Quarante ans de bon Temps ! - Le Temps Tunisie
Tunis Vendredi 8 Février 2019

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Jun.
18
2019

• Les témoignages de: Chawki Tabib, Habib Kazdaghli, Zeineb Farhat, Abdelaziz Belkhodja et Olfa Youssef

Quarante ans de bon Temps !

Mardi 2 Juin 2015
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Quarante ans de bon Temps !

Le Temps, quotidien indépendant, a soufflé, hier, lundi premier juin 2015, sa quarantième bougie. A cette occasion, une cérémonie a été organisée au siège de Dar Assabah en la présence de l’équipe du journal et des pionniers, de ceux qui ont grandement contribué à bâtir l’Histoire de l’un des premiers journaux francophones de la Tunisie.

Nous avons recueilli quelques témoignages de ceux pour qui Le Temps a une signification particulière. Pour Chawki Tabib, ancien  bâtonnier de l’Ordre national des avocats de Tunisie, Le Temps représente l’un des piliers majeurs de l’Histoire de la Tunisie moderne. « Ma relation avec ce quotidien a débuté quand j’ai commencé à écrire pour le compte de la Presse. A l’époque, les deux locaux étaient à proximité, du coup, les équipes des deux organes étaient très amis. Quand j’ai été nommé à la tête de l’Association tunisienne des jeunes avocats (de 1997 à 2001), l’oppression régnait déjà. A l’époque, l’Association était sujette de plusieurs accusations assez graves. Le Temps a été le seul journal à nous soutenir en publiant nos communiqués et nos différentes activités. Je vous souhaite une belle continuation. »

Pour Habib Kazdaghli, doyen de la Faculté des lettres et des humanités de la Manouba, Le Temps a marqué de son parcours d’étudiant. « Le journal a démarré quand j’étais à ma deuxième année faculté. Au Temps du règne de la pensée unique, ce quotidien s’était démarqué surtout avec sa façon d’entreprendre la politique internationale. Quotidien indépendant, Le Temps a toujours accueilli les innovations dans le monde de la recherche scientifique et de la culture. D’ailleurs, j’ai moi-même publié quelques-uns de mes travaux sur ses pages. Aujourd’hui, et malgré le peu de moyens, Le Temps continue dans son élancée d’analyses objectives et indépendantes. Tout le monde connaît les difficultés de la presse écrite surtout avec la concurrence de l’électronique. Pour ma part, mon rapport avec le papier reste intact et Le Temps demeure mon journal au quotidien. »

Pour sa part, Zeineb Farhat, directrice de l’espace El Teatro, a tenu à exprimer la tendresse qu’elle voue aux pionniers du journal. « Je souhaite un heureux et gai anniversaire au Temps. J’ai toujours eu beaucoup de tendresse pour les productions au long souffle. En 1982, j’ai travaillé pendant quelques mois au sein de l’équipe du quotidien. Quand on parle du Temps, on parle de Ridha Kefi, de Salwa Charfi, de Hamadi Abassi, de Fayçal Ben Fadhel ou encore et de Saida Ben Zineb. A l’époque de Ridha Kefi, El Teatro a fait une collaboration avec Le Temps culturel. Une expérience très enrichissante. Personnellement, quand je dis Le Temps, je pense surtout Le Temps culturel. Bonne continuation ! »

Pour Abdelaziz Belkhodja, écrivain et éditeur tunisien, le journal est surtout symbole de multiples aventures vécues au fil des ans et aux lignes du Temps. « Je souhaite un bon anniversaire au Temps avec lequel j’ai eu beaucoup d’échanges. D’abord c’était un quotidien tunisien francophone qui a toujours défendu une ligne éditoriale audacieuse, tout comme son confrère arabophone Assabah. Les journalistes du Temps m’ont beaucoup aidé à faire connaître mes écrits et ceux des éditions Apollonia, toujours avec un excellent esprit et beaucoup de disponibilité. Je les en remercie une nouvelle fois à l’occasion de cet anniversaire. Ensuite, j’ai eu l’honneur de participer à la rédaction par des articles polémiques, dont une, critique sur l’arabisation forcée, dont je me souviendrai toujours et où je citais en exemple un pilote maghrébin de F16, obligé de crasher son avion parce qu’il ne maîtrisait pas assez l’anglais pour pouvoir déchiffrer le manuel de bord. Ce qui implique que la méconnaissance des langues étrangères peut mener à un véritable danger pour un pays. Je pense aussi à une bande dessinée : « L’Affaire Carthage », qui est intégralement passée sur le journal. Je citerai aussi cet article de juillet 2002, jamais paru, mais qui a beaucoup « circulé sous la cape », avec le bordereau de fax du journal, et qui critiquait le régime qui voulait imposer un nouveau mandat présidentiel. Toutes ces aventures, et bien d’autres encore font que je reste attaché à ce quotidien dont la famille du fondateur, feu Habib Cheikhrouhou m’a toujours été proche. Mes amitiés à tous, bonne continuation ! »

L’écrivaine et universitaire Olfa Youssef est revenue sur les premières années du Temps. « Ce journal a bercé une bonne partie de mon enfance et de mon adolescence. Je prenais un vrai plaisir à parcourir ses pages culturelles, sportives et ses pages de jeux. Aujourd’hui, Le Temps continue dans sa belle lancée avec des analyses profondes et pertinentes. »

Le Temps, une facette de l’histoire de la presse tunisienne fête aujourd’hui ses quarante ans et aspire à un avenir plein de promesses !

Salma BOURAOUI