La contrebande ou encore le noyau de la farce - Le Temps Tunisie
Tunis Vendredi 8 Février 2019

Suivez-nous

Apr.
26
2019

Les événements de Ben Guerdane et Médenine

La contrebande ou encore le noyau de la farce

Mercredi 11 Février 2015
نسخة للطباعة
• Baisse de 26,4% des exportations tunisiennes vers la Libye
La contrebande ou encore le noyau de la farce

Les évènements qui embrasent actuellement le Sud du pays, à Tataouine, Dhehiba  comme à Médenine interpellent maintes questions. Où allons-nous ? A quand le pacte social revendiqué par les différents partis et forces politiques ? Qu’en est-il au juste : Est-ce un bras de fer auquel le commerce parallèle ou la contrebande serait le noyau de la farce ?.  D’aucuns ne peuvent nier l’injustice sociale et économique qui sévissent dans ces régions frontalières. Les revendications pour un travail digne, pour une répartition équitable de la richesse, pour une amélioration des conditions de vie voire du minimum vital sont légitimes

Des régions défavorisées toujours jetées aux oubliettes et qui restent dans l’expectative, dans l’espoir de vivre mieux et de réaliser les objectifs de la Révolution. Jusque-là, rien que des promesses. Les gouvernements qui se sont succédé à la tête du pays ont promis monts et merveilles à ces régions, mais rien n’a été concrétisé.  Développement, croissance, travail, investissements, amélioration des services publics : des expressions qui sont restées lettre morte. Entre temps, un autre facteur vient semer la pagaille et susciter la colère des habitants notamment ceux qui sont habitués de travailler dans le commerce parallèle, dans la contrebande et qui trouvent dans l’économie informelle leur refuge, autrement dit leurs comptes. En effet, la guerre en Libye, et les mesures sécuritaires déployées au poste frontalier pour lutter contre le trafic  d’armes et la menace terroriste ont serré l’étau autour des contrebandiers qui affirment qu’ils n’ont pas de choix, la contrebande demeure leur seule et unique source juteuse de gain facile en l’absence de projets de développement créateurs d’emplois. 

 La morosité du marché parallèle est d’ailleurs observée dans les marchés reconnus pour la vente des articles et marchandises contrebandiers  dont « Souk  Moncef Bey ». Les commerçants braillent l’insuffisance de stocks ou encore la paralysie du marché. Il va sans dire que hormis le commerce parallèle et même du côté de l’économie formelle, les flux des échanges entre la Tunisie et la Libye ont régressé, enregistrant une baisse de 26,4% dans les exportations tunisiennes. A Tataouine, les protestataires réclamaient à raison la suppression de la taxe de sortie de 30 dinars imposée par les autorités tunisiennes aux Libyens non-résidents. Une probable suspension de la taxe de sortie du territoire pour les ressortissants des pays maghrébins a été examinée lundi lors du conseil ministériel. D’ici le retour au calme dans ces régions frontalières, d’ores et déjà trouver le juste équilibre entre menace sécuritaire, contrebande et paix économique et sociale semble être une mission impossible.  

Yosr GUERFEL AKKARI