Au-delà des mots: le dialogue pictural… - Le Temps Tunisie
Tunis Vendredi 8 Février 2019

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Mar.
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2019

«Dream Team» à la galerie Saladin

Au-delà des mots: le dialogue pictural…

Samedi 23 Mai 2015
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Le navire de l’échange et du partenariat tuniso-canadien jette l’ancre cette fois-ci  à Sidi Bou-Saïd et précisément à la Galerie Saladin de Ridha Souabni,  pour présenter au public à partir de ce  samedi 23 mai, l’événement  tant attendu du Dream Team, avec la participation de Neila Ben Ayèd, Zoubeida Chamari Daghfous, Alia Kateb et Marlène Luce Tremblay.

L’inauguration de « Dialogue : au-delà des mots », tel est le titre de l’exposition, aura lieu à 17H00 sous le patronage de M. Sébastien Beaulieu, ambassadeur du Canada en Tunisie.
Une nouvelle pérégrination dans l’univers des arts plastiques que continuent d’assurer les quatre femmes artistes à l’échelle internationale,  après les performances réalisées l’année dernière, successivement, dans nos murs au Musée du Bardo, puis à la Maison Parent-Roback du Vieux Montréal et enfin, à Ashok Jane Gallery, Manhattan, New York.
 Neïla Ben Ayèd : au tréfonds de l’âme humaine
Diplômée de l’université et de l’école Polytechnique de Montréal (en design et génie  industriel), l’artiste qui vit et travaille entre Montréal et Tunis s’impose par son art authentique qui a été présenté dans une soixantaine d’expositions en Tunisie,   en France, à New York et au Canada où  ses œuvres  sont actuellement  présentées jusqu’à la fin de l’été,  dans trois galeries de Montréal.
De nombreux prix et distinctions soulignent l’excellence de son travail, dont une mention d’honneur de la Fondation «Femmes Arabes qui se sont distinguées au Québec»,  et ce, en hommage à sa contribution au rayonnement des communautés arabes au Québec, domaine  Art et culture  ainsi que  le Premier Prix du concours international d’affiches 2003 de « Vues d’Afrique ».
Décrivant son travail, l’artiste explique : « mes œuvres abstraites   proposent un véritable voyage au tréfonds de l’âme humaine.  Je fais cohabiter de façon audacieuse, sur une même toile, une matière prolixe : acrylique, peinture à l’huile, craie  et  cire d’abeille.  Les espaces positifs et négatifs se chevauchent, les rythmes des traits réfléchis et spontanés se croisent et s’entrechoquent…
Je tente  ainsi de construire des éléments plastiques dont le sens codé serait universel pour que tous puissent l’apprécier… »
 Zoubeïda Chamari Daghfous : la femme dans tous ses états
Avec une maîtrise Es- Lettres Françaises, Zoubeida Chamari Daghfous fait carrière dans l'enseignement mais sa passion pour l'art l'incite à poursuivre en parallèle  une formation dans ce domaine .Très productive, elle participe régulièrement à des expositions en Tunisie et à l'étranger, (Italie -France -Maroc -Canada -États -Unis).
Sa spécialité est de peindre la FEMME dans tous ses états, car elle se sent très concernée par la condition de celle -ci et par les injustices qu'elle subit de par le monde. Sa peinture s'apparente au courant fauve, par sa palette et au courant cubiste, par ses personnages sortis tout droit de son imaginaire… Plusieurs de ses œuvres  ont fait par ailleurs l'objet d'acquisitions du ministère de la Culture et de collectionneurs privés en Tunisie et à l’étranger.
« Conscience et automatisme, je continue avec passion, nous confie-t-elle,  mon parcours initiatique,  ô combien difficile et plein d'embûches   dans le monde de la création artistique… Chaque jour apporte son lot d'épreuves et d'obstacles mais également de réussite, de découverte et de joie.  Rien n'est jamais acquis,  l'artiste est toujours dans un équilibre illusoire sur le fil ; à la fois content et inquiet,  se posant continuellement la question,  suis-je sur la bonne voie ?
Expliquant sa démarche, l’artiste poursuit : « toutes mes œuvres présentent  des constantes ;  la présence de personnages sortis tout droit de mon imaginaire,  toujours décalés.  Lourds ou aériens, ils sont dans un monde à part qu'il faut savoir découvrir et décrypter. La majorité, sont féminins,  ils sont là,  bien calés  dans leur quotidien,  dans leurs tâches et occupations. La gent  masculine est parfois représentée mais d'une façon beaucoup plus passagère et anecdotique. »
 Alia Kateb : l’art du non-dit
 L’artiste plasticienne Alia Kateb  a à son actif, de nombreuses  expositions personnelles en Tunisie et à l’Etranger ainsi que plus d'une centaine d’expositions de groupe entre l’Afrique, l'Europe et le Continent Américain. Elle fut sélectionnée pour participer à des concours en France, en Italie ainsi qu’au Maroc. Ses œuvres  sont exposées de façon permanente dans les Galeries Ashok Jane à New-York et Samia Achour à Tunis et plusieurs d’entre elles furent acquises par le ministère de la Culture ainsi que par des collectionneurs privés à travers le monde.
« Peintre néo-impressionniste, flirtant avec l’abstrait et traitant de sujets violents en rapport avec son pays et l’actualité dans le monde, écrit-on à propos de Alia Kateb,  on la dit militante bénévole de l’art, refusant le conventionnel. Elle s’autorise à dévoiler certains non-dits qui sont une entrave à la bonne marche de la société et   fait partie de ces artistes introspectifs qui ont trouvé en l’art,  le médium idoine pour se dépasser soi-même…  Ses œuvres ont aussi la particularité d'enchanter les visiteurs par la richesse chromatique qu'elles contiennent ; les techniques utilisées sont diverses consistant en l'acrylique, la technique mixte, le collage et le couteau. »
 Marlène Luce Tremblay et les émotions du cœur
Tremblay est une artiste photographe qui, grâce à son œuvre et suite à de nombreux voyages au Moyen-Orient, offre une « archéologie » du monde arabe. Elle a entrepris cette démarche artistique en explorant l’Égypte et a exposé le résultat de ses découvertes tant au Canada qu’en Égypte, dans le cadre du 50ème  anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays.
Tremblay qui a exposé à Paris, Londres, Tunis et Alger, vit aujourd’hui  à New York et travaille à l’ONU au bureau du porte-parole du Secrétaire général, comme assistante à l’information.  Elle poursuit ses activités artistiques alors que ses deux passions se rejoignent dans un projet original et fascinant de « rapprochement interculturel international » par le biais des arts visuels, dans le cadre d’échanges culturels entre plusieurs rives de la planète.
« Entre les joies et les peines, déclare-t-elle,  vivent les émotions du fond de mon codeur.  Chaque instant évoque une image qui me berce dans l'abandon, là où  réside la légèreté d'être».
Bon vent au Dream Team qui cache déjà au fond de son « navire », un nouveau projet pour l’automne 2015 ; une exposition parrainée par notre Représentation diplomatique au siège des Nations Unies à New York.

Sayda  BEN ZINEB