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Syrie - Victoire majeure de Damas

Daech enfin chassé de Palmyre

Mardi 29 Mars 2016
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Le régime syrien pourchassait hier les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) au lendemain de la reprise de la ville de Palmyre, une victoire majeure pour l’armée qui veut extirper cette organisation de ses principaux fiefs en Syrie.
Fort de son succès le plus important face à l’EI dans le conflit syrien, le pouvoir de Bachar al-Assad, soutenu par les Russes, le Hezbollah libanais, s’est posé comme la partie la plus efficace combattant l’organisation la plus redoutée au monde qui a revendiqué les attentats meurtriers de Bruxelles et Paris.
Avec la reprise dimanche de Palmyre (centre), «la perle du désert syrien» connue mondialement pour ses trésors archéologiques dont une partie a été détruite par l’EI, le régime veut se poser aussi comme le sauveur du patrimoine de l’Humanité face aux extrémistes qui contrôlaient le site millénaire depuis mai 2015.
Hier, l’armée, appuyée par la puissante aviation russe et des milices, «se préparait à lancer l’assaut sur les villes d’al-Qaryatayn et Sokhné», tenues par l’EI et situées respectivement à l’ouest et à l’est de Palmyre, a affirmé à l’AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
«Il y a de violents combats aux abords d’al-Qaryatayn. L’armée veut sécuriser les environs de Palmyre pour empêcher le retour des jihadistes», a-t-il ajouté.
Une source militaire syrienne a indiqué à l’AFP que les «opérations militaires avaient commencé à al-Qaryatayn. C’est le prochain objectif de l’armée, qui a également les yeux rivés sur Sokhné», à 70 km de Palmyre et vers laquelle se sont repliés les jihadistes.
Si le régime s’empare de Sokhné, il sera aux portes de la province pétrolière de Deir Ezzor (est), contrôlée en grande partie par le groupe ultraradical.
Dans le même temps, s’il parvient à contrôler la localité d’al-Koum, au nord de Palmyre, il sera à la lisière de la province septentrionale de Raqa, dont le chef-lieu éponyme est la capitale de facto de l’EI.
Le commandement militaire a affirmé que Palmyre serait «la base à partir de laquelle s’étendront les opérations contre le groupe terroriste notamment à Deir Ezzor et Raqa». Le but est de «reprendre les territoires sous leur contrôle pour mettre fin à leur existence» en Syrie.
En plus, les prorégime devraient déloger l’EI de la localité d’Al-Alianiyé, à 60 km au sud de Palmyre, pour reprendre le contrôle du désert et avancer vers la frontière avec l’Irak, contrôlée en grande partie par les jihadistes.
Cependant prendre Deir Ezzor et Raqa ne sera pas une mince affaire.
«L’EI est évidemment plus faible que par le passé. Il se battra avec beaucoup plus de détermination pour garder Raqa, sa capitale de fait, Deir Ezzor, la plus grande ville qu’il contrôle en Syrie et sa porte vers l’Irak», estime Thomas Pierret, spécialiste de l’Islam contemporain en Syrie, qui souligne que «Palmyre n’était somme toute qu’un avant-poste».
A Palmyre, la partie résidentielle ressemblait à une ville fantôme, la quasi-totalité des habitants ayant fui les bombardements. D’énormes destructions témoignent de la violence des combats.
Le site antique portait les stigmates des destructions de l’EI, qui avait fait exploser deux de ses plus beaux temples, Bêl et Baalshamin, et détruit également l’Arc de triomphe et des tours funéraires.