Trois peintres, trois regards - Le Temps Tunisie
Tunis Jeudi 6 Août 2020

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Aug.
7
2020

Olga Malakhov, Ali Zneidi et Stanislav Malakhov à la galerie Saladin

Trois peintres, trois regards

Vendredi 14 Août 2015
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Trois peintres, trois regards

L’exposition du trio Olga Malakhov, Ali Zneidi et Stanislav Malakhov à la galerie Saladin à Sidi Bou Said, s’est clôturée jeudi 6 août dans une ambiance particulièrement estivale, rythmée par les cadences d’une violoniste à la verve fertile. Le thème de cette exposition était « Couleurs d’été, trois peintres, trois regards » a braqué la lumière sur des paysages du sud, des motifs et des ornements typiquement tunisiens.

 

Une perception différente portée à la culture et au patrimoine tunisiens,  émanant de deux Russes Olga et Stanislav Malakhov,  qui résident depuis une vingtaine d’années à Gafsa. Ces derniers, percent, sur le chemin des artistes férus de la Tunisie à l’instar de Paul Klee, la valeur et la singularité de l’expression populaire locale, et essaient à travers la lumière et les couleurs de traduire le propre de la culture traditionnelle tunisienne et berbère. Olga Malakhov souligne l’importance du regard d’un étranger qui échappe à l’habitude et fait émerger à la surface des détails très fins qui peuvent être imperceptibles pour un habitué.

Les Malakhov ont choisi d’exposer avec le grand plasticien tunisien Ali Zneidi « ce n’est pas ma première expérience avec Ali Zneidi, affirme bien Olga Malakhov, j’ai collaboré avec lui l’année dernière en exposant un tableau à quatre mains, fruit de deux styles et deux approches différents. On se connaissait depuis 7ans. Cette fois on a décidé d’exposer à trois, trois peintres, trois regards. Chacun a son style. Stanislav Malakhov qui est mon père est un peintre réaliste de Leningrad, qui adore les paysages tunisiens.  Ali Zneidi est notoirement connu en Tunisie pour sa fine sensibilité. Même si je suis peintre confirmée, j’avoue qu’Ali Zneidi m’a appris à bien observer et ce tableau est un hommage à lui.  Je suis connue en tant que peintre réaliste, mais j’ai développé mon style et mon genre. J’ai découvert que le paysage est une construction mentale, autrement dit on voit avec l’esprit. Donc mes tableaux sont des analyses bien réfléchies sur le patrimoine de Gafsa. Je suis particulièrement passionnée des paysages du sud et de la tapisserie et l’art berbère. »

Quant au plasticien Ali Zneidi, il exprime sa joie de conjuguer sa sensibilité et son savoir faire artistique à ceux des Malakhov qui ne sont pas en réalité étrangers pour lui, car dit-il,  « il y a eu justement, un précédent à cette exposition. En 2013, j’ai exposé avec Stanislav Malakhov. Cette fois-ci, on a décidé de se réunir tous les trois pour peindre les couleurs de l’été et pour faire face au climat tendu qu’on a vécu pendant des mois et des années. C’est la couleur qui va triompher et qui va nous sauver de la crise. Nous sommes trois peintres différents et nous avons des approches picturales plastiques différentes. Stanislav Malakhov est un peintre réaliste de l’école de Leningrad, l’actuel Saint-Pétersbourg. Il peint les paysages tunisiens dans une réalité éclatante avec beaucoup d’habileté et de ferveur ;  quant à Olga Malakhov, elle est peintre et universitaire à l’Institut Supérieur de Gafsa. Elle était encadrée par son père au début, après, elle a découvert d’autres palettes et d’autres styles, surtout en traitant le patrimoine et le tissage de Gafsa. Elle a fait un travail très intéressant en adoptant une technique moderne. »

Concernant le public des galeries d’art, le plasticien Ali Zneidi a affirmé que pas mal de gens ont visité la galerie tout au long de l’exposition dont la salle était ouverte jusqu’à minuit. Ceci est une preuve importante que le tunisien est un esthète, qu’il est à la quête de l’art et de la quintessence et ne peut en aucun cas vivre dans une atmosphère de  terreur et de violence.

Faiza Messaoudi