Que d’urgences : Un seul remède : La raison ! - Le Temps Tunisie
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Miroir su Route

Que d’urgences : Un seul remède : La raison !

Mercredi 18 Février 2015
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Par Khaled Guezmir

Le gouvernement a-t-il une âme !

Roule-t-il au ralenti… et peut-il être rapidement au four et au moulin, à savoir répondre aux urgences et planifier le développement  durable ? Autant de questions qui relèvent de la prestidigitation  beaucoup plus que de l’analyse  sereine froide et sans concession ! Aucune machine de bonne gouvernance au monde fusse-t-elle chinoise ou Sud-coréenne, ne peut en ce moment précis de notre évolution répondre à autant d’exigences et d’accumulations  de demandes. C’est tout simplement l’embouteillage  aux portes de la Kasbah et le pire c’est que personne ne veut tendre la main et aider. Je me rappelle d’un ministre des Finances de Bourguiba, assommé par les problèmes de toute sorte crier sa détresse : « S’il vous plaît… aidez-nous au moins par le silence » ! Mais, malgré  tout cela disons que le pays a été tellement défiguré par quatre  années de transition follement anarchique, qui a mis l’Etat à genoux, qui a sinistré l’économie, l’environnement, le tourisme, qui a délabré l’éducation nationale, la santé, sans parler de l’infrastructure routière, livrée à son  sort, peu enviable,  qu’on ne peut plus tomber plus bas.

Djerba, celle qui a fait rêve « Ulysse » le Grec, et des millions de visiteurs et de touristes de par le monde, résume la déchéance  de la Tunisie du mérite, de l’excellence et de sa position avant-gardiste dans le monde arabe et musulman. Un hôtelier de renom livrait sa tristesse  par cette phrase, oh combien   amère et outrageante : « Djerba ne fait même pas  du sur place... elle recule » !

Alors,  en matière d’urgence, le gouvernement Essid n’a que l’embarras des choix. 

Pour le tourisme, l’environnement c’est l’urgence suprême,  car comment convaincre un Allemand, un Suédois ou un Français de venir se promener et de se détendre dans une décharge d’ordures à ciel ouvert !

Pour le grand  Nord qui va  de Bizerte à Siliana et Makthar, l’urgence c’est la remise en état des voies de communication, routes, chemins de fer et ports. Tout cela créera aussi une dynamique de travail et d’emploi. Les études  sont là, il faut au plus  vite limiter  les délais d’exécution des grands travaux en établissement une échelle du « compte à rebours » qui fixe la durée de ces travaux. Le départ finalement du décompte… c’est la fin des travaux  et non leur commencement ! C’est comme cela  que les grands planificateurs de l’indépendance dont je citerai Lassaâd Ben Osmane, Abdelaziz Zenaïdi, Mansour Moalla, Hédi Nouira, Ismaïl Khelil et bien d’autres hautes pointures, procédaient. Il ne s’agit pas d’engager des travaux pour l’éternité mais de fixer fermement les délais avec un contrôle continu et efficace. Djerba peut être nettoyée en trois mois ou au plus six mois… mais pas dans deux ans !

Autre urgence et pas des moindres, diffuser  l’optimisme, car la psychologie du négativisme et la culture du défaitisme, a gagné les esprits des Tunisiens et opéré des ravages énormes au niveau de la culture du travail, de la productivité et surtout de la finition.

Pour cela, l’UGTT doit être impliquée  de manière à préserver son rôle de canalisation de la revendication sociale mais aussi  et surtout à engager sa responsabilité dans le développement.

Il faut à tout prix réduire sensiblement les grèves et engager un nouveau processus de « contrat social », équitable pour tous les partenaires du travail et de la production.

Regardons autour de nous les expériences réussies en la matière comme dans les pays scandinaves  ou en Allemagne où tout le monde est associé à la production avec une répartition honnête des plus-values.

Si l’entreprise gagne de l’argent en améliorant la production et la productivité, si elle gagne des marchés, si elle est concurrentielle, les ouvriers et les cadres auront leur part du bien-être général de l’entreprise. C’est cela le socialisme dans la liberté dans la pratique et loin des idéologies de la mobilisation et des luttes de classes.

Aujourd’hui,  une usine ou un hôtel qui ferment, est plus nuisible pour ses ouvriers et cadres qu’une augmentation de salaire non acceptée par une entreprise qui arrive difficilement à survivre et joindre les deux bouts. Alors,  soyons raisonnables, et responsables. Y a-t-il d’autres voies ?

K.G