La priorité à la rationalisation du discours religieux - Le Temps Tunisie
Tunis Vendredi 8 Février 2019

Suivez-nous

Apr.
26
2019

Affaires religieuses

La priorité à la rationalisation du discours religieux

Mardi 21 Avril 2015
نسخة للطباعة

Dans des déclarations à la presse, hier, le ministre des affaires religieuses, Othman Battikh, a indiqué que les services compétents du ministère ont achevé, depuis 13 mars 2015, l’opération de tri des candidats au pèlerinage pour cette saison 2015, indiquant que le nombre des candidats au pèlerinage est passé, cette année, à 193 mille 80 pèlerins, avec une augmentation de 30 mille 859 par rapport à l’année 2014, tandis que le nombre des places réservées à la Tunisie, c’est-à-dire le nombre des pèlerins tunisiens se monte à 8300.  Le premier vol vers les lieux saints aura lieu le 2 septembre 2015.

Lors d’un point de presse tenu au palais du gouvernement à la Kasbah concernant les priorités du ministère durant la période en cours, le ministre a mis l’accent sur le souci porté à la rationalisation du discours religieux que le département a inscrit parmi ces priorités, affirmant la nécessité de pratiquer un discours équilibré et modéré, qui favorise l’union, rejette les excommunications,  et tout ce qui est propre à susciter la discorde, mais tend à édifier les esprits en s’inspirant des préceptes et des valeurs impérissables prônés par les textes de la religion et plus particulièrement le Coran et la Sunna du Prophète Mohamed, s’agissant notamment des appels au dialogue, à la coexistence et à la persuasion , enfin un discours qui contribue, plutôt, au règlement des problèmes de la société et en premier lieu le fléau du terrorisme.

Cependant, en réponse à la question d’un journaliste, le ministre a souligné que toutes les grandes doctrines islamiques tendent à servir l’Islam, y compris le wahabisme dont il a dit qu’il est une doctrine islamique se réclamant de la Sunna, ajoutant que la Tunisie a choisi, pour sa part, depuis les débuts de l’Islam, de suivre le malékisme et elle s’y attache, jusqu’à nos jours, en tant que doctrine de référence pour le discours religieux éclairé.

Il a fait remarquer que ce que demande le ministère des imams prédicateurs et des prédicateurs est la modération, la droiture et la neutralité, abstraction faite de leur couleur politique et de leurs appartenances partisanes.

Le ministre a passé en revue l’action du ministère en ce qui concerne l’extension de son contrôle sur les mosquées, notant que le ministère a pu reprendre le contrôle de 28 postes religieux en rapport avec la direction et la gestion des mosquées sur 53 postes restés hors contrôle et ce dans l’ensemble des mosquées du pays dont le nombre atteint 5307.

Le ministère étudie aussi la régularisation de la situation de 187 mosquées construites sans autorisation tandis que 90 dossiers à ce sujet sont parvenus à ses services compétents. 

Régularisation de la situation de la mosquée Ezzitoua

Dans ce même ordre d’idées, le ministre a signalé la régularisation de la situation de la mosquée Ezzitouna, notant que le ministère a repris le contrôle de cette mosquée, et qu’elle est actuellement ouverte devant les fidèles, conformément à la décision du tribunal administratif en date du 24 mars 2015 sommant Hassine Lâabidi et ses partisans à quitter la mosquée en faisant appel à la force publique.

Il a indiqué que la justice a établi, à cette occasion, que les mosquées sont régies par la loi et que c’est l’Etat et l’Etat seul qui en assume la direction, et qu’elles font partie des domaines de l’Etat, en vertu de la loi numéro 34 de 1988, en date du 3 mai 1988.

Il a ajouté que le document relatif à l’enseignement zeitounien signé le 12 mai 2012, sur lequel  Hassine Lâabidi s’est appuyé pour reprendre l’enseignement zeitounien dans l’enceinte de la mosquée Ezzitouna, est nul et non avenu, vu que l’organisation de l’enseignement, sous toutes ses formes, est du domaine de la loi et est régie par la loi, outre le fait que ledit document a été retiré par les ministères des affaires religieuses, de l’éducation et de l’enseignement supérieur.

Sur un autre plan, le ministre a passé en revue, parmi les priorités du département, les grandes lignes d’un projet portant sur la restructuration du ministère des affaires religieuses et qui prévoit, entre autres, la création d’une direction du pèlerinage et d’une direction de l’information religieuse.

Le ministère des Affaires religieuses se propose enfin de publier une revue appelé « Rissalat Ezzitouna » (le message de la Zitouna) .

Salah BEN HAMADI