170 sunnites et 60 chrétiens kidnappés par Daech - Le Temps Tunisie
Tunis Dimanche 16 Décembre 2018

Suivez-nous

Dec.
16
2018

Syrie

170 sunnites et 60 chrétiens kidnappés par Daech

Samedi 8 Août 2015
نسخة للطباعة
• L'ONU crée un mécanisme d'enquête sur les attaques chimiques

Au moins 230 civils, dont plus de 60 chrétiens, ont été kidnappés par les jihadistes du groupe État islamique (EI) à Al-Qaryataïn, une localité du centre de la Syrie qu'ils viennent de conquérir, a affirmé hier une ONG.
L'EI a kidnappé 170 sunnites et plus de 60 chrétiens accusés de 'collaboration avec le régime' lors de perquisitions menées dans la ville prise mercredi, a déclaré à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
L'évêque Matta al-Khoury, secrétaire du patriarcat syriaque orthodoxe à Damas, a affirmé à l'AFP ne pas pouvoir confirmer ce qui s'est passé dans la localité car c'est très difficile d'y joindre les habitants.
Mais nous savons qu'à leur entrée dans la ville, ils (les jihadistes) ont interdit aux habitants de sortir de chez eux afin de les utiliser comme boucliers humains contre des raids du régime, a-t-il ajouté.
Avant le début du conflit en Syrie il y a quatre ans, il y avait 18.000 sunnites et environ 2.000 syriaques catholiques et orthodoxes à Al-Qaryataïn. Mais selon l'évêque al-Khoury il n'en restait plus que 180 après l'assaut de l'EI.
Selon Rami Abdel Rahmane, l'EI possédait une liste de personnes à arrêter mais les jihadistes ont parfois arrêté des familles entières qui tentaient de s'enfuir. Le responsable syriaque orthodoxe a appelé les jihadistes à laisser partir ceux qui le souhaitaient.
Al-Qaryataïn est un carrefour important qui relie des territoires contrôlés par l'EI: la périphérie est de Homs et l'est de Qalamoun, près de la frontière libanaise. La conquête de la ville permet désormais à l'EI de transférer des troupes et du ravitaillement entre ces deux zones, selon l'OSDH, basé en Grande-Bretagne mais qui s'appuie sur un important réseau de militants en Syrie.
En mai, un prêtre syriaque catholique, le père Jacques Mourad du monastère Mar Elian à Al-Qaryataïn, avait été enlevé par trois hommes masqués, au lendemain de la prise par l'EI de la ville antique de Palmyre, proche de cette localité.
Par ailleurs, le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé hier à l'unanimité de former un groupe d'experts pour identifier les responsables de récentes attaques chimiques au chlore en Syrie. La Russie, alliée de Damas, a voté en faveur du texte.
Washington, Londres et Paris accusent l'armée syrienne d'avoir mené ces attaques. Mais, selon Moscou, il n'existe pas de preuve irréfutable de la culpabilité du régime syrien.
La résolution crée un "mécanisme conjoint d'enquête" composé d'experts des Nations unies et de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC). Cette mission devra être formée dans un délai de 20 jours. Elle durera un an, avec la possibilité pour le Conseil de la prolonger par une nouvelle résolution et rendra un premier rapport dans les 90 jours après le début de son enquête.
Les experts sont chargés "d'identifier dans toute la mesure du possible les individus, entités, groupes et gouvernements" qui ont organisé, parrainé ou commis ces attaques.
Le gouvernement syrien sera tenu de "coopérer pleinement" avec eux en leur fournissant "toute information pertinente" et en leur permettant d'accéder aux sites des attaques, de recueillir des échantillons et d'interroger des témoins.
Les ambassadeurs américain et russe se sont félicités de cette démonstration d'unité inhabituelle du Conseil, paralysé par ses divisions depuis le début de la guerre en Syrie.
L'Américaine Samantha Power a souhaité que "cette unité se manifeste aussi pour trouver d'urgence une solution politique" au conflit, qui a fait 240'000 morts depuis quatre ans et provoqué une catastrophe humanitaire.
Avant d'entrer en séance, son homologue russe Vitali Tchourkine a salué devant des journalistes "un bon exemple de la volonté de coopérer et de la persévérance pour obtenir un bon résultat". Mais il a estimé devant le Conseil que cette décision devait "surtout avoir un effet préventif, pour mettre fin à l'utilisation dans l'avenir" d'armes chimiques en Syrie.