La nouvelle donne - Le Temps Tunisie
Tunis Samedi 22 Septembre 2018

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2018

L’éditorial

La nouvelle donne

Vendredi 30 Janvier 2015
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“Ennahdha revient au pouvoir”, … toutes les réactions qui prennent de plus en plus d’ampleur depuis qu’il a été décidé d’associer Ennahdha au prochain gouvernement de Habib Essid, ont un dénominateur commun : servir les partis et non la Patrie. Il est vrai que depuis plus de trois mois, les électeurs attendent la concrétisation de leur message aux législatives du 26 octobre dernier.  Il est aussi vrai qu’Ennahdha a eu de nouvelles propositions de la part du chef de gouvernement désigné pour la formation de la première équipe qui va diriger le pays durant cinq ans, en tant que gouvernement fort du suffrage universel et engageant la deuxième étape de la transition démocratique de la 2ème République, dont les instances constitutionnelles n’ont pas encore vu le jour. 

Depuis les élections législatives, beaucoup d’évènements se sont succédé et les Tunisiens se sont exprimés à l’occasion du deuxième tour de la présidentielle, et ont pratiquement, déplacé le centre de gravité du pouvoir exécutif de la Kasbah à Carthage. 

Or, le locataire de Carthage s’est engagé à être le président de tous les Tunisiens, en commençant par ceux qui avaient élu ses adversaires ainsi que les 50% de la masse électorale qui ne s’étaient, même pas inscrits. Ce n’est pas aujourd’hui que tous  les partis politiques, ne représentant que 25% des électeurs, vont pouvoir dévier Essebsi de sa promesse de concrétiser des projets d’infrastructure pour les régions démunies, sans trahir ses promesses électorales adressées à ses propres électeurs, et à leur tête la recherche avec succès des véritables responsables  de l’assassinat de Chokri Belaïd, Hadj Mohamed Brahmi et Lotfi Naguedh, ceux qui avaient financé et ceux qui avaient commandité ces crimes odieux.

En bref, l’entrée d’Ennahdha  au gouvernement est une nouvelle donne. Elle aura l’avantage d’apaiser le climat politique et de mettre fin à un contentieux qui n’a que trop duré entre les deux premiers partis. 

L’intérêt supérieur de la Nation est en jeu. La Jabha prisonnière de son analyse romantique de la situation n’a pas su s’adapter aux mutations enregistrées sur la scène.

Hassine BOUAZRA