L’hybride: une force d’invention et de renouvellement - Le Temps Tunisie
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Publication.. La question de l’hybride, études réunies par Arselène Ben Farhat et Mustapha Trabelsi*

L’hybride: une force d’invention et de renouvellement

Vendredi 30 Janvier 2015
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Le Département de Français de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Sfax et l’Unité de Recherche en Littérature, Discours et Civilisation (URLDC) viennent de publier les actes du colloque international sur « La Question de l’hybride », organisé les 8, 9 et 10 décembre 2010. Les vingt communications présentées au cours de cette rencontre scientifique sont réunies par les professeurs Arselène Ben Farhat et Mustapha Trabelsi dans un élégant ouvrage réparti en cinq grandes parties consacrées successivement à la définition de la notion d’hybride, à l’écriture et à la réception de l’hybride, à l’hybride dans l’Art, à l’hybride générique et enfin à l’hybride dans ses rapports avec l’idéologie. 

Contre l’unidimensionnel

Le livre est introduit par ses deux auteurs qui commencent par proposer une intéressante lecture de la place que l’hybride occupe de nos jours dans divers domaines de la connaissance. Notion caractéristique de la modernité, l’hybride, rappellent Arselène Ben Farhat et Mustapha Trabelsi, se retrouve même dans des textes anciens datant du Moyen-âge ; mais les questions que le concept induit sont de plus en plus complexes à l’ère postmoderne. De quoi s’agit-il en fait lorsqu’on parle d’hybride ? Dans l’histoire littéraire, le mot désigne l’hétérogénéité typologique (mélange des divers types de discours), générique (coexistence des genres narratif, poétique, dramaturgique et argumentatif) et transgénérique (jeu d’échos entre la littérature, la peinture et la musique). S’appelle ‘’auteur hybride’’ celui qui « s’approprie, grâce à un travail de sélection, de transformation, d’assimilation et d’absorption, des éléments artistiques, littéraires, philosophiques, historiques et esthétiques.» L’hybride apparaît, du coup, comme un rejet de la hiérarchie des genres et comme une entreprise visant à l’éclatement de ces genres. C’est, en définitive, une manière de remettre en question les dogmes et les règles qui régissent les techniques d’écriture des œuvres littéraire. Mieux encore, en se construisant contre ce qu’il y a d’unidimensionnel dans l’histoire, l’écrit et la communication sociale, l’hybride traduit une forme de révolte contre l’ordre établi au niveau éthique et esthétique. Comme l’affirment Arselène Ben Farhat et Mustapha Trabelsi, l’hybride « fait de l’œuvre littéraire un espace textuel où l’auteur peut se dédoubler, s’observer, se découvrir et s’affirmer et où peut s’épanouir la liberté de penser et de s’exprimer. » Incontestablement, cet ouvrage sur « la question de l’hybride » est une référence incontournable pour les chercheurs de tous horizons et non seulement en critique littéraire. 

Les auteurs

Arselène Ben Farhat enseigne la littérature à l’Université de Sfax. Il est l’auteur de nombreuses études sur Guy de Maupassant, mais également d’articles sur Alphonse Daudet et Gustave Flaubert. Mustapha Trabelsi est Professeur de langue et littérature françaises à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Sfax. Il est l’auteur de La Polyphonie textuelle dans les Nouvelles d’Albert Camus. Il a organisé les colloques « L’ironie : lectures d’un discours oblique » et « Albert Camus, l’écriture des limites et des frontières ». Il a coordonné un numéro spécial de la revue L’Esprit créateur : Albert Camus and the art of brevety, et celui de Lendemains : Albert Camus et l’Algérie.

Badreddine BEN HENDA

 

La Question de l’hybride, Publications de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Sfax, 2014, 258 pages, prix public : 18 dt