Conjoncture morose - Le Temps Tunisie
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Rapport de la Banque Centrale

Conjoncture morose

Mercredi 30 Décembre 2015
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Conjoncture morose

La Banque Centrale de Tunisie a tenue lundi son conseil d’administration et a passé en revue les évolutions de la conjoncture internationale et nationale au cours des 11 premiers mois de l’année en cours. Le Conseil d’administration de la BCT a discuté entre autres des principales orientations à proposer en matière de règlementation des changes, visant plus d’assouplissement des procédures aussi bien au niveau des opérations courantes que celles du compte capital. L’examen de l’évolution des principaux indicateurs du pays fait montre d’une stagnation de la situation tant au niveau de la production industrielle, des services qu’au niveau de l’élargissement des déficits et la contraction de l’activité bancaire. La dépréciation historique du dinar tunisien face au roi dollar  vient s’ajouter à une rétrospective plutôt terne de l’activité économique durant l’année 2015. 

Ainsi, l’indice général de la production industrielle a poursuivi son repli à un rythme plus accentué, durant les neufs premiers mois de l’année en cours, soit une baisse de 1,7%. Un repli qui impacte directement le niveau des exportations industrielles tunisiennes. Une dégradation de 11,1 % des exportations dans le secteur du textile-habillement a été enregistrée au terme des 11 premiers mois de l’année.  Idem pour le secteur des services le secteur des services, les principaux indicateurs de l’activité touristique ont  poursuivi leur descente en enfers. Les nuitées touristiques, les entrées de touristes étrangers et les recettes touristiques se sont respectivement contracté de 52,2%, de 23,1% et de 56%. 

La reprise de l’activité industrielle reste liée à plus d’un facteur dont le soulagement du climat social, à travers le consensus entre l’union syndicale et l’union patronale. Il faut mettre fin à ce jeu du chat et de la souris pour enfin parvenir à un accord  qui protège les intérêts des deux parties et par-dessus tout de l’Etat. Un Etat au bout du souffle, noyé dans un cercle vicieux d’endettement et de surendettement.   La reprise de la demande dans la zone euro et surtout le retour du rythme de la production industrielle que ce soit pour les industries manufacturières ou on manufacturières pourraient améliorer la donne et accroître la somme des valeurs ajoutées des secteurs productifs. 

Sur le plan des paiements extérieurs, le déficit courant s’est établi à 6.854 MDT ou 7,9% du PIB, au cours des onze premiers mois de l’année, contre 6.668 MDT et 8,1% durant la même période de l’an passé. Une contraction du déficit due essentiellement à l’excédent exceptionnel de la balance alimentaire.  Toutefois la baisse des recettes touristiques et des revenus du travail continue de biaiser la balance des paiements extérieurs. 

Au niveau du marché de changes, le dinar s’est déprécié de 10% par rapport au dollar et s’est apprécié de 3,4% vis-à-vis de l’euro au cours des 11 premiers mois de l’année encours. Une dépréciation qui met à plat nos finances extérieures, notamment la balance des paiements courants. 

Au niveau de l’inflation, le taux d’inflation moyen des onze premiers mois de l’année en cours s’est établi au même niveau que celui enregistré à la même période de 2014, soit 4,9%. Un niveau qui reste élevé et qui reflète la détérioration du pouvoir d’achat du consommateur. 

Pour ce qui est de l’activité bancaire et malgré l’amélioration partielle de la liquidité, le concours bancaire à l’économie poursuit sa décélération et ce en raison des baisse des dépôts et des crédits. La morosité de la conjoncture économique et la léthargie de l’investissement et de la production se poursuivent malgré l’abaissement du taux d’intérêt directeur de la BCT. 

Yosr GUERFEL AKKARI