La preuve par «cinq» - Le Temps Tunisie
Tunis Vendredi 8 Février 2019

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May.
26
2019

A la galerie Aïn

La preuve par «cinq»

Vendredi 22 Mai 2015
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La preuve par «cinq»

Actuellement se tient à la galerie Aïn de Salammbô une exposition de groupe réunissant cinq artistes plasticiens. Le choix de ce groupe de cinq, selon Mohamed Ayeb, animateur de la galerie, rejoint un peu l’exposition des Quatre qui a eu lieu le 4/4/2004, c’est qu’on a voulu refaire la même expérience ce jour de 5/5/2015, jour du vernissage de la présente exposition, sauf que cette fois-ci, on a ajouté la céramique à la peinture et à la photographie. Il s’agit donc de deux céramistes Abdessalem Charfi et Arwa Ben Ismail, de deux peintres, Rachida Ben Abda et Tarek Souissi et d’un photographe Wissem Gharsallah, l’actuel secrétaire général de l'Union des artistes plasticiens tunisiens.

Des styles, des techniques, des approches et des voies différentes certes, mais le point commun de ces 5 artistes réside dans le fait qu’ils appartiennent à la même génération, celle de la promotion 2005, et qu’ils s’adonnent aux recherches plastiques pour faire promouvoir les différents arts,  de même, le graphisme et le dessin sont de mise chez ces artistes.

Chez Rachida Ben Abda dont les tableaux sont à base d’acrylique sur bois et sur toile, on remarque cette transparence des couches dans ses dix tableaux dont un diptyque, qui recèlent d’une palette chromatique diverse et des touches de lumière, quoique se présentent toujours des choses sous-jacentes dans chacune des œuvres qu’il faut dénicher et qui prêtent à différents commentaires de la part du visiteur. A travers toutes ses toiles, la recherche plastique et l’innovation picturale semblent  être le souci majeur de cette artiste-peintre.

 Tarek Souissi, quant à lui, il accumule les tons dans l’ensemble de ses toiles, engendrant souvent une certaine coulée récurrente qui laisse voir des traces, créant ainsi des lignes et des calligraphies. Un certain mouvement est prévisible dans ces tableaux traitant des portraits des femmes. Tout le jeu réside au niveau des formes, des dessins et des couleurs. Une démarche moderne.

Arwa Ben Smaïl, la céramiste, présente ses dernières créations qui portent sur la reproduction de modèles réduits de femmes qui lui ont sans doute coûté beaucoup de patience et de minutie. La mise au point de ses créations demande le plus souvent de longues heures de réflexion et un  travail de fourmi. Il faut bien considérer le visage, les membres, le buste de ces minuscules femmes en céramique qui sont minutieusement traités par des lignes et des courbes douces, régulières et stylisées. La seule idée qu’on puisse retenir de ces créatures féminines en céramiques qu’on voit adopter maintes positions, c’est que La femme est traitée comme un corps-objet, un corps-plaisir, essentiellement jugés par les autres en fonction de leur usage.  C’est comme si les femmes existaient par et pour le regard des autres et qu’on attendait d’elles qu’elles soient  féminines, belles, douces, sensibles, désirées et surtout soumises… Bref, Arwa Ben Smaïl voudrait mettre en relief cette volonté de la femme à se libérer du joug pesant et avilissant de la société patriarcale.

Pour sa part, Abdessalem Charfi expose ses travaux en céramique où il y a beaucoup de recherche, notamment sur la matière et les formes. Ces ouvrages ne portent pas de titres et donnent libre cours à l’imagination et l’interprétation du visiteur.

Wissem Gharsallah présente dans cette exposition cinq photos numériques, intitulée chacune « Cinq étoiles », où figure d’ailleurs sur chaque photo une étoile à cinq branches, référence peut-être au titre « Cinq » que porte cette exposition, mais surtout un symbole de l’Islam. Cependant, ce qui compte dans ces travaux photographiques, c’est l’harmonie et l’ordonnance des lignes et la symétrie des formes géométriques.

 Hechmi KHALLADI