sur le site d’informations «Al Huffington Post Maghreb» sous le titre: «Je laisse Marzouk à son destin», M. Belhaj Amor a tiré à boulets rouges sur Mohsen Marzouk qu’il dépeint comme «un homme imbu de lui-même, individualiste et surtout retors». 

«Aujourd’hui, je me réveille d’une torpeur et me sors d’un leurre partagé par beaucoup. Pour moi, cet homme n’est plus à mes yeux qu’un porteur de risque politique supplémentaire pour le pays, celui de planter dans notre paysage le germe d’une droite populiste de laquelle la Tunisie, déjà embourbée dans ses maux, n’a que faire», a-t-il écrit. 

Le militant démissionnaire a aussi dénoncé les pratiques de copinage au sein du parti.

«Oui, je m’en vais et laisse le «Machrou3» à Nesrine...Oui, Nesrine, la secrétaire personnelle devenue secrétaire générale adjointe par le seul pouvoir de son patron. Il y a quelques jours, elle notait encore ses rendez-vous et s’occupait de son agenda. Aujourd’hui, elle est membre de plain pied de la direction du parti. 

Il en fera peut-être une Eva Peron ou une Corry Aquino», s’offusque-t-il. Et d’ajouter : « Je laisse le «Machrou3» à Hachemi Lahdhiri, homme «fort» du dispositif marzoukien. Je ne vous dirai rien à propos de ce personnage. Si quand même, une chose. Tapez son nom sur Google et laissez vous tenter quelques moments par les résultats de la recherche. Je ne peux rester davantage dans un parti sans orientations, dirigé par un «propriétaire» qui n’obéit qu’à la règle des copains et des coquins, les ouistitis comme j’aime à les appeler affectueusement». 

Une dizaine de députés sur le départ ? 

Le 15 avril, la députée  Fatma Mseddi avait aussi annoncé, dans un post publié sur sa page Facebook, sa démission du mouvement du Projet Tunisie et du bloc parlementaire Al-Horra, sans dévoiler les raisons de sa décision.

Selon certaines sources proches du parti, une dizaine de députés du bloc Al-Horra s’apprêteraient, par ailleurs, à claquer la porte pour retourner dans le giron de Nidaâ Tounes, en signe de protestation contre leur «éviction» du Bureau exécutif dont la composition a été dévoilée le 28 avril dernier.  

Des sources bien informées au sein de Nidaâ Tounes nous ont confirmé que des députés du bloc Al-Horra pourraient réintégrer les rangs du parti vainqueur des dernières législatives et lui permettre ainsi de retrouver son rang de première force politique du pays. 

Dans le camp Mohsen Marzouk, on minimise la portée des ces démissions.

«Le parti n’a encore aucune existence légale. On ne peut pas dès lors parler de démissions proprement dites», souligne Walid Jalled, membre du nouveau Bureau exécutif du parti. 

«Adnane Belhaj Amor a démissionné après son échec à figurer au sein du Bureau exécutif à l’issue d’une élection transparente et démocratique, tandis que Fatma Mseddi a rendu le tablier pour protester contre la désignation d’une autre députée pour représenter le bloc Al-Horra lors de la cérémonie de remise du flambeau de la manifestation capitale de la culture arabe de Constantine (Algérie) à Sfax », a-t-il détaillé. 

M. Jalled a, par ailleurs, démenti les informations selon lesquelles d’autres députés envisagent de démissionner pour réintégrer Nidâa Tounes. «La cohésion du bloc Al-Horra a été confirmée lors d’une réunion tenue lundi», a-t-il dit. 

Quoi qu’il en soit, les premiers départs précipités du Mouvement du Projet Tunisie n’augurent rien de bon pour cette nouvelle formation souhaitant récupérer l’âme de Nidaâ Tounes en profitant du désenchantement des bases de ce parti qui n’arrivent pas encore à digérer l’alliance contre-nature avec le mouvement islamiste Ennahdha.

Walid KHEFIFI

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