TUNESPOIR, un pont de solidarité entre les deux rives de la Méditerranée - Le Temps Tunisie
Tunis Vendredi 7 Août 2020

Suivez-nous

Aug.
8
2020

Vie associative

TUNESPOIR, un pont de solidarité entre les deux rives de la Méditerranée

Samedi 23 Mai 2015
نسخة للطباعة

Si le nombre d’ONG n’a cessé de croître depuis la Révolution et que l’efficacité de la société civile tunisienne n’est plus à démontrer, il existe d’autres associations, essaimées un peu partout dans le monde, qui ont également fait de la Tunisie leur cheval de bataille. Tunespoir en est un parfait exemple. Fondée en décembre 2013 par un groupe de natifs tunisiens résidant en France, cette association caritative œuvre en faveur des régions défavorisées et notamment dans la campagne de Jendouba. Ses membres se donnent pour mission de venir en aide aux populations vulnérables en favorisant notamment l’accès à la nourriture, à l’eau potable, au logement et à l’éducation. Tunespoir c’est un pont entre la France et la Tunisie mais c’est surtout l’espoir en un avenir meilleur pour des citoyens privés de tout et loin de tous.
L’aventure Tunespoir est née d’un constat. Dans ce pays où la fracture sociale est une réalité indubitable, nombreux sont les citoyens qui vivent bien au dessous de la moyenne et sont privés des conditions élémentaires pour mener une vie décente. Selon certains sondages, 25% de la population tunisienne vivraient avec moins de 2 dollars par jour. Par ailleurs, plus de 100 000 élèves sont déscolarisés chaque année et obligés de travailler malgré leur jeune âge. Tunespoir est aussi née d’une évidence. L’Etat, avec ses moyens limités, ne peut secourir l’ensemble des citoyens vivant dans la précarité. C’est ainsi que ce groupe de Tunisiens, résidant à Paris, ont décidé de constituer une association qui viendrait en aide à certains de leurs concitoyens en difficulté. Leur crédo: solidarité, partage, éthique, efficacité et transparence. Le bureau exécutif, présidé par Dr Riadh Ben Mefteh, assure d’ailleurs que 100% des dons recueillis sont directement injectés dans les projets initiés par l’association dont les frais de fonctionnement sont exclusivement couverts par les cotisations de ses membres. Tunespoir est parrainée par la comédienne Rim Riahi et beaucoup d’autres stars tunisiennes apportent tout leur soutien aux actions entreprises par l’association.
Une première victoire
Parce que l’éducation est un droit sacré pour tout citoyen, l’association Tunespoir s’est consacrée, d’avril 2014 à mars 2015, à la rénovation de l’école primaire El Izdihar. Cet établissement scolaire est situé à Fernana (Jendouba), l’une des régions les plus paupérisées de Tunisie et compte près de 350 élèves. Construite en 1987, cette école n’a jamais été rénovée. Ses huit salles de classe étaient, jusqu’à il y a quelques mois, en piteux état, dont une était fermée depuis des années pour risque d’écroulement. Après une rigoureuse étude du projet et la collecte de la somme nécessaire, les travaux de réhabilitation de l’école El Izdihar ont commencé.  La salle de classe qui menaçait ruine a été démolie et reconstruite. L’étanchéité des murs et de la toiture a tété entièrement refaite et les installations électriques installées. De nouvelles fenêtres en aluminium ont été posées et les portes en bois, en très mauvais état, ont toutes été remplacées par des modèles en fer, plus robustes. Une cour a également été aménagée sur une surface de plus de 600 m2 pour permettre aux élèves d’y jouer pendant la récréation et un grand abri a été installé pour qu’ils puissent s’y réfugier en cas de pluie. Autre action entreprise, le rétablissement du système de récupération de l’eau de pluie et le remplacement des conduits et du moteur de distribution de l’eau potable au niveau de l’école. Le chauffage a également été installé dans toutes les salles et quatre nouveaux blocs sanitaires ont été construits. De gros travaux de rénovation qui auront coûté 140 000 DT en tout et demandé de longs mois d’exécution et de persévérance. Mais au final, un résultat à la taille des espérances des membres de Tunespoir et le sentiment du devoir accompli. Une satisfaction et une fierté décuplées en apprenant qu’élèves et enseignants étaient ravis des transformations subies par leur école et que tous s’y rendaient désormais avec plus d’entrain.
La suite de l’aventure
Si à l’école El Ezdihar, d’autres travaux seront prochainement entrepris, notamment la rénovation et l’équipement de la cantine ainsi que l’installation d’une aire de jeu, Tunespoir s,emploie déjà en parallèle sur un autre front. L’école Chefaï, également située dans une zone défavorisée à Jendouba , a été sélectionnée par l’association pour être réhabilitée. Construit en 1969, cet établissement primaire, qui accueille 280 élèves, nécessite de gros travaux de rénovation. Trois des cinq salles de classe existantes ainsi que la salle de révision et la bibliothèque devront ainsi être démolies et reconstruites. De l’étanchéité des pièces à l’électricité sans oublier le remplacement des portes et des fenêtres et l’aménagement d’une cour, tout devra y passer. Plus de 150 000 DT seront nécessaires pour remettre à neuf l’école Chefaï. Pour collecter cette somme, Tunespoir prévoit d’organiser des événements culturels et des soirées caritatives. L’association compte aussi sur la générosité des donateurs des deux côtés de la Méditerranée.

Rym BENAROUS