«Rose des Sables», le train de l’espoir - Le Temps Tunisie
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2019

Tourisme culturel

«Rose des Sables», le train de l’espoir

Jeudi 19 Février 2015
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«Rose des Sables», le train de l’espoir

Un nouveau train touristique écologique, baptisé «Rose des Sables» entrera en service dès demain. Il ralliera Tunis à Kasserine via le Kef et Siliana. Un nouvel acquis pour le tourisme culturel, fruit d’une convention signée, en juin dernier, entre la Société nationale des chemins de fer tunisiens ( SNCFT ) et l’entreprise française Discovery Trains. Actuellement, le train n’est composé que de deux rames, déclassées de la Banlieue Sud de Tunis il y a quelques temps et qui ont été rénovées et aménagées de manière à accueillir des passagers dont le séjour à bord durera plus d’une semaine. On croit toutefois savoir que cinq à sept autres rames seront ajoutées dans un deuxième temps et le circuit du train englobera alors Redeyef, Metlaoui, Gafsa, Gabès, Sfax et Sousse. Le montant global de ce projet est de l’ordre de 1,3 million d’euros, soit environ 2,8 millions de dinars, à la charge exclusive du partenaire français. La Tunisie bénéficiera de 70% de ses bénéfices.

Un tourisme hors des sentiers battus 

Outre la création de postes de travail et ses retombées économiques engendrées, ce train écologique vise à promouvoir le tourisme d’intérieur et à diversifier l’offre déjà existante. Une occasion pour les voyageurs de la « Rose des Sables » de découvrir les richesses locales archéologiques, artisanales et culturelles, de ces régions séculairement marginalisées depuis de longues années. Ce train écologique est un pas de plus pour l’impulsion du tourisme culturel en Tunisie qui attire de plus en plus de touristes dans le monde, lassés par le classique trio: soleil- plage-hôtel. L’heure est la découverte et à l’aventure. Parmi les touristes les plus friands de ces circuits touristiques culturels, les Japonais dont le nombre est en baisse considérable depuis la révolution. Avant la révolution, ils étaient plus de 13.000 à visiter notre pays annuellement. Depuis, ils ne sont plus que 6.000, chaque année, à passer leurs vacances en Tunisie. Parmi leurs activités préférées sur notre sol, la visite des endroits et monuments phares (Médina de Tunis, Avenue Habib Bourguiba, Sidi Bou Saïd...) ainsi que des sites historiques et archéologiques du pays (Carthage, Oudhna, Dougga...). Même si leur nombre est assez limité, les touristes japonais ne lésinent pas sur les moyens et n’hésitent pas à dépenser des sommes conséquentes pour découvrir des endroits insolites et à visiter des régions situées hors des circuits classiques et des sentiers battus.  

Menace touristique et impact sur le tourisme culturel

Alors que le tourisme culturel, qui représenterait de 8 à 20% des parts du marché touristique, semble enfin sortir de sa torpeur pour englober des régions jusqu’ici considérées comme non touristiques et que les investissements dans ce sens se multiplient, il serait judicieux de s’interroger sur l’utilité mais surtout la viabilité de tels projets et de se demander s’il n’est pas déjà trop tard pour délocaliser le tourisme et expérimenter de nouveaux circuits à exploiter. A la lumière des derniers événements sanglants et face à la menace sécuritaire bien réelle, qui serait tenté d’aller passer des vacances dans les régions centre, ouest et sud de la Tunisie ? Le secteur touristique, pourtant vital pour l’économie, est touché depuis la révolution par une crise sans précédent dont il peine à se remettre. Bien qu’ayant réussi avec succès sa phase transitoire et pu instaurer une fragile stabilité politique, la Tunisie reste une cible potentielle pour les islamistes. Alors que quatre de nos valeureux agents de la Garde Nationale ont été lâchement assassinés hier à Boulâaba, le peuple tunisien retient son souffle et cherche désespérément une réponse à cette question: le danger terroriste est-il vraiment à nos portes cette fois-ci ?

Rym BENAROUS