Cinq membres de la délégation spéciale démissionnent - Le Temps Tunisie
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2020

Sfax

Cinq membres de la délégation spéciale démissionnent

Jeudi 10 Septembre 2015
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La démission de cinq membres de la délégation spéciale à Sfax, appartenant à Ettakattoul, a été adressée le 08 septembre courant au gouverneur de Sfax. Par ce retrait, les démissionnaires entendent dénoncer  ce qu’ils qualifient de manque de soutien de la part du gouvernement qui a engendré l’affaiblissement de la délégation spéciale ainsi que son incapacité à gérer efficacement les affaires de la cité. 

En effet, Les cinq conseillers démissionnaires ont rendu public le communiqué suivant : «Suite à la dégradation de la situation à Sfax, en raison de  la centralisation et de la verticalité des décisions, et le peu de cas fait, de la part de l’autorité de tutelle, au cours des derniers mois, de la délégation spéciale en charge du bon déroulement de l’action municipale, avec toutes les retombées quant à l’efficacité des services et à la rétrogradation du rythme de croissance des ressources, d’une part, ainsi qu’à l’état d’insubordination non déclarée et  la tendance insidieuse à la conspiration, d’autre part, nous nous trouvons dans une situation dont nous assumons  la responsabilité sans pour autant disposer d’un pouvoir réel de redressement. En conséquence, nous soussignés, présentons notre démission de la délégation spéciale de la municipalité de Sfax »

Kamel gargouri, premier vice-président de la délégation spéciale, démissionnaire,  attribue la raison principale de ce départ en bloc à l’attitude peu coopérative du gouvernement, laquelle attitude  transparaît à travers la démission par le ministère de l’Intérieur, du secrétaire général de la municipalité Hichem Elloumi, sans même en avoir informé la délégation, puis de le maintenir par la suite, sans même prendre la peine de le notifier officiellement et par écrit comme c’était le cas pour sa démission, ce qui a contribué largement à l’affaiblir.

Gargouri évoque aussi la réduction des financements inscrits au niveau du budget de la municipalité pour 2015, le blocage des recrutements planifiés de cadres, en dépit de la capacité de la municipalité à prendre en charge leurs émoluments, et enfin le comportement hostile de l’ancien gouverneur. 

« Un ensemble de facteurs qui ont contribué, dit-il, à l’affaiblissement de la municipalité et à l’émergence d’une situation de passivité et d’attentisme qui s’est négativement répercutée sur la gestion des affaires de la cité, une situation que la délégation spéciale subit à son corps défendant et qu’elle assume sans avoir le pouvoir d’agir là-dessus »

Selon notre interlocuteur, cet état de « blocage », est en partie dû « A l’action subversive d’éléments et de lobbies qui voient leurs intérêts menacés par les procédures mises en place en vue d’assurer une gouvernance plus transparente ayant pour objectif de combattre la corruption et le clientélisme au sein de la municipalité. Ces éléments ont profité de cette situation d’affaiblissement de la délégation spéciale pour bloquer tous les processus engagés et faire preuve d’un comportement révélateur, quoique inavouée et insidieuse, de leur insubordination. Quant à la majorité du personnel, faute d’être assurés de la protection de la délégation spéciale, se sont cantonnés dans une attitude attentiste, en attendant l’évolution de la situation. Il s’en est suivi un laisser-aller manifeste donnant lieur à une mauvaise gestion des affaires de la ville. Nous nous trouvons dès lors dans une situation d’impuissance qui nous prive de la possibilité d’apporter les rectificatifs nécessaires. Par conséquent, notre démission  est devenue inéluctable. »

Le vice-président de la délégation spéciale démissionnaire regrette la mauvaise tournure des événements «  qui coïncide avec l’avènement du nouveau gouvernement, ce qui n’était pas le cas avec les gouvernements précédents qui avaient toujours donné leur appui et leur soutien à la délégation spéciale consolidant son autorité pour le bien de la gestion des affaires municipales. »

Quant aux répercussions de la démission du groupe des cinq, sur la qualité du travail du reste des membres de la délégation spéciales, Kamel Gargouri est catégorique : « Si nous avons démissionné, c’est parce que nous avons l’intime conviction qu’à l’état actuel des choses, la délégation spéciale n’a absolument rien à ajouter. »

Taieb LAJILI