La grande efficacité du mur de séparation - Le Temps Tunisie
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Lutte contre le terrorisme

La grande efficacité du mur de séparation

Samedi 3 Octobre 2015
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La grande efficacité du mur de séparation

Au lendemain de l’attentat terroriste qui a visé l’hôtel l’Impérial de la ville de Sousse, la Tunisie a été amenée à adopter de nouveaux plans stratégiques dans la lutte contre le terrorisme.

Ainsi, l’état d’urgences a été décrété et les corps sécuritaires ont dû adopter une nouvelle méthode basée, essentiellement, sur l’infiltration. Malgré la solidité du plan, il restait tout-de-même une faille majeure : le contrôle des frontières tuniso-libyennes. Au vu de l’évolution de la situation sécuritaire en Libye, nos frontières avec ce pays frère requièrent une fermeté absolue.

En août 2013, la zone militaire du sud – située à nos frontières avec la Libye d’un côté et avec l’Algérie de l’autre – a été déclarée zone militaire tampon : depuis, cette zone fonctionne tel un point de fouilles et de contrôle pour chaque individu qui tenterait de s’introduire sur le sol tunisien, en détournant les passages officiels. Dans cette lutte contre le terrorisme et la contrebande, la zone militaire tampon constitue une sorte de bouclier de sécurité pour tout le pays. Dans le but de renforcer son efficacité, et suite à la frappe terroriste de Sousse, le gouvernement a pris la décision de construire un mur de sable au niveau des frontières tuniso-libyennes. 168 kilomètres de frontière devraient être couverts par ce mur de séparation sur le moyen terme. À l’annonce de sa construction, on avait indiqué qu’il sera d’une hauteur de deux mètres. Renforcé par une tranchée, dans laquelle coule une eau salée, les responsables avaient expliqué que la principale mission de ce mur sera de bloquer les véhicules de contrebande et d’armes qui essayent d’accéder aux sols tunisiens.

La construction de ce mur a provoqué une polémique aussi bien en Tunisie qu’en Libye : les milices de Fajer Libia ont fermement condamné le gouvernement tunisien de vouloir affaiblir les liens d’amitié entre les deux pays et quelques partis tunisiens opposants ont accusé ce même gouvernement de mauvaises intentions. Imed Daïmi, secrétaire général du Congrès pour la République, a assuré que la construction de ce mur nuirait, gravement, à l’élevage des chameaux dans toute la zone du sud.

Quelques mois après le début de sa construction, et malgré les critiques, le mur isolateur commence à donner des résultats concrets : à l’aube du 30 septembre 2015, les unités de l’Armée nationale ont réussi à intercepter deux voitures libyennes qui tentaient de s’introduire en Tunisie. Du type Toyota, l’un des deux véhicules a été coincé dans le sable tandis que le deuxième a carrément été renversé dans le fossé. Selon le communiqué du ministère de la Défense nationale, les deux engins contenaient une multitude d’armes – dix Kalachnikovs, huit boîtes pleines de munitions, une mitraillette de calibre 14.5 mm et quatre grenades manuelles – cela sans oublier le fait que les deux véhicules étaient également piégés et que les ingénieurs de l’Armée ont réussi à désamorcer.

Le lendemain de cet incident, le porte-parole du ministère de la Défense nationale, Belhassen Oueslati, a déclaré que trois individus qui tentaient de s’introduire en Tunisie en détournant les passages officiels ont été arrêtés par les unités de l’Armée. 

De son côté, le chargé de la communication au sein du ministère de l’Intérieur, Walid Louguini, a assuré que les deux voitures armées appartiennent au réseau terroriste international Daech. Louguini a expliqué que les deux véhicules contenaient, outre les armes, des ceintures d’explosifs et un système de mise en feu.

Selon quelques autres responsables sécuritaires, la réussite de cette mission aurait fait éviter à la Tunisie un grand attentat qui aurait eu l’effet d’une catastrophe. Cette mise en échec représente une réussite de la nouvelle stratégie de la lutte contre le terrorisme et confirme, par la même occasion, la grande utilité du mur séparateur dans la lutte contre le terrorisme et la contrebande, ces deux phénomènes qui menacent de plus en plus notre sécurité et notre économie nationale.

Salma BOURAOUI