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Attentats de Paris: Bruxelles en alerte maximale

Dimanche 22 Novembre 2015
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Attentats de Paris: Bruxelles en alerte maximale

La région de Bruxelles a été placée en alerte maximum hier, transports et magasins fermés et forces de l'ordre massivement déployées, par crainte d'une réplique des attentats de Paris, dont un suspect-clé est toujours traqué.

Face à une menace "imminente", le gouvernement belge a relevé dans la nuit son niveau d'alerte terroriste au niveau 4 pour la région bruxelloise, l'aéroport de Bruxelles et la commune flamande de Vilvorde, d'où sont issus plusieurs jeunes qui se sont radicalisés.

Cette décision a été prise en raison d'un "risque d'attentat tel que déroulé à Paris", a précisé le Premier ministre Charles Michel. Les cibles potentielles sont "les rues commerçantes, les manifestations, les lieux animés et les transports", a-t-il ajouté.

Principale mesure prise: la fermeture de toutes les stations de métro. Une décision rare, qui a des retombées sur la circulation des trams, mais pas sur les bus qui eux circulent normalement.

Les autorités ont également recommandé l'interdiction des grands rassemblements et évènements dans la capitale belge, où un important dispositif policier était déployé.

Le grand centre commercial Inno, qui borde la rue Neuve --la plus fréquentée du pays (44.000 piétons par jour)-- a choisi de ne pas ouvrir du tout. Son voisin et concurrent City 2 l'a imité à midi.

Deux concerts du chanteur français Johnny Hallyday ont également été annulés ce week-end. Musées et complexes cinéma étaient également fermés.

Du côté de l'enquête, un suspect arrêté en Belgique a été inculpé vendredi pour terrorisme en lien avec les attentats jihadistes qui ont fait 130 morts à Paris le 13 novembre.

Ce suspect, dont l'identité n'a pas été rendue publique, est le troisième à être inculpé en Belgique en lien avec les attentats de Paris. Des armes ont été retrouvées à son domicile, mais pas d'explosifs, a indiqué hier le parquet fédéral.

La Turquie a annoncé hier l'arrestation d'un homme de nationalité belge, d'origine marocaine, soupçonné d'avoir participé à des opérations de reconnaissance pour choisir les sites des attentats à Paris.

Parallèlement, la traque de Salah Abdeslam, un suspect-clé évaporé dans la nature, se poursuit en France et Belgique. Ce Français vivant en Belgique est soupçonné d'avoir convoyé les kamikazes qui se sont fait exploser aux bords du Stade de France il y a huit jours. Il est le frère de Brahim Abdeslam, qui s'est fait exploser dans un restaurant.

Activement recherché, le suspect était "extrêmement énervé" et "peut-être prêt à se faire sauter", a déclaré sur la chaîne de télévision LCI Me Carine Couquelet, l'avocate d'un des hommes qui affirment l'avoir exfiltré vers la Belgique.

A Paris, les effets des attentats continuent à se faire ressentir. "C'est un peu les montagnes russes", résumait vendredi soir Ousmane Diarra, 32 ans, attablé à Paris avec une amie à la terrasse d'un café. Une semaine plus tôt, il avait passé la soirée terré dans un bar, rideau de fer tiré.

Au cours du week-end, en France mais aussi en Grande-Bretagne, Allemagne, Italie et Espagne, les matchs de football entourés d'une sécurité renforcée devraient être précédés par l'hymne national français.

L'état d'urgence a été décrété dans tout le pays au soir des attentats et il est prévu qu'il soit maintenu jusqu'à fin février.

Un état d'urgence a également décrété pour dix jours au Mali après l'attentat vendredi à Bamako visant un hôtel prisé par la communauté internationale qui a fait au moins 21 morts, revendiqué par le groupe Al-Mourabitoune, du chef jihadiste algérien Mokhtar Belmokhtar, ennemi public numéro un pour les Français.

En une semaine, l'enquête menée en France sur les attentats a fortement progressé. Elle a accrédité l'hypothèse de la participation directe aux attaques du jihadiste belgo-marocain Abdelhamid Abaaoud, tué mercredi par la police lors d'un assaut spectaculaire à Saint-Denis, au nord de Paris.

Sa cousine Hasna Aitboulahcen, 26 ans, qui l'aurait aidé dans son entreprise, a aussi été tuée dans l'assaut. Un homme, qui n'a pas encore été identifié, s'est fait exploser dans l'appartement de Saint-Denis.

Sept des huit interpellés mercredi au cours de cet assaut ont toutefois été relâchés hier.

L'enquête française a aussi révélé qu'au moins deux des kamikazes du Stade de France ont suivi le chemin des migrants pour venir en Europe: tous deux ont été contrôlés le 3 octobre en Grèce.

Sous l'impulsion française, les 28 Etats de l'Union européenne ont décidé vendredi l'instauration de contrôles systématiques à leurs frontières extérieures, y compris de leurs ressortissants. Et la Commission européenne proposera d'ici la fin de l'année une révision des règles de Schengen.

A New York, l'ONU a adopté une résolution proposée par la France qui donne toute latitude pour combattre le groupe Etat islamique.

François Hollande, qui veut forger une coalition "unique" contre les jihadistes, doit se rendre mardi à Washington, puis à Moscou deux jours plus tard, dans le cadre de la lutte contre l'Etat islamique (EI) qui a revendiqué les attaques de Paris.

Le président recevra lundi à Paris la Premier ministre britannique David Cameron, puis la chancelière allemande Angela Merkel mercredi.

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