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2020

La recapitalisation des banques publiques coûtera 1,3 milliard de dinars

Une privatisation cuisinée à feu doux

Mercredi 8 Avril 2015
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• Entre 10 et 15% des capitaux des banques publiques seront cédés aux partenaires stratégiques
Une privatisation cuisinée à feu doux

Les déclarations, en relation avec la recapitalisation des banques publiques se succèdent mais ne se ressemblent pas. Slim Chaker, ministre de l’Economie et des Finances, vient d’annoncer que la recapitalisation des banques publiques coûterait  1300 millions de dinars contre un milliard de dinars prévus et déjà approuvé par les représentants du peuple. La nouvelle fut annoncée hier à l’occasion des Réunions des Assemblées annuelles des institutions financières arabes tenue le 7 et le 8 avril courant au Koweït.

Cession en bloc ?

Autre informations que le ministre a révélé. Pour la première fois, on entend parler d’une ouverture du capital des trois banques publiques aux partenaires stratégiques. L’information telle qu’elle est révélée par l’agence Reuters, évoque une ouverture qui touchera de 10 à 15%  des capitaux des banques (la STB, la BNA et la BH en l’occurrence).

 Aucun autre détail n’a été révélé à propos de cette opération. Mais, quoi qu’il en soit, le ministre se veut rassurant en annonçant cette information face à des « capitaines » de la finance des pays du Golfe qui s’intéressent de plus en plus aux investissements financiers. Reste à savoir selon quelles modalités le gouvernement va-t-il procéder à l’ouverture des capitaux de ces trois banques. Entre autre, quelle est la banque concernée par une éventuelle opération ? D’autant plus que le gouvernement pourrait procéder à la cession des parts en bloc (10 ou 15%) ou des parts de 5%) réparties sur plus d’un investisseur. 

Finalement, la proposition du ministre de l’Economie et des Finances devrait être approuvée par l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) pour pouvoir passer finalement à l’action.  A priori, Slim Chaker dispose des garanties auprès de quelques blocs parlementaires (principalement celui de Nidaa) pour l’approbation de cette proposition qui change également l’orientation de l’Etat concernant sa participation dans le système bancaire. 

A cet égard, il convient de rappeler qu’en 2012, l’Etat a procédé à la cession des  13% du capital de la Banque de Tunisie (déjà confisqués) un investisseur étranger. Et c’est la Banque Fédérative du Crédit Mutuel (BFCM, France), qui a acquis cette part pour finalement détenir 33% du capital de la BT. Puisqu’elle détenait depuis des années 20% du capital de ladite Banque. Serait-ce le même cas ? 

Zied DABBAR