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Lutte contre le terrorisme

Une application sur smartphone pour dénoncer les actes suspects

Jeudi 13 Août 2015
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Une application sur smartphone pour dénoncer les actes suspects

Trois jeunes ingénieurs tunisiens viennent de créer une application pour smarphones destinée  à signaler les actes suspects liés au terrorisme. Actuellement en phase de test, l’application baptisé «Edder3» (le bouclier) a été déjà présentée au ministère de l’Intérieur.

Le principe est simple : chaque citoyen disposant de l’application symbolisé par un œil de couleur rouge, comme pour inviter les Tunisiens à garder leurs yeux grands ouverts, peut pour l’heure signaler en temps réel des faits, des objets ou des personnes qui lui paraissent suspects aux autorités.  Dans une phase ultérieure, l’utilisateur de l’application pourrait ajouter des commentaires ou des photos à son signalement. 

Celui qui signale n’est identifié que par un pseudonyme afin de lui épargner des ennuis ou de représailles des éventuels terroristes. 

Les concepteurs de l’application disent que leur unique motivation est d’aider les autorités à  mieux lutter contre le terrorisme. 

«L’objectif est d’impliquer tout le peuple tunisien dans la lutte contre le terrorisme pour mieux le combattre», a déclaré Yassine Selmi, 23 ans, l’un des créateurs de l’application, à Francetvinfo. 

Pour éviter une utilisation frauduleuse de l’application qui lui ferait perdre tout son intérêt, les initiateurs du projet ont tenu à rendre le citoyen responsable de ses signalements. 

 «Qu’il aille dénoncer un comportement suspicieux au commissariat ou sur l’application, ce sera la même chose, il prend la responsabilité de ce qu’il signale», souligne M. Selmi. 

Outre la géolocalisation automatique de la personne qui signale, chaque utilisateur serait appelé à fournir le numéro de sa carte d’identité, afin qu’il puisse être retrouvé s’il a donné une fausse information. 

L’utilisateur de l’application pourrait d’autre part   appeler directement la police à travers un onglet présent sur la page d’accueil de l’application s’il s’agit d’une urgence comme dans le cas d’un attentat sur le point d’être commis  ou à la vue une personne qui fait l’objet d’un avis de recherche pour des faits de terrorisme. 

Pour assurer le respect des libertés individuelles et de la vie privée, les concepteurs de l’application vont confier la gestion de m’application à «une équipe  de modérateurs qui flouteront les visages, supprimeront les noms, pour que les informations personnelles ne soient pas rendues publiques».

La Tunisie fait face à une  menace terroriste élevée comme en atteste un rapport publié en  juillet dernier par l’Organisation des Nations Unies (ONU). Ce rapport fait ressortir que quelque 5500 djihadistes Tunisiens sont partis combattre dans les zones de conflit en Irak, en Syrie, en Libye ou encore au Mali.

Le rapport de l’ONU révèle aussi que les  autorités ont jusqu’ici empêché 15 mille Tunisiens de rejoindre ces zones de conflit, estimant que ces candidats au djihad international constituent une vraie bombe à retardement. 

Walid KHEFIFI