Renforcement de l’autonomie financière, criminalisation de l’évasion fiscale, refus de la flexibilité de l’emploi…. - Le Temps Tunisie
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L’UGTT fixe ses priorités pour la prochaine étape

Renforcement de l’autonomie financière, criminalisation de l’évasion fiscale, refus de la flexibilité de l’emploi….

Vendredi 8 Mai 2015
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• Veto contre l’augmentation de l’âge légal de départ à la retraite
Renforcement de l’autonomie financière, criminalisation de l’évasion fiscale, refus de la flexibilité de l’emploi….

Adoptées mercredi soir, les motions du conseil national de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), tenu du 4 au 6 mai à Tozeur,  ont fixé les grandes lignes de la stratégie d’action de la centrale syndicale durant la période à venir. Ces motions révèlent en effet les positions de l’organisation sur les grandes questions d’intérêt national.  

Ainsi, la motion générale précise que l’UGTT ne rejette pas le projet de loi sur le partenariat public-privé mais oppose son veto à la privatisation des entreprises publiques, notamment celles opérant dans des secteurs stratégiques comme le transport, l’électricité et l’eau.  

L’organisation a également appelé  à l’adoption d’une législation criminalisant l’évasion fiscale avant la fin de l’année en cours et à resserrer l’étau contre la contrebande, estimant qu’une lutte efficace contre  l’évasion fiscale et douanière qui permettrait de rapporter près de 9 milliards de dinars supplémentaires au budget de l’Etat.

D’autre part, la motion générale a insisté sur la nécessité d’ouvrir un dialogue profond entre les partenaires sociaux pour sauver les caisses sociales qui souffrent d’un déficit chronique depuis plusieurs années, loin des solutions proposées par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale et consistant à augmenter l’âge du départ à la retraite et le montant des cotisations. Elle a notamment recommandé, dans ce cadre,  la diversification des sources de financement des régimes de sécurité sociale à travers, entre autres, l’augmentation des taxes sur certains produits non-nécessaires comme les boissons alcolisées et le tabac. 

L’UGTT a aussi réitéré son opposition à la notion  de la flexibilité de l’emploi (embauche de personnel sous contrat à durée déterminée ou de salariés intérimaires en cas de progression des activités de l’entreprise, et  non prolongement de leurs contrats en cas de baisse de difficultés conjoncturelles), appelant à réviser les législations du travail afin de lutter contre toutes les formes de précarité dans le monde du travail. 

 Elle a plaidé, dans ce même chapitre, pour la mise en place d’une caisse d’assurance-chômage qui donne aux salariés le droit à percevoir une indemnité après un licenciement ou une rupture conventionnelle de la relation professionnelle entre l’employé et l’employeur. 

La centrale syndicale a, par ailleurs, appelé le gouvernement à lancer des discussions sur la réforme du système éducatif et de la mise à niveau des établissements publics de santé. 

Sur le plan interne,  l’UGTT s’oriente vers un renforcement de son autonomie financière à travers la mobilisation de ressources alternatives et la valorisation de ses biens immobiliers et fonciers. 

Les motions ont aussi insisté sur l’importance du  projet de restructuration et d’amendement des statuts de l’organisation examiné lors du conseil national mais dont  l’adoption définitive aura lieu au prochain congrès. Ce projet prévoit notamment l’élargissement de la composition du Bureau exécutif à 15 membres contre 13 actuellement ainsi qu’une discrimination positive en faveur des femmes à travers la mise en place de quotas garantissant une bonne représentativité de la gent féminine au sein des diverses structures et instances dirigeantes de l’organisation. 

Le projet de restructuration préconise aussi la limitation du nombre des mandats des secrétaires généraux de fédérations  et des présidents des commissions sectorielles du contrôle financier à deux seulement, le fusionnement de certaines structures sectorielles ayant des activités semblables et la création d’un centre de recherche interne. 

Walid KHEFIFI

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