L’UGTT plaide pour un cabinet disposant d’une majorité confortable - Le Temps Tunisie
Tunis Vendredi 8 Février 2019

Suivez-nous

Mar.
20
2019

UGTT

L’UGTT plaide pour un cabinet disposant d’une majorité confortable

Mercredi 28 Janvier 2015
نسخة للطباعة
L’UGTT plaide pour un cabinet disposant d’une majorité confortable

Alors que le Chef du gouvernement désigné a repris les concertations avec plusieurs partis politiques en vue de revoir sa première copie relative à la composition de la nouvelle équipe gouvernementale qui a largement déçu, l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) a plaidé pour la formation d’un gouvernement disposant d’une majorité confortable au sein de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP). 

«Le nouveau gouvernement qui sera soumis à l’ARP doit obligatoirement être un cabinet de large consensus et bénéficier d’une majorité confortable afin qu’il puisse s’attaquer aux épineux dossiers sociaux, et économiques et politiques durant l’étape à venir», souligne le secrétaire général adjoint de l’UGTT, Mouldi Jendoubi. 

«Il est évident que Habib Essid doit procéder à des changements à la tête de certains ministères et se débarrasser de plusieurs personnalités figurant dans son équipe surtout après les critiques exprimées par  de nombreux partis politiques. Cela se passe d’ailleurs dans de nombreux  pays démocratiques», a-t-il ajouté. 

Le vote de confiance au gouvernement prévu mardi 27 janvier a été reporté à une date ultérieure.  Cette décision a été prise après que plusieurs partis représentés au sein de l’ARP, dont le mouvement Ennahdha (69 sièges), le Front Populaire (15 sièges), Afek Tounes (8 sièges) et Al Moubadara (3 sièges)  ont décidé de ne pas soutenir le cabinet du nouveau Premier ministre.

Pour entrer en fonction, le gouvernement doit obtenir le soutien d’au moins 109 députés. Or, les trois partis représentés au sein de  ce cabinet ne comptent, réunis, que 103 voix: Nidaâ Tounes (86 sièges), l’Union Patriotique Libre (UPL, 16 sièges) et le Front national du salut de Touhami Abdouli (1 siège). 

Pire encore, certains députés de Nidaâ Tounes ont annoncé qu’ils n’accorderont pas leur confiance au nouveau cabinet. C’est, entre autres, le cas, de  Abdelaziz Kotti  qui qualifié le gouvernement de Habib Essid de « très faible», assurant qu’il existait des divergences au sein des membres du groupe parlementaire du parti.

Manœuvre ?  

Selon certains observateurs, la première liste du gouvernement  dévoilée vendredi dernier par le Premier ministre désigné n’est qu’une manœuvre visant à faire avaler aux membres et aux sympathisants de Nidaâ Tounes la pilule amère de la participation du mouvement Ennahdha au futur gouvernement. 

M. Essid savait en effet très bien que son cabinet n’a aucune chance d’obtenir la confiance des députés sans la présence en son sein de représentants d’Afek Tounes et du parti islamiste. Cette thèse est corroborée par les multiples déclarations du président de la République et leader de Nidâa Tounes, selon lesquelles son parti ne gouvernera pas seul même s’il dispose de la majorité absolue au sein du Parlement.

Vieux routier de la scène politique et fin tacticien, Béji Caïd Essebsi s’attache en effet à la formation d’un gouvernement bénéficiant d’une large assise politique, laquelle ne peut être obtenue que grâce aux 69 députés d’Ennahdha, surtout que la mission du nouvel exécutif s’apparente à un véritable parcours du combattant.

Le prochain cabinet devrait, en effet, s’attaquer à des dossiers aussi sensibles que la levée des subventions sur certains produits de première nécessité en vue d’alléger la pression sur les finances publiques, la réforme des régimes de sécurité sociale impliquant l’augmentation de l’âge du départ à la retraite, et la réforme du régime national d’assurance-maladie qui se traduira inéluctablement par la révision à la hausse des taux de cotisations des assurés sociaux. Or, il serait très difficile de voir le Front Populaire, une coalition de partis gauche, voter en faveur des projets de loi relatifs à ces réformes douloureuses imposées  par les bailleurs de fonds multilatéraux, dont la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI). Autant dire que le parti vainqueur des législatives du 26 octobre n’a d’autre choix que de s’allier avec le mouvement  Ennahdha…

Walid KHEFIFI

Mots-clés: