Rafik Tlili terrassé par une crise cardiaque - Le Temps Tunisie
Tunis Mercredi 14 Novembre 2018

Suivez-nous

Nov.
15
2018

Ancien député à l’ANC

Rafik Tlili terrassé par une crise cardiaque

Mercredi 11 Février 2015
نسخة للطباعة
Rafik Tlili terrassé par une crise cardiaque

L’ancien député au sein de l’Assemblée Nationale Constituante ANC, Rafik Tlili, est décédé, hier à l’aube, terrassé par une crise cardiaque. A 53 ans, il ne souffrait, d’après ses proches, d’aucune maladie grave. Rafik Tlili est né en 1961 à Mahdia, plus précisément à El Chebba. Son baccalauréat en poche, il a été admis à la Faculté de Chariaa et Théologie de la Zitouna où il a étudié les sciences islamiques et s’est spécialisé dans le Coran. Militant politique bien avant la Révolution du 14 janvier, il avait fondé, en 1984, le Courant Nationaliste Progressiste à Chebba. Connu pour ses positions fortes et pour son engagement inébranlable, il a été emprisonné en 1986 à cause de ses activités syndicales. En 2001, Rafik Tlili a participé à la création du Congrès pour la République (CPR). Tête de liste CPR à Mahdia, il sera élu en octobre 2011. Mais très vite, il se dissociera de ce parti et siègera pour quelques temps en indépendant avant de participer à la création du mouvement Wafa, fondé en juin 2012 et présidé par Abderraouf Ayadi. Il se représentera aux élections législatives de 2014 sur une liste du Mouvement Wafa mais ne sera pas élu, son parti n’ayant obtenu aucun siège à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP). 

Infatigable défenseur des causes humaines

Durant son mandant à l’ANC, Rafik Tlili n’avait cessé de défendre des causes qui lui tenaient à coeur, à l’instar de la sauvegarde des richesses nationales du pays et de l’égalité des chances entre les différentes régions. Mais pas seulement ! Il s’était en effet illustré lors de la séance du mercredi 2 mai 2012 à l’ANC, au cours de laquelle il était question de discuter le budget complémentaire de l’Etat au titre de 2012. Dérogeant au protocole, Rafik Tlili avait, ce jour-là, ramené dans ses bras Rimess, une fillette syrienne réfugiée, âgée d’à peine deux ans. Résonnant avec force au sein de l’hémicycle, les cris et les pleurs du bébé effrayé avait troublé le calme relatif de la séance. L’élu avait alors clamé: « Je veux que tout le monde entende ce cri de détresse déchirant et sache dans quelles conditions atroces et inhumaines vivent les réfugiés du camps Choucha ( Ras Jdir) depuis plus d’une année. » Bien que disant compatir avec ces réfugiés ayant fui les conflits armés dans leurs pays, Mustapha Ben Jâafer, alors Président de l’ANC, n’avait que peu apprécié cette initiative. 

Rafik Tlili a été inhumé hier après la prière d’El Asr dans sa ville natale. Ses amis militants politiques et syndicaux, ses compagnons de route, ses anciens collègues à l’ANC ainsi que les journalistes l’ayant côtoyés durant son mandat affirment tous garder de lui le souvenir d’un homme gentil, humain et d’une amabilité à toute épreuve.  

R.B