Il est temps qu’elle voie le jour - Le Temps Tunisie
Tunis Vendredi 8 Février 2019

Suivez-nous

Aug.
18
2019

Réforme universitaire

Il est temps qu’elle voie le jour

Samedi 14 Février 2015
نسخة للطباعة

Le 13 janvier dernier, s’est tenue la dernière réunion de la commission nationale de réforme en vue d’entériner, définitivement, le projet de réforme auquel ont abouti les travaux de cette dernière, des commissions universitaires ainsi que celles des établissements de réforme, constituées, depuis belle lurette, c’est-à-dire depuis l’époque du ministre qui a signé l’accord avec la FGESRS, à savoir M. Rifâat Chaâbouni, en date du 5 octobre 2011, celle de son successeur, Moncef Ben Salem, et celle du ministre sortant, Taoufik Jelassi. Mais, trois ans et quatre mois se sont écoulés, et rien n’a été fait pour concrétiser cette volonté politique, vantée par ces derniers, ce qui laisse le syndicat se demander si la réforme est devenue une marchandise à consommer.
Refus de la volonté générale
En fait, la FGESRS y voit une simple campagne de propagande, visant à blanchir les pages sombres de l’autorité de tutelle. Lors de ladite réunion, elle a appelé le ministre à se départir de cette méthode infructueuse, consistant à faire des promesses et à acquiescer à toutes ses demandes sans que ne serait-ce que le seuil minimum ne soit réalisé, et à signer un document où il s’engagerait à donner forme, par écrit, à tout ce qu’il lui a promis. Cette requête était présentée sous forme de pétition, qui était signée par la plupart des membres de la commission nationale, parmi lesquels les représentants de la Fédération générale et ceux des universités, excepté celui de Carthage, et où ils ont exprimé leur ressentiment vis-à-vis de l’insouciance affichée par le ministère, tout en y rappelant les principales promesses faite par ce dernier, à l’image de la mise en place d’un budget de gestion en faveur de la commission nationale, le financement de ses activités et ses différents réunions et séminaires que ce soit sur le plan national, ou au niveau des universités et même des établissements, ainsi que de la plateforme informatique, le recrutement des spécialistes qui étaient déjà invités et ceux qui le seront ultérieurement pour prendre part aux travaux de la commission, accorder à certains membres de celle-ci une mise en disponibilité partielle en vue de leur permettre de suivre de près ces travaux... Mais M le ministre a refusé cette position collégiale, invitant les membres de la commission à se contenter à suivre l’évolution de ce dossier auprès de ses services, et réclament la modification de certains concepts, contenus dans ce document, chose à laquelle ont participé le coordinateur ministériel et le représentant de l’université de Carthage.
Absence de volonté politique
Tout en exprimant leur déception à l’égard ce qui s’est produit lors de la dernière réunion de la commission nationale de réforme, les membres de cette dernière et les syndicalistes font assumer l’entière responsabilité au ministre et à son équipe ministérielle, et plus particulièrement au chef du cabinet qui se trouve à sa tête, considérant que la commission a beaucoup souffert de la politique d’atermoiment, empruntée par l’équipe précédente, en refusant d’activer ce qu’on appelait les « mesures urgentes », au début de l’année universitaire 2013/2014, héritées par l’équipe qui lui a suppléé, et ce en dépit de l’engagement de la commission à accomplir toutes les tâches, qui lui incombent, afin de parvenir à l’annonce d’une série de mesures urgentes qui seraient la manifestation de l’intention effective de la part de l’équipe ministérielle actuelle qui n’a pas daigné suivre les engagements formulés par sa commission juridique, consistant à réviser les textes de loi, organisant le loi EPEST, se rapportant à la première étape de l’application de l’indépendance administrative et financière des universités, en attendant l’élaboration d’une nouvelle loi qui la modifiera intégralement, ce qui prendra, au moins, un an et demi. Après le rappel de ces différentes phases, qui se sont avérées infructueuses, la FGESRS forme l’espoir de trouver un meilleur partenaire dans le nouveau gouvernement, d’autant plus qu’il n’est plus provisoire comme ses prédécesseurs. Enfin il importe de souligner que le document du projet de réforme auquel ont abouti les travaux des différentes commissions et des différents séminaires, dont celui de Monastir, comprend la meilleure synthèse possible, à condition, toutefois, de dépasser, le plus tôt possible, certaines insuffisances, dont, notamment, l’organisation de l’enseignement privé conformément à un nouveau cahier des charges et la détermination de la place qu’il mérite au sein du système public qui reste la locomotive principale. Alors, la nouvelle équipe gouvernementale rompra-t-elle avec les anciennes pratiques ? Et prêtera-t-elle toute l’importance qu’elle mérite à cette question stratégique qu’est la réforme du système universitaire tant souhaitée et tant attendue?

Faouzi KSIBI