Déboires, à n’en plus finir - Le Temps Tunisie
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Instance Vérité et Dignité

Déboires, à n’en plus finir

Vendredi 25 Décembre 2015
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Déboires, à n’en plus finir

Pour la deuxième fois consécutive, le vice-président de l’Instance Vérité Dignité, Zouheïr Makhlouf, a été révoqué de ladite instance, à l’issue de la réunion du conseil de discipline tenue lundi 21 décembre 2015.

Intervenant sur les ondes de la radio Express FM, Zouheïr Makhlouf a indiqué que la présidente de l’IVD, Sihem Ben Seddrine, porte atteinte aux travaux de l’Instance avec des futilités qui n’ont rien à voir avec le processus de la justice transitionnelle. De ce fait, Ben Seddrine devrait être poursuivie en justice selon l’article 66 de la loi relative à la justice transitionnelle qui stipule que ce genre de pratiques est passible d’une peine de prison pouvant aller jusqu’à six mois, selon Makhlouf.

Expliquant qu’il s’agit de la troisième fois que Sihem Ben Seddrine bloque les travaux de l’IVD, Zouheïr Makhlouf a appelé la Cour des comptes, l’Assemblée des représentants du peuple et tous ceux pour qui la justice transitionnelle compte, d’agir rapidement vu que la présidente de l’IVD a déjà fait preuve de rancune, d’incapacité et de haine.

Il ne s’agit pas en effet de la première occasion que Sihem Ben Seddrine opte pour une attitude contraire aux principes de la justice transitionnelle. Depuis sa nomination à la tête de l’IVD, l’ancienne patronne de radio Kelima a employé des manières pas très dignes de son poste. Au début de son parcours au sein de l’IVD, Ben Seddrine justifie l’achat des voitures de luxe acquises par les membres de l’Instance par le fait que les victimes souhaitaient que leurs représentants aient des véhicules ‘dignes de la cause’. Cette explication lui a valu une avalanche de critiques avant qu’elle ne commette un autre acte encore plus grave.

C’était quelques semaines avant l’élection présidentielle quand la présidente de l’IVD a décidé de récupérer les archives nationales, se trouvant au palais de Carthage, en dépit du fait qu’elle ne soit pas autorisée, juridiquement, à le faire. Elle avait ramené quelques camions de transport de marchandise mais a été empêchée par les agents de la Garde présidentielle d’accéder à la salle des archives. En dépit de la gravité de l’incident, elle n’a pas été sanctionnée.

Le troisième incident est survenu quand la présidence de la République a rédigé le projet de loi relatif à la réconciliation économique et financière. Estimant que ledit texte est en contradiction avec le processus de la justice transitionnelle, Sihem Ben Seddrine a tout à fait des pieds et des mains pour le bloquer. Après avoir eu recours à la Commission de Venise – qui a fini par expliquer que le projet de loi n’est pas contraire aux principes de la justice transitionnelle – Sihem Ben Seddrine a organisé une table ronde pour débattre du même projet de loi. Invité à ce débat, l’activiste controversé Aziz Amami, s’était tellement emporté qu’il avait lancé une invitation ‘pour brûler le siège de l’ARP’ tout en qualifiant les députés de Daech. Bien qu’elle soit grave et violente, cette intervention a été applaudie par Ben Seddrine qui a même permis que la vidéo soit publiée sur le site officiel de l’Instance. Quelques semaines plus tard, Sihem Ben Seddrine s’est rendue au Parlement pour discuter du budget alloué à l’Instance et s’est rendue compte, par la même occasion, que les députés ne sont pas prêts d’oublier tous ses dérapages. En effet, au cours de la discussion du budget de l’IVD, les députés ont fait comprendre à Ben Seddrine que ses attitudes ne sont plus acceptables et ils ont même exigé au bureau de l’ARP de créer une commission qui s’occupera de la vérification de la gestion du budget de l’IVD.

Cette demande n’a pas encore été éxaminé et certains estiment qu’il ne s’agit pas d’une vraie requête ou d’une simple feuille de pression sur l’IVD en général et sur sa présidente en particulier. 

Les dérapages s’enchaînent au sein de l’IVD et l’avancement des dossiers tarde. Ceci fait poser sérieusement la question quant à l’efficacité de ceux qui détiennent entre leurs mains le sort de la justice transitionnelle en Tunisie.

Salma BOURAOUI