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2018

Situation sécuritaire

La Tunisie va bien !

Vendredi 6 Mars 2015
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La lutte antiterroriste exige des sacrifices et un réel soutien des politiciens aux efforts de l’armée et des forces sécuritaires
La Tunisie va bien !

Le chef de l’Etat a présidé hier, une réunion du conseil suprême de l’Armée Nationale consacrée à la situation sécuritaire du pays.

Dans son mot d’ouverture, Béji Caïd Essebsi a indiqué qu’il n’était pas étranger à l’Armée Nationale Tunisienne puisqu’il dispose d’une grande expérience dans le secteur sécuritaire. Dans ce sens, il a expliqué que la continuité de l’Etat ne devait pas être liée aux changements des cadres et des hauts responsables de ce corps. Par ailleurs, le président de la République a affirmé que le pays traversait une phase délicate surtout sur le plan sécuritaire. Une situation sécuritaire cruciale où l’Armée Nationale tient un rôle honorable qui exige beaucoup de sacrifices. Des sacrifices qui rappellent aux responsables de l’Etat l’importance du poids de leur devoir. Dans ce sens, Caïd Essebsi a indiqué que le Conseil suprême de l’Armée Nationale se réunissait afin de trouver les moyens pour atteindre tous les objectifs sécuritaires du pays tout en préservant la vie des unités de l’Armée Nationale. Le mot de la fin du président de la République a eu une note plus que positive puisqu’il a affirmé avec assurance que la Tunisie allait très bien et qu’elle ne pouvait que s’en sortir de cette phase délicate.

Une sécurité nationale menacée

Le terrorisme a commencé à ramper peu à peu en Tunisie jusqu’à ce que le pays devienne le premier exportateur mondial de terroristes. En 2013, la Tunisie a connu la pire montée de ce dangereux fléau : le terrorisme avait à l’époque causé deux assassinats politiques en plus des assassinats organisés des unités de l’Armée et de la Garde Nationales. Cette montée avait contraint le gouvernement d’Ali Laârayedh à laisser la place à une équipe gouvernementale formée de technocrates et menée par Mehdi Jomaâ. Aujourd’hui, au lendemain des élections législatives et présidentielle de 2014, le pays commence à changer de stratégie sécuritaire – les dernières nominations au sein du ministère de l’Intérieur en sont la preuve – et les résultats commencent à se voir. Depuis le mois de janvier 2015, des arrestations en séries ont eu lieu : des groupes terroristes un peu partout sur le territoire tunisien ont été démantelés. Même si ces groupes ont encore frappé dernièrement, une opération terroriste ayant coûté la vie à quatre agents de la Garde Nationale le 18 février dernier, on commence à sentir qu’ils sont de plus en plus affaiblis sur le terrain puisqu’ils commencent à manquer sérieusement de provisions chose qui les poussent, de temps à autres, de sortir de leurs cachettes pour braquer des magasins de produits alimentaires ou encore des maisons un peu isolées. 

A part les séries d’arrestation, le ministère de la Défense Nationale a informé, dans la journée du mardi 3 mars 2015, qu’uneopération militaire de grande envergure a ciblé les cachettes des terroristes se trouvant au Mont Châambi, gouvernorat de Kasserine. Cette opération militaire a eu lieu suite à des informations parvenues au ministère. Un ratissage qui a aussi englobé les hauteurs se trouvant dans les régions du Kef et de Jendouba, en gros, les trois principaux fiefs des groupes terroristes en Tunisie. 

La lutte contre les groupes terroristes se trouvant à l’intérieur du pays semble menée à bon terrain. Le problème majeur réside en fait sur nos frontières avec la Libye. Une Libye divisée et occupée par divers groupes terroristes dont le fameux Daech (l’Etat Islamique). Des informations alarmantes nous parviennentde jour en jour propageant crainte et inquiétude. Les derniers soulèvements et requêtes des habitants du sud tunisien n’aident en rien dans la guerre contre le danger provenant de notre pays voisin. En effet, ces derniers ont réclamé la suppression de la taxe de sortie de 30 dinars, imposée, entre autres, aux Libyens. A priori, le Conseil ministériel restreint et les députés de l’Assemblée des Représentants du Peuple s’entendent sur l’annulation de ladite taxe. Une mesure qui peut être considérée comme dangereuse si on l’associait à la dernière déclaration de Najem Gharssali, ministre de l’Intérieur, qui a indiqué que le terrorisme et la contrebande étaient intimement liés. De plus, le dernier incident survenu au passage de Ras Jedir, quand cent camions ont refusé de se soumettre au contrôle douanier et ont forcé le passage, a suscité beaucoup de questions quant à l’efficacité de notre sécurité nationale sur des frontières représentant beaucoup de danger. Nos forces sécuritaires sont en train de fournir beaucoup d’efforts pour repousser le danger du terrorisme, il faudrait que les politiciens suivent dans cette lutte afin de rendre les efforts plus efficaces.

Salma BOURAOUI