Réminiscences …  - Le Temps Tunisie
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Galerie Saladin: exposition de Akila Mouhoubi

Réminiscences … 

Mardi 24 Février 2015
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Réminiscences … 

La galerie Saladin de Sidi Bou Saïd accueille depuis le samedi 21 février et jusqu’au 11 mars, l’exposition de l’artiste plasticienne algérienne Akila MOUHOUBI qui nous offre à voir, ses magnifiques travaux, vingt ans après sa dernière exposition à l’espace « Aïn » de Salammbô, quoique l’artiste visite fréquemment notre pays pour participer à des expositions collectives. Une foule de passionnés de peinture, des artistes et des critiques d’art ont assisté au vernissage lors duquel on a débattu du thème « La culture, vecteur de pensée » avec  la participation de Rachida Triki,   Abdelmajid El Bekri, Ali Zénaidi, Mohamed Zouari, Mostafa Goudjil (époux de notre artiste) et Samir Triki, ancien directeur des Beaux-arts de Tunis.

  Née à Béjaïa, Akila Mouhoubi vit et travaille à Marseille ; elle est diplômée de l'Ecole nationale des beaux-arts d'Alger et a poursuivi ses études en arts plastiques  à l'Ecole supérieure des beaux-arts de Luminy (Marseille) jusqu'en 1985. Elle est responsable et coordinatrice de l'Association « Rivages » qu’elle a fondée en 2004 conjointement avec son époux Mostefa Goudjil, peintre lui-même et enseignant à l'Ecole des beaux-arts d'Alger. Il s’agit d’une association « à caractère culturel orientée vers les arts plastiques contemporains et vers les échanges culturels entre les rives de la Méditerranée… »

Le visiteur de cette exposition sera doublement surpris, d’abord par la nature et l’originalité des travaux exposés, ensuite par le fait que ces travaux ne sont pas accrochés ou suspendus, comme d’habitude, mais plutôt fixés par simple collage aux murs. Tous les travaux, en formes de miniatures ou à formats moyens et grands sont réalisés sur toile avec le recours à des techniques diverses (huile, acrylique, pigments, gouache…). 

Le titre de l’exposition « Réminiscences » est très invocateur dans la mesure où l’artiste est attachée aux origines picturales certes, mais elle essaie dans sa quête picturale de les renouveler sur tous les plans (lignes, formes, techniques…) et d’en faire des travaux actuels, contemporains. Travaillant ainsi sur des formes anciennes, presqu’oubliées, elle les réinvente et les ressuscite en leur insufflant un nouveau souffle, où l’on peut pourtant ressentir les odeurs et les charmes du passé. En fait, il parait que le monde des miniatures sert de référence à l’artiste qui semble très imprégnée de cet univers impressionnant. « C’est à partir de ces miniatures, nous confie l’artiste, que j’essaie d’en ressortir autre chose avec une vision plutôt contemporaine. » C’est, en d’autres termes, une démarche plastique qui consiste à mettre à jour un héritage du passé pictural. 

Les travaux exposés sont réalisés sur des toiles ou des cartons toilés où l’artiste a pratiqué des collages, de la peinture à l’huile, des pigments, la feuille d’or… concernant les thèmes abordés dans cette collection, on peut parler d’un retour à la mémoire que l’artiste revisite, modernise et actualise ; c’est ce rapprochement entre le passé et le présent, c’est une approche moderne d’un thème classique. Les œuvres sont dominées par les nuances du bleu avec des tâches dorées comme pour laisser filtrer des rayons de lumière  qui donnent plus d’éclat et de splendeur à l’œuvre. Cependant, il ne faut pas regarder chaque œuvre à part, bien qu’on puisse le faire, mais plutôt regarder toute la série qui porte le même titre, car ces travaux, vus dans leur globalité et leur continuité, on peut apprécier un tout indissociable, un ensemble bien uni. L’autre originalité, c’est que tous les travaux sont sans cadres. Là-dessus, l’artiste s’explique : « Cela a toujours été une de mes préoccupations. Comme je préfère travailler sur le papier, je peux le découper, le monter, le coller à volonté ! Même la toile, je la travaille sans châssis. La présence d’un châssis est une limite, ce qui m’étouffe et me met mal à l’aise, je déteste les limites et cela peut restreindre ma liberté de créer… Et puis, cela peut toujours étonner le visiteur habitué à voir des toiles avec cadres et accrochés au mur ; ce que je veux moi, c’est qu’on regarde ma peinture comme moi j’aimerais qu’on les voit ! » 

Hechmi KHALLADI