Cherche projet désespérément ! - Le Temps Tunisie
Tunis Mercredi 27 Janvier 2021

Suivez-nous

Jan.
27
2021

Baromètre politique et social

Cherche projet désespérément !

Samedi 30 Mai 2015
نسخة للطباعة

 

La scène politique et sociale est animée par des petits combats de coq entre leaders de partis politiques ainsi que certains cadres intermédiaires de la Centrale ouvrière. Non seulement les revendications sectorielles fusent de partout, comme si chaque secteur d’activité rattaché à la fonction publique était à lui seul un Etat dans l’Etat, calculant ses besoins en hausse de revenus spécifiques comme si les caisses de l’Etat sont à sa disposition. Il en prend ce qu’il veut. Peu importe s’il ne reste rien pour les autres. Le corporatisme bat son plein. Chaque grand syndicat agit selon ses intérêts immédiats sans aucune considération pour la situation des finances publiques, ni pour les priorités de l’Etat, encore moins pour ses responsabilités dans la lutte contre l’exclusion de certaines régions et la nécessaire orientation des recettes étrangères en termes de prêt, vers les dépenses d’investissement, porteurs d’espoir et d’un avenir meilleur pour tous.  Une sorte d’impuissance se dégage de la réaction des pouvoirs publics, conjuguée à la complicité de certains stratèges des partis politiques impliqués jusqu’au cou, dans le populisme, pour des raisons électoralistes. Certains partis politiques se taisent devant la vague déferlante de revendications sociales pour ne pas froisser leurs adhérents et sympathisants. Jusqu’à quand va durer le complicité par le silence des barons des partis politiques, incapables d’agir en leaders qui osent tracer des limites aux masses ? Un parti, comme Al-Massar de Samir Taïeb, un des déçus des dernières élections, pourquoi voulez-vous qu’il dénonce les sit-in sauvage ? Ses calculs électoralistes ne le lui permettent pas. Et pourtant, vu le nombre réduit de ses adhérents, par rapport à des géants comme Nida Tounès ou Ennahdha, et l’originalité de ses positions à l’époque du Sit-in Errahil, on pouvait s’attendre à mieux de ce parti qui a la plus grande concentration d’intelligence politique, par adhérent. 

Tout cacher au peuple

Dire la vérité aux masses, tout en leur montrant qu’elles sont en train de suivre une mauvaise voie, par leur effervescence revendicatrice, au moment où les caisses de l’Etat avaient été vidées par la Troïka, n’est pas à la portée de n’importe qui. Il faut de vrais leaders de la trempe de Bourguiba pour le faire et aller à contre-courant, comme tous les véritables grands chefs des partis, et des hommes. Tous lesleaders de partis politiques gagnants ou malheureux perdants des dernières élections préfèrent se taire et aller dans le sens du poil lorsqu’ils parlent de grèves et autres manifestations. Au total, sur le plan social, l’UGTT veut agir comme  si elle était, elle, l’Etat. Cette confusion est très grave. Certes sans l’UGTTet l’UTICA, le pays aurait sombré, le jour de l’assassinat de Hadj Mohamed Brahmi, dans le scénario égyptien. Toutefois, ce service rendu à la Patrie, n’est pas un compte bancaire disponible illimité dont on sert pour faire ce qu’on veut. Confusion pour confusion, pourquoi ne pas donner tous les pouvoirs à Houcine Abbassi et on finira avec les revendications salariales injustifiées parce qu’elles sont abusives. Il ferait un bon président à la polonaise, de l’époque de Lech Valésa. Au moins sa centrale ne bougerait plus.

L’euphorique Marzouki

Un autre activiste cherche désespérément qu’on  parle de lui. Il bouge dans tous les sens. Ancien président de la LTDH, il a occupé, par un calcul savant d’Ennahdha victorieuse des élections du 23 octobre 2011,  les locaux du palais de Carthage avant de les quitter après une débâcle électorale, digne des pays les plus démocratiques. Après un dépit de quelques mois, il revient par des positions des plus populistes, attaque la politique étrangère de son pays de l’étranger, et mise sur un départ de son ennemi juré, son rival dans la dernière compétition électorale. Ce qu’il tente de faire amuserait la foule des facebookers, qui scotchés derrière leur écran, cherchent encore et pour toujours,  où trouver du pétrole. Il voudrait bien faire de Tataouine, un « bassin pétrolier », aussi virulent dans sa sédition que le bassin minier de Gafsa. Diviser le pays en petites républiques ne le gênerait guère, pourvu qu’il retourne goûter aux plaisirs du palais de Carthage…Il peut en  rêver. A part dire « Non à Sebsi et au recyclage des rcédistes, que propose –t-il de concret et faisable aux jeunes en  chômage ? 

Pas de proposions, 

que des contestations !

Il faudra attendre longtemps pour que le Parti de Marzuki propose une alternative. Pas trop loin de son parti, les Néjib Chebbi et Mustapha Ben Jaâfar, mettent la main dans la main pour sauver l’une de ces deux figures, en la plaçant dans la course à Carthage en cas de retrait volontaire ou forcé d’Essebsi. Ces deux anciennes figures, des  opposants notoires à Ben Ali, n’ont encore pas retrouvé leurs repères. Ils n’étaient d’accord sur rien aux lendemains de la proclamation des résultats des législatives et de la présidentielle de 2014, aujourd’hui, ils ont un seul objectif : déloger  Essebsi. Est-ce en soi un programme ? A force de s’opposer à tout et à rien, sans aucune proposition concrète, rien de positif n’est en train de sortir des bouches de ces nouveaux opposants. Que faire ? Il faut que de nouveaux leaders apparaissent. Ces anciens n’ont plus de place chez l’opinion publique lassée  leur présence continue sur les plateaux tv. Les nouveaux seront totalement facile.

Hassine BOUAZRA