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Déficit chronique des caisses sociales

L’UGTT propose de taxer les boissons alcoolisées et le tabac pour boucher le «trou de la Sécu»

Mercredi 18 Mars 2015
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L’UGTT propose de taxer les boissons alcoolisées et le tabac pour boucher le «trou de la Sécu»

«L’augmentation de l’âge du départ à la retraite et la révision à la hausse des cotisations des salariés et des entreprises relèvent du rafistolage et des soins palliatifs», affirme le secrétaire général de la centrale syndicale, Hassine Abbassi

 

Le secrétaire général de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), Hassine Abbassi, a annoncé que le sauvetage des caisses sociales qui souffrent d’un déficit chronique depuis plusieurs années passe par la diversification des sources de financement des régimes de sécurité sociale, proposant notamment dans ce cadre la taxation des boissons alcooliques et du tabac.

«L’UGTT propose de chercher de nouvelles sources de financement des caisses sociales autres que celles qui impactent négativement les salariés et les entreprises,  à l’instar de  la taxation des  boissons alcooliques et du tabac», a-t-il souligné lors d’une conférence sur «les réalités et les perspectives des caisses sociales» organisée par le département de la couverture sociale, de la santé et de la sécurité professionnelle relevant de l’UGTT.

Lors de cette conférence de trois jours qui s’est ouverte lundi après-midi, le secrétaire général de la centrale syndicale a appelé le gouvernement à procéder à un diagnostic profond de la situation des caisses sociales et à renoncer aux soins palliatifs dans ce domaine.  

«Nous ne permettrons pas un retour en arrière en ce qui concerne les acquis de l’assuré social. Nous disons non à l’augmentation de l’âge légal du départ à la retraite et à l’augmentation des cotisations des salariés et des employeurs car ces solutions relèvent du rafistolage et des soins palliatifs», a-t-il martelé. 

M. Abbassi a , d’autre part, précisé que le  département de la couverture sociale relevant de l’UGTT a élaboré une étude comportant des solutions qui peuvent restaurer les équilibres financiers des caisses sociales pendant une période allant de 15 à 20 ans , tout en appelant le gouvernement à s’inspirer des expériences de certains pays qui ont réussi à boucher le trou de leurs régimes de sécurité sociale, sans puiser dans les poches des salariés et dans les caisses des entreprises. 

Déficit cumulé de 1,1 milliard de dinars sur 3 ans 

Le gouvernement semble s’attacher mordicus à l’augmentation de l’âge du départ à la retraite.  

Le  projet de réforme élaboré par le ministère des Affaires sociales prévoit en effet le relèvement de l’âge légal du départ à la retraite à 62 ans, avec la possibilité de porter ce seuil à 65 ans pour les salariés qui le souhaitent.  

Cette augmentation de l’âge du départ à la retraite devrait permettre, selon le gouvernement, d’économiser 350 millions de dinars par an.

Outre l’augmentation de l’âge du départ à la retraite, le projet de réforme élaboré par le gouvernement préconise la révision à la hausse des cotisations des assurés sociaux actifs. Cette révision à la hausse s’effectuerait cependant  par étape afin d’en diminuer l’impact sur le pouvoir d’achat des salariés.

Le gouvernement souhaite, d’autre part,  de l’unification des du mode de calcul du salaire de référence, du taux de la pension et du rendement des années de cotisation au niveau des deux principales caisses de sécurité sociale: la Caisse Nationale de Retraite et de Prévoyance Sociale (CNRPS) qui couvre les salariés des établissements publics et la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), dédiée aux salariés du secteur privé. 

Selon le ministère des Affaires sociales, le déficit cumulé des caisses sociales au cours des trois dernières années a atteint 1,1 milliard de dinars. Il s’agit, d’après le ministère, d’un déficit structurel lié au recul de l’indicateur de croissance démographique établi à 2,5 actifs pour un retraité du secteur public et à 4,5 actifs pour un retraité du secteur privé, soit une taux global ne dépassant pas 3,6 actifs pour un retraité contre une moyenne mondiale de 6 actifs pour chaque retraité

Walid KHEFIFI