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Energie.. ENI sur le départ et Petrofac forcée d’arrêter sa production

Le gouvernement entre l’enclume et le marteau

Jeudi 2 Avril 2015
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Le gouvernement entre l’enclume et le marteau

Flash back. Sur les colonnes de notre journal (voir édition mardi 17 Février 2015), nous évoquions le départ du groupe pétrolier ENI de la Tunisie. Dans les coulisses de l’Administration de la compagnie énergétique italienne on justifie cette décision par le refus des autorités tunisiennes du renouvellement de son permis d’exploration à Borj Elkhadra. Alors qu’auprès du ministère de tutelle, on rapporte une autre version. Zakaria Hamad ministre de l’Industrie, de l’Energie et des Mines, précise que le groupe déjà installé en Tunisie depuis 1960, a quitté la Tunisie à cause de la hausse des coûts de la production. D’autant plus que la conjoncture internationale n’est pas favorable surtout avec la chute des prix mondiaux du pétrole. Une conjoncture qui oblige le management du groupe de changer sa stratégie générale dans la prospection et la production des hydrocarbures, explique le ministre. En tout cas, le groupe italien a déjà engagé des négociations avec une banque d’Affaires (Crédit Suisse) pour la cession de ses actifs en Tunisie. Le ministère de l’Industrie, de l’Energie et des Mines, exige pour sa part que le repreneur des activités d’ENI doit disposer des capacités techniques et financières lui permettant de poursuivre l’activité de prospection et de production du pétrole et du gaz. Les tractations continuent encore. 

Pétrofac double victime ! 

Dans la foulée de ses tractations, une autre compagnie pétrolière continue d’endurer le verdict des protestataires qui bloquent encore sa production. A Kerkennah, le blocage de la société Pétrolière de prospection et d’exploitation énergétique Petrofac, dure depuis plus que 20 jours. Résultat : une perte quotidienne de l’ordre de million de m3 de gaz. Tout compte fait, les pertes ont atteint 2,4 millions de dinars essentiellement à l’État tunisien qui possède 55% de Petrofac.  Au-delà de ces pertes accusées, le ministère de tutelle se trouve obligé d’alimenter la centrale de connexion de la STEG à Aïn Turkia dans la région de Sfax, en recourant à l’importation, au lieu de la ravitailler par le gaz produit par Petrofac. Par obligation, l’Etat  se voit contraint de payer le gaz importé à un coût trois fois plus cher. Mais que se passe-t-il ?

A vrai dire, ce n’est pas pour la première fois que la société Petrofac, qui assure 12,5% des besoins de la Tunisie en gaz, se trouve confronté au fléau nuisible des sit-in et des blocages des routes. Cette fois-ci, c’est le tour  des protestataires ayant bénéficié des salaires versés par Petrofac  dans le cadre du fonds de l’environnement, quatre ans durant. Ces contestataires revendiquent encore les salaires, alors qu’ils n’ont aucune relation avec la société : ils bloquent tous les accès menant vers  la société. De la pression quoi !

La première Centrale syndicale, l’UGTT en l’occurrence est, par la suite, intervenue. Les autorités régionales outre les responsables du Front Populaire ont essayé de convaincre les protestataires de mettre fin au blocage des accès au siège de la société. Mais, le sit-in se poursuit. Le parquet de Sfax ayant saisi en référé de l’affaire, n’a pourtant pas ordonné l’évacuation des lieux de sit-in pour que l’usine reprenne ses activités. Un procès est fixé pour le 20 avril courant. L’affaire n’est-elle pas si urgente ?

Zied DABBAR

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