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Première apparition télévisée de Hafedh Caïd Essebsi

Le fils, désespérément, sur les pas de son père

Vendredi 13 Novembre 2015
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Le fils, désespérément, sur les pas de son père

Bien qu’il soit l’un des principaux acteurs de la querelle qui ravage le mouvement Nidaa Tounes depuis des mois, Hafedh Caïd Essebsi, vice-président du Nidaa et fils du président de la République, n’a jamais fait d’apparition radiophonique ou télévisée. À part quelques interviews et de petites déclarations flashs, le fils du chef de l’État s’est toujours tenu à l’écart des médias.

Cette absence médiatique a suscité plusieurs interrogations. Quelques uns laissaient entendre  que l’homme ne possède aucun charisme et est incapable de formuler une phrase complète. Face à la montée des tensions au sein du mouvement et à toutes les rumeurs circulant autour de sa personne, HCE a décidé de donner une interview exclusive à la chaîne Nessma TV qui a reçu, il y a quelques semaines de cela, le président de la République en personne.

Comme prévu, l’entretien a tourné autour de la scission qui dévaste Nidaa. En chef de clan qui se respecte, Hafedh Caïd Essebsi s’est directement attaqué à son rival, Mohsen Marzouk. Des accusations graves ont été apportées au secrétaire-général du mouvement: Marzouk a été accusé de porter atteinte à l’image du président de la République et à l’équipe gouvernementale d’Habib Essid lors de ses différents voyages à l’étranger. 

Interrogé sur les preuves pouvant confirmer de tels propos, Caïd Essebsi junior a juste cité un article paru dans l’un des journaux tunisiens qui traduisant un discours qu’a tenu Marzouk dans une institution américaine.

Revenant à la question des structures du mouvement, Hafedh Caïd Essebsi a campé sur ses positions en affirmant que seul le comité constitutif de Nidaa est en mesure de préparer le congrès constitutif – et non électif – du mouvement. Et d’ajouter que la légitimité du bureau politique, élu en mars 2015, a pris fin le 15 juin 2015, le dead ligne fixé pour le bureau en question pour tenir le congrès.

Ce passage a valu à Hafedh Caïd Essebsi une avalence de critiques sur les réseaux sociaux. Tandis que les uns ont fait une comparaison entre le père et le fils, les autres se sont attaqués à sa difficulté de formuler des phrases correctes et à tenir un discours cohérent s’interrogeant ainsi sur le sort de cette interview si elle avait été diffusée en direct.

Avant les élections, Hafedh Caïd Essebsi est toujours resté dans l’ombre de son père, on n’a entendu parler de lui que lorsqu’il avait été nommé coordinateur général des structures de Nidaa Tounes pour par la suite revenir au cœur de la polémique quand il a été nommé à la tête de la liste législative de Tunis 1. 

Sur un plan strictement psychanalytique, le cas de Hafedh Caïd Essebsi n’est pas une exception: généralement, le fils, et comme l’a dit Hafedh lors de son interview, cherche à ressembler au père. Cependant, quand le père est de grande stature, la tâche devient beaucoup plus délicate pour le fils. 

Feu Habib Bourguiba a choisi d’éloigner son fils de la scène politique évitant ainsi d’inutiles polémiques et des peines insoutenables pour son fils. Béji Caïd Essebsi semble vouloir aider son fils à s’imposer pour des raisons que l’on ignore. 

Le passage télévisé de Hafedh Caïd Essesbi nous a permis de constater qu’il n’a ni le charisme ni l’expérience de son père. De ce fait, et bien qu’il ait assuré n’avoir l’intention de ne se présenter pour aucun poste de décideur au sein de son parti ou au niveau national, la question sur les raisons qui le poussent à mener pareil combat au sein du Nidaa devient de plus en plus pressant.

De son côté, Mohsen Marzouk s’est contenté d’un petit sourire virtuel qu’il a posté, après la diffussion de l’interview de Hafedh, sur sa page officielle Facebook. Ce geste nous rappelle à quel point le niveau est tombé bas sur la scène politique, en attendant des jours meilleurs…

Salma BOURAOUI