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Pourparlers de paix sur la Syrie

Le sort d’Assad, une ligne rouge, prévient le régime

Dimanche 13 Mars 2016
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Arrivée à Genève des deux chefs de la délégation de l'opposition
Pourparlers de paix sur la Syrie: Le sort d’Assad, une ligne rouge, prévient le régime

Le chef de la diplomatie syrienne a prévenu hier que le sort du président Bachar al-Assad demeurait une "ligne rouge", conseillant à l'opposition de ne pas se rendre demain à Genève pour les pourparlers de paix si elle souhaitait aborder cette question.

Alors que la guerre en Syrie va entrer la semaine prochaine dans sa sixième année, la question du sort de Bachar al-Assad constitue la principale pomme de discorde entre le régime et l'opposition qui exige elle un départ du président.

La relance des pourparlers de Genève, qui avaient capoté début février, est rendue possible par une "cessation des hostilités" initiée par Washington et Moscou et entrée en vigueur le 27 février.

Selon Washington, cette trêve, la première depuis le début de la guerre il y a cinq ans, est "en général" respectée.

"Nous ne négocierons avec personne qui veut discuter de la présidence. Bachar al-Assad est une ligne rouge et s'ils (l'opposition) veulent continuer avec cette position c'est mieux qu'ils ne viennent pas", a lancé Walid Mouallem lors d'une conférence de presse à Damas.

Or, le Haut comité des négociations (HCN), rassemblant les groupes clés de l'opposition syrienne, insiste de son côté sur la "constitution d'un corps exécutif transitoire doté de tous les pouvoirs exécutifs" et dans lequel le président Bachar al-Assad "n'a pas sa place".

M. Mouallem a indiqué que la délégation du régime partirait aujourd’hui pour Genève. "Elle attendra là-bas "24 heures et si personne n'est là, elle repartira", a-t-il averti.

Lors des derniers pourparlers de Genève début février, la délégation du HCN était arrivée en Suisse près de 36 heures après les représentants du régime et avait attendu deux jours de plus pour se rendre au QG de l'ONU.

M. Mouallem s'est également montré agacé par les propos tenus vendredi par l'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura selon qui les élections en Syrie seront l'un des points abordés aux pourparlers indirects du 14 au 24 mars et doivent être organisées dans les 18 mois sous l'égide des Nations unies.

Il a affirmé que M. de Mistura n'avait "pas le droit de discuter des élections présidentielles". "C'est du seul ressort du peuple syrien", a-t-il insisté.

Dans une interview publiée hier par le journal suisse Le Temps, l'émissaire de l'ONU a indiqué que les Kurdes syriens devraient pouvoir donner leur opinion sur la future gouvernance et la Constitution du pays, bien qu'ils ne soient pas invités aux pourparlers de Genève.

La Russie, alliée du régime syrien, avait appelé vendredi M. de Mistura à inclure dans les négociations les Kurdes, qui contrôlent plus de 10% du territoire et les trois quarts de la frontière syro-turque.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a indiqué hier, lors d'une rencontre en Arabie saoudite, que des observateurs russes et américains se pencheraient dans la journée sur les violations de la trêve lors de réunions à Genève et Amman.

A la question de savoir si les pourparlers de Genève peuvent se tenir malgré les violations, il a répondu: "oui, cela est possible", des propos tenus avant la déclaration de M. Mouallem.

"Le niveau de la violence a été réduit de 80% à 90%, ce qui est très significatif", a dit M. Kerry qui se rend samedi à Paris où il doit rencontrer ses homologues français, allemand, britannique et italien pour faire le point sur la Syrie.

Vendredi, au moins sept civils ont été tués et dix personnes blessées dans des raids de l'aviation du régime sur un quartier rebelle de la ville d'Alep (nord), a affirmé une ONG syrienne, en parlant d'une "grave violation" de la trêve.

La trêve exclut les mouvements jihadistes Etat islamique (EI) et Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, qui contrôlent d'importantes régions du pays.

Dans un communiqué conjoint vendredi, les principales agences de l'ONU, dont le HCR et l'Unicef, ont fait état d'une "fragile lueur d'espoir" ces dernières semaines en Syrie en raison de la trêve permettant l'acheminement de l'aide sur le terrain.

"Moins de bombes tombent, l'accès humanitaire s'est ouvert par endroits", souligne le texte.

Bien que les agences humanitaires aient été en mesure d'accéder à des villages et des villes isolés depuis des mois, "ce n'est pas suffisant", déplorent toutefois les signataires. "Des fournitures médicales et des équipements sont encore mis de côté à des points de contrôle, ce qui est inacceptable", précisent-ils.

Par ailleurs, les deux chefs de la délégation de l'opposition syrienne sont arrivés hier à Genève pour participer aux négociations de paix intersyriennes qui doivent débuter demain, selon des journalistes de l'AFP.

Le négociateur en chef de l'opposition syrienne, le chef rebelle salafiste Mohammed Allouche, et le président de la délégation, Assad al-Zoabi, ont été vus par des journalistes dans un grand hôtel de Genève.

Plusieurs représentants de l'opposition encore présente en Syrie, dont Hassan Abdel Azim, sont également arrivés pour y participer.

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