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Les attentes des Tunisiens en 2016.. La sécurité et la dynamique économique !

Vendredi 1 Janvier 2016
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Mémoire du temps présent: Les attentes des Tunisiens en 2016.. La sécurité et la dynamique économique !

Par Khaled Guezmir -

Qu’attendent les Tunisiennes et les Tunisiens de 2016 ! Au vu du rapport de la Banque Centrale sur les 11 premiers mois de la défunte année 2015, il va falloir soulever des montagnes pour arriver à donner du tonus, à la machine productive, redynamiser l’exportation, faire sortir le tourisme naufragé et sa tête de l’eau, sans parler de la reprise des investissements nationaux et internationaux et la remise à niveau générale des mégaprojets bloqués depuis la Révolution… Le Général De Gaulle face à pareille situation, aurait lancé son fameux : « Vaste programme mon ami ! ».

Faut-il pour autant jeter l’éponge et s’avouer vaincu ? Certainement pas, car le dernier trimestre de 2015, malgré les coups de massue du Bardo, de Sousse et de l’Avenue Mohamed V, a été plutôt encourageant, avec un frémissement de volonté générale et de détermination des deux présidences de la République et du Gouvernement, pour relever le défi.

Disons le tout d’abord qu’à l’actif du Premier ministre, M. Habib Essid, on peut déjà percevoir l’arrêt de la dégringolade sur beaucoup de dossiers hautement stratégiques et pointus. En premier lieu, la sécurité nationale qui a vu le retour d’un vrai battant, M. Abderrahmane Haj Ali à la tête de la Direction Générale de la Sûreté et on espère qu’il va mettre tout son savoir faire et sa longue expérience pour donner à l’appareil sécuritaire son efficacité optimale. Ceci dit l’amélioration des moyens matériels et logistiques ainsi que le recyclage général de toutes nos unités sans exception sont d’une nécessité absolue.

On reconnaît la performance sécuritaire au maintien global de l’agent et son allure à partir du premier contact.

Nous avons des traditions non négligeables en la matière mais il faut aussi encourager d’avantage tout le corps de la police et de la garde nationale matériellement et moralement. C’est une exigence de premier ordre et les sacrifices budgétaires en valent la peine.

Le second volet stratégique d’importance c’est l’encouragement de l’investissement et donner un nouveau départ aux projets en instance, bloqués pour différentes raisons.

Là, il faut reconnaître que le Président de la République Béji Caïd Essebsi a fait un travail d’envergure avec tous nos partenaires et alliés stratégiques. De l’Amérique à l’Europe, France Allemagne, Italie, Espagne, pays scandinaves, Grande-Bretagne, le Président a bien labouré le terrain de la coopération, reste aux « sous-systèmes » de faire le leur, la diplomatie active, les hommes d’affaires et bien entendu les banques et le gouvernement à travers le ministère de la Coopération et du Développement.

Le Moyen-Orient a été ciblé aussi par le Président. De l’Egypte aux Emirats, au Koweït et enfin, à l’Arabie Saoudite, la Tunisie est revenue à l’ordre du jour et au premier plan.

Reste à tenir compte des exigences et des remarques de nos partenaires, sur la bureaucratie pesante et contraignante, les droits de douane et surtout les intérêts bancaires. Il est, quand même, bizarre encore d’appliquer des T.M.M (Taux du Marché Monétaire) et plus de 4 et 5 points par les banques pour les crédits bancaires surtout pour les nationaux, pour arriver à des taux d’intérêts de presque 10% !

Excessif et assommant ! ça n’existe encore nulle part en Méditerranée et dans les pays proches de la Tunisie. D’ailleurs, ça explique en partie l’exode de beaucoup de promoteurs vers des terres plus clémentes à ce niveau. La révision des taux revient structurellement à la Banque Centrale qui doit opérer avec célérité les révisions nécessaires pour rendre le pays plus attrayant. Mais, le drame c’est la « politique » politicienne qui est toujours là pour faire pression contre tout et rien au nom de la « souveraineté nationale ». Comme quoi, les Chinois et les Russes qui reçoivent les plus gros investissements du globe n’ont plus de souveraineté « nationale » ! Risible… n’est-ce pas !

Certaines prémisses, sont prometteuses et nous donnent de l’espoir, à l’instar de tout ce sursaut festivalier de Douz à Tozeur, à Kairouan et Kalaâ El Kbira, où les citoyens de toutes conditions sociales ont exprimé et chanté l’hymne à la vie. Il suffit d’enchaîner sur des mesures concrètes et palpables pour déclencher la « boule de neige » de la promotion tout azimut. Le redémarrage de « Sama Dubaï », du complexe « Boukhater », du port financier de Raoued-Kalaâ El Andalous, et des projets d’envergure dans les régions de la dorsale Ouest, du Nord au Sud, peuvent régénérer la dynamique du pays tout entier et créer des emplois « réels » et non « fictifs » de la fonction publique, sursaturée.

Mais là, encore, il faut la paix sociale et sortir des bras-de-fer rambotiques des acteurs sociaux, de plus en plus attirés par la politique et le pouvoir ! Que voulez-vous, la nature a horreur du vide, alors, chacun des leaders sociaux et politiques, vous dira : « Pourquoi pas moi » ! Quant à savoir ce qu’ils feront du pouvoir une fois « capturé », il faut aller à Cuba, pour le comprendre.

Un ami grand voyageur, vient justement de revenir du pays de Fidel Castro, m’a raconté un peu l’état des lieux au pays de la « Révolution » éternelle.

Un vrai désastre ! Le pays est délabré à un point inimaginable et frise, tout bonnement, la misère. Les Cubains attendent maintenant, impatiemment, le retour des touristes américains et la dynamique des affaires espérant une « greffe » à la chinoise de Deng Sia Peng. C’est drôle la politique, n’est-ce pas ! Nous, qui avons adulé dans notre jeunesse les grands « Che Guevara » et Fidel Castro, sont contraints de reconnaître que la « Révolution » avec grand « R » a échoué sur le long terme. Deng a pris sa revanche, et quelle revanche, sur Marx, Lénine et Mao !

Enfin, un dernier vœu que j’adresse à ceux qui nous lisent parmi les détenteurs du pouvoir. Messieurs, dames, érigez de nouveaux parcs comme « le Belvédère », dans chaque ville et localité de dimension moyenne. Les habitants de Tunis nommée « El Hadhira » (la civilisée) au 19ème siècle, sont reconnaissants à son Altesse, le Bey Husseinite et aux autorités du Protectorat français, d’avoir planté cet élan au cœur de la capitale. Mais, aujourd’hui, ce parc suffoque parce que surpeuplé surtout en période de vacances scolaires.

Alors, mon vœu le plus cher pour 2016, c’est que chaque président, chaque ministre, et chaque gouverneur dans les régions soient à l’origine d’un nouveau parc pour une cité verdoyante de Tunisie…

La Tunisie et les générations futures leur seront reconnaissants pour l’éternité.

Tiens, il me semble, si mes souvenirs sont encore bons, qu’un petit gouverneur de province, a édifié avec toute la société civile et les élites régionales, civiles et militaires, dans les années 80, à « Rakada », à Kairouan, un parc de 80 hectares, qui fait, aujourd’hui, le bonheur des étudiants et étudiantes, du campus universitaire de la capitale aghlabite. Et dire, qu’il n’a coûté presque rien. La terre est propriété de l’Etat et il a suffi d’une pépinière et d’un sondage ! Mais, c’était l’époque de Bourguiba… l’inimitable !

Bonne et heureuse année à toutes et à tous.

K.G

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