Le pinceau enchanté d’Ahmed Souabni «se déchaîne» - Le Temps Tunisie
Tunis Jeudi 6 Août 2020

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Aug.
7
2020

A la galerie Saladin 

Le pinceau enchanté d’Ahmed Souabni «se déchaîne»

Samedi 9 Janvier 2016
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La Galerie Saladin de Sidi Bou Saïd abrite actuellement une exposition de l’artiste-peintre Ahmed Souabni. Les visiteurs ont certainement raison de se déplacer pour voir et savourer les nouvelles créations de Souabni. Une vingtaine d’œuvres meublent les cimaises de la galerie, ayant pour thèmes la femme et le cheval, sachant que l’une des prédilections de l’artiste est de peindre ces deux créatures dans tous leurs états. En effet, le cheval, la plus belle conquête de l’homme, est, dans l'art, l'animal le plus représenté depuis la Préhistoire, et l'un des plus anciens sujets artistiques, tout comme la femme qui a toujours été l’une des plus grandes inspiratrices des artistes.

Réalisées en peinture à l’huile, ces toiles ont tout pour retenir l’attention et émerveiller le visiteur, étant le résultat d’un travail de longue haleine et d’une recherche affinée de notre artiste. Les portraits des femmes et des chevaux rythment le ton de l’exposition : les portraits de femmes dégagent toute la beauté et la splendeur, la féminité, l’amour et la tendresse et ceux des chevaux en cavalcades laissent émaner la force, le dynamisme et le mouvement, à travers les touches tantôt précipitées ou longues, tantôt lentes et courtes, d’autres encore sont épaisses minces ou légères qui donnent beaucoup de gaieté et de fantaisies sur les sujets peints, à telle enseigne qu’on se croit dans une ambiance printanière, de part la clarté des couleurs et la vivacité des lumières qui émanent des toiles.

 Dans cette exposition, Souabni surprend le public avec deux choses : d’abord son recours aux couleurs plus gaies et plus claires que celles dont on est habitué lors d’expositions précédentes, ensuite par ses portraits qui sont faits uniquement à l’aide de pinceau, sans tracé préliminaire. Cette démarche adoptée par Souabni l’a fait sortir depuis des années un peu des sentiers battus et du folklorisme qui caractérise la sphère picturale de chez nous et confirme son attachement aux courants de recherche plastique contemporaine tout en restant lié à un style particulier et une sensibilité originale. Une technique presque nouvelle chez nos artistes, qui consiste à appliquer par touches successives des espèces de taches, d'éclaboussures en glacis légers. Voyons ces scènes équestres qui font montrer, outre l’élégance et la grâce des chevaux, ces cavaliers téméraires, bien en selle sur leur destrier, la tête fièrement relevée, partis pour un combat ou une course, dans un galop furieux. On peut citer comme titres : « Le cavalier blanc », « Cavalcades » « Galopades »…Il faut également admirer ces portraits de femmes calmes et rêveuses évoquant des états d’âme différents, comme on en voit dans les tableaux « la fille des vendanges », « La luthiste », « La gazette »… 

Hechmi KHALLADI