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Négociations sur la Syrie à L’ONU

Une feuille de route pour une solution politique

Dimanche 20 Décembre 2015
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Négociations sur la  Syrie à L’ONU Une feuille de route pour une solution politique

Les grandes puissances ont ouvert la voie à un cessez-le-feu et à de véritables négociations pour mettre fin à la guerre en Syrie, mais il leur faudra surmonter de nombreux désaccords et la défiance des rebelles.

Pour la première fois en près de cinq ans de conflit, les 15 membres du Conseil de sécurité ont adopté à l'unanimité, y compris la Russie, une résolution qui établit une feuille de route pour une solution politique.

Outre des négociations opposition-régime et un cessez-le-feu, le texte prévoit un gouvernement de transition dans les six mois et des élections dans les 18 mois.

Les grandes puissances veulent essayer d'aller vite avec l'objectif de lancer les discussions "au début janvier 2016" et de les faire coïncider avec un cessez-le-feu sous l'égide de l'ONU sur l'ensemble du territoire syrien.

"Nous espérons (..) être capable de le faire en janvier", a précisé prudemment le médiateur de l'ONU en Syrie, Staffan de Mistura, se voulant "réaliste" sur la complexité du processus.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry s'est également dit "sans illusions" sur la difficulté de la tâche.

La prudence perdure car l'accord à l'ONU ne résout pas la question cruciale du sort réservé au président Bachar al-Assad. Les divergences persistent entre Occidentaux qui souhaitent son départ, sans dire à quel moment, et les Russes, qui le soutiennent mordicus.

"Compte tenu de la réalité sur le terrain et de l'impasse faite sur le sort de Bachar al-Assad, l'accord n'est absolument pas applicable", a réagi hier Samir Nachar, un membre de la Coalition nationale syrienne (CNS), principale formation de l'opposition en exil.

Pour Karim Bitar, directeur de recherches à l'Institut français de relations internationales, la résolution "est un premier pas très significatif mais de nombreuses ambiguïtés et arrière-pensées demeurent".

"Autant Russes et Américains semblent prêts à parvenir à un modus vivendi, autant les puissances régionales sunnites continuent de craindre que ce pragmatisme ne pérennise le statu quo et permette le maintien d'Assad sur une trop longue période de transition", explique-t-il.

Du côté de l'opposition au régime, très éclatée, une certaine désillusion domine face à la succession des réunions et des déclarations diplomatiques. "Ce qui fait la paix, ce sont les faits. Ne rêvons pas de trop de documents et de belles phrases", a déclaré à l'AFP Michel Kilo, un opposant historique.

Des zones d'ombre persistent en outre sur les conditions d'application d'une trêve des combats.

"En janvier nous espérons être en mesure d'appliquer un cessez-le-feu complet, ce qui veut dire plus de largages de barils d'explosifs, plus de bombardements, plus de tirs ni d'attaques d'un côté comme de l'autre", a expliqué M. Kerry après la réunion à New York.

Mais pour l'opposant Samir Nachar, "avant de trouver un mécanisme capable d'assurer un cessez-le-feu durable, ce sont les bombardements du régime et des Russes qu'il faudrait arrêter".

Les rebelles et certains pays occidentaux accusent Moscou de bombarder surtout les positions des groupes s'opposant au régime et non celles de l'organisation jihadiste Etat islamique (EI).

La résolution précise que ce cessez-le-feu ne s'appliquera pas aux opérations contre les groupes extrémistes comme l'EI et le Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda. Elle appelle à "éliminer le sanctuaire qu'ils ont créé sur une grande partie" de la Syrie.

Sur le terrain, les combats continuent de faire rage.

Des rebelles ont ainsi repris au régime le contrôle d'une colline stratégique surplombant une autoroute dans la province côtière de Lattaquié, deux jours seulement après l'avoir perdu, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"De violents affrontements ont eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi et les rebelles ont réussi à reprendre le contrôle total du stratégique Jabal Nuba", a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, le directeur de l'OSDH. "Les combats ont fait 18 mort du côté des forces loyales au régime, dont des combattants (du groupe chiite libanais) Hezbollah et plusieurs morts du côté des rebelles".

Par ailleurs, le chef du Pentagone, Ashton Carter, s'est rendu hier sur le porte-avions français Charles de Gaulle, une première pour un secrétaire américain à la Défense. Le navire va rejoindre dimanche sa zone de déploiement opérationnel dans le Golfe, après une première phase d'opérations contre l'EI.

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