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Les Tunisiens pour l’interdiction du port du voile à l’écoles

Mardi 18 Août 2015
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Les Tunisiens pour l’interdiction du port du voile à l’écoles

La décision d’interdire le port du voile par les fillettes et les filles, dans les classes préparatoires et les écoles primaires, annoncée par le président de la République, à l’occasion de la fête de la femme, jeudi 13 août,  a été favorablement accueillie par la majorité des tunisiens, selon un sondage d’opinions effectué par une radio tunisienne et montrant que 75% des participants soutiennent cette interdiction.

Les résultats enregistrés jusqu’à dimanche 16 août indiquent que 80 mille 357 participants sont en faveur de la mesure d’interdiction, alors que 27 mille 899 participants se sont prononcés contre la décision, ce qui donne environ  75% pour et 25% contre. 

Le président de la République avait, à l’occasion de la fête de la femme, appelé le gouvernement à veiller à l’application des dispositions de la Constitution et de la loi tunisiennes et à la consécration des acquis réalisés pour l’émancipation de la femme en Tunisie, en interdisant le port du voile dans les classes préparatoires et les écoles primaires.

L’information publiée sur certains sites électroniques a retenu, également, l’attention des commentateurs qui étaient, dans leur majorité, favorables à l’interdiction. Un commentateur a écrit, à cet égard, qu’il était plus logique de généraliser l’interdiction du port du voile dans les divers cycles de l’enseignement, le primaire, le deuxième cycle de l’enseignement de base et le secondaire, car les élèves dans ces trois cycles sont mineurs selon la loi tunisienne qui fixe l’âge de la majorité à 18 ans, et par conséquent leur éducation, dans l’acception globale du terme, et non pas leur instruction, entre dans les prérogatives de l’Etat qui la conduit selon les programmes qu’il juge utiles et en conformité avec la législation en vigueur. 

Le même commentateur  a estimé que la défense du port du voile et du niqab au nom de la liberté individuelle est totalement infondée, car le port du voile et du niqab est la survivance d’un très vieux système d’organisation sociale, répandu partout et reposant sur la croyance que la femme est un objet et une marchandise qui se vend et s’achète et dont le propriétaire et le tuteur peut user et abuser  à son gré, de sorte que toute défense du voile sous quelque prétexte que ce soit constitue une consécration de cette ancienne organisation sociale.  

Egalité dans la tutelle

Les citoyens et les milieux concernés par la famille et la femme ont enregistré, en outre, avec satisfaction, la décision annoncée, par la même occasion, et tendant à instaurer l’égalité entre les deux parents, c'est-à-dire la mère et le père, en ce qui concerne l’exercice de la tutelle sur leurs enfants mineurs, soit ceux n’ayant pas, encore, atteint l’âge de la majorité qui est de 18 ans, et ce en réponse à de nombreuses demandes et actions dans ce sens, dont un sit in organisé, il y a un an, le 7 août 2014, à l’aéroport international de Tunis Carthage, après qu’une mère ait été empêchée de se rendre à l’étranger, accompagnée de son enfant âgé de 4 ans, sans la fourniture d’une autorisation officielle du père.

Des intéressés par les affaires de la famille et de la femme dont le notaire Abdelmalek Riahi, nous ont indiqué que cette décision est de nature à consolider les dispositions de la législation tunisienne actuelle en matière de tutelle des enfants, car, ont-ils noté, la législation tunisienne actuelle permet à la mère d’exercer la tutelle sur ses enfants dans certains cas, et ce aux côtés du père qui a le droit de tutelle, mais non pas dans l’absolu. 

De même, l’enfant qui a dépassé 13 ans, possède, dans la législation tunisienne, un droit de regard sur  les affaires qui le concernent, de sorte que l’exercice de la tutelle sur les enfants obéit à plusieurs conditions définies par le juge en cas de conflit, d’absence, ou de vacance pour cause de décès et de divorce, dans la mesure où la tutelle porte sur la personne de l’enfant ainsi que sur ses biens s’il possède des biens.

Salah  BEN  HAMADI