Raja Amari et Leyla Bouzid - Le Temps Tunisie
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2018

Au Festival Panafricain du Cinéma d’Ouagadougou 

Raja Amari et Leyla Bouzid

Samedi 31 Janvier 2015
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La Tunisie sera au rendez-vous à la 24ème édition de la FESPACO (Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision), du 28 février au 4 mars à Ouagadougou  avec le dernier film de Raja Amari «Printemps tunisien», et un court métrage intitulé «Zakaria» de Leyla Bouzid.
 Ce sont au total 86 œuvres cinématographiques, toutes catégories confondues, qui sont en compétition. Le pays hôte du festival tentera à nouveau de conquérir l’Étalon d’or 12 œuvres, dont deux films, dans la catégorie long métrage. Dans les autres catégories, 22 films ont été sélectionnés pour la catégorie fiction court métrage  (3 films burkinabè), 20 pour la catégorie documentaires (2 documentaires burkinabè), 9 pour la catégorie des séries télévisuelles (2 burkinabè) et 15 pour les films des écoles (3 burkinabè). Une trentaine de pays participent cette année à la conquête du trophée le plus convoité du cinéma africain. Le Burkina présente le plus grand nombre de productions, suivi du Maroc, avec 6 œuvres.
La Tunisie sera présente tout d’abord par le dernier film de Raja Amari, « Printemps tunisien »,  ( Rabbi Tounes) qui  relate  la Tunisie , quelques semaines avant la chute de Ben Ali. C’est l’histoire de 3 garçons et d’une fille qui vivent et survivent, s’aiment et se débattent dans une société de plus en plus étouffante, sclérosée par des décennies d’une dictature ubuesque et corrompue.
  Il y a Fathi, au chômage depuis des années malgré un diplôme universitaire, amoureux de la belle Noura. Pondéré, réfléchi, un brin craintif, le jeune homme plutôt beau gosse, mais passablement résigné, n’aspire qu’à une chose : trouver un boulot, et vivre loin des emmerdes. Il y a aussi Moha, joueur de luth et rongé par la déprime. Perpétuellement fauché, il sombre doucement dans l’alcoolisme et la haine de soi. Un objectif le maintient encore en vie : quitter coûte que coûte ce pays qui ne lui offre rien et dans lequel il se sent profondément inutile. Et puis il y a Walid, le plus « adapté » des trois. Le démerdard du groupe, celui pour qui la Tunisie étant ce qu’elle est, il n’y a pas mille façons d’y survivre. Magouilleur et charmeur flirtant parfois avec le « pouvoir »  au risque de se brûler les ailes. Et il y a Noura. Belle et rebelle. Imprudente, provocatrice, sarcastique, parfois brutale. Amoureuse de Fathi, elle passe son temps à le bousculer. La destinée des personnages croisera celui de la révolution qui mènera à la chute du régime politique. Aucun n’en sortira indemne.  
 Le court métrage intitulé «Zakaria» présenté lors de cette manifestation   sera celui de  Leyla Bouzid qui  prépare actuellement son premier long métrage Dieu protège ma fille. Le film raconte l’histoire de Zakaria qui  vit dans un village du Gard. Il y mène une vie tranquille avec sa femme et ses deux enfants. Apprenant la mort de son père en Algérie, il décide de s'y rendre avec sa famille. Sarah, sa fille, refuse de l'accompagner.

Kamel Bouaouina