«Le cinéma est un rêve que l'on rend possible» - Le Temps Tunisie
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2019

4ème rencontre des réalisateurs de films

«Le cinéma est un rêve que l'on rend possible»

Jeudi 19 Février 2015
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«Le cinéma est un rêve que l'on rend possible»

Khaled W Barsaoui, président de l'Association des Réalisateurs de films et Délégué général, très disponible, s'est prêté à nos questions avec son amabilité coutumière, malgré un emploi de temps chargé et les préparatifs de dernière minute.

" Nous ne pensions vraiment pas que cette aventure commencée dans l'urgence en 2011 allait continuer, prendre de l'ampleur et se poursuivre car ni les moyens, ni les prédispositions, ni la précarité des salles de cinéma ne le laissaient présager. 

L'Association des Réalisateurs Tunisiens organise cette session en partenariat avec le Ministère de la Culture, le CNCI, les associations des ciné-clubs, les jeunes étudiants de cinéma. C'est donc, un travail collégial pour faire réussir cette Rencontre.

Notre objectif à travers ces Rencontres,  est de rassembler en un minimum de temps et d'espace, toutes les productions de l'année afin de donner aux réalisateurs plus de visibilité et de révéler les talents émergents. Ce sont des retrouvailles de tous les réalisateurs, quels que soient leurs projets, leurs aspirations, leurs différences. Il est également question de les faire connaître, de leur donner l'opportunité de s'exprimer lors de ce forum. Pour cela, nous avons conçu et publié un catalogue dans lequel, nous avons consigné toute la production cinématographique des 4 sessions. Il s'agit d'un instrument de travail puisqu'il contient toutes les données sur les réalisateurs. Depuis 2011, 300 films ont vu le jour. Grâce à la ténacité et à l'enthousiasme des jeunes, on a pu, ainsi,  produire et  réaliser une soixantaine de films, tous genres confondus. En effet, il fallait inventer des façons de faire et de produire inédites et s'emparer des nouvelles technologies afin de s'approprier les moyens de production. Nous disposons, également, d'un site internet interactif.

Nous connaissons un flux extraordinaire d'images, mais très peu de salles de projection, une vingtaine tout au plus. Cette réalité bien amère est une source de préoccupation sur la place de la culture dans un pays qui fait face à des défis énormes. Nous avons fait un constat non moins amer,  aucun film ou presque n'a été diffusé sur les chaînes de télévision. Et c'est la raison pour laquelle, nous avons programmé une table ronde qui  reviendra sur la nécessaire collaboration entre cinéma et télévision car, partout dans le monde, la télévision est devenue le plus grand écran pour les films et le plus grand producteur. Nous devons arrêter de dresser des barrières entre cinéma et audiovisuel.

  Nous avons décidé aussi d'ouvrir des fenêtres sur des films " inclassables "  ni tout à fait amateurs, ni tout à fait professionnels, mais qui méritent notre intérêt.

De nombreuses projections sont au programme. Un des temps forts, le film de Nacer Khmir " Par où commencer? ", les hommages à Ahmed Khechine, à Mohamed Naceur Kasraoui, Omar Jaziri et à René Vautier ainsi que l'exposition des portraits de 20 réalisateurs.

 Une belle aventure collective qui réunit les talents confirmés, les jeunes talents et une armée de bénévoles déterminés. Reste l'espoir ardent de voir cette manifestation réussir et le rêve d'un marché maghrébin de l'audiovisuel se concrétiser. 

Tounès THABET