Dialogue politique: l’échec interdit - Le Temps Tunisie
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2018

L’éditorial

Dialogue politique: l’échec interdit

Mercredi 28 Janvier 2015
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Quelques semaines après la désignation de Habib Essid pour former le premier gouvernement de la deuxième République, les négociations pour établir la liste provisoire des titulaires des postes ministériels, certains avaient cru à l’échec, rien qu’au vu des réactions des grands partis de la place devant la première liste somme toute soumise aux changements nécessaires. C’est un coup assez dur pour  le candidat de Nida à la Primature. Cet ancien cadre administratif grand connaisseur des rouages de la fonction publique, ne pouvait imaginer un seul instant que sa proposition allait passer comme une lettre à La Poste. Pour tout professionnel de la politique plusieurs variantes et plans alternatifs doivent être prêts. Si la séance plénière du vote de confiance a été retardée de 48h, c’est que quelque part, après les cartons rouges, d’Ennahdha, Afek Tounès et la Jabha Chaâbia, les cartons verts vont ressurgir. Aujourd’hui, l’hémicycle du Bardo, va abriter les vrais débats entre les différents groupes parlementaires et les différents ministres en quête de confiance. Le plan B apparaît, et il n’est pas exclu qu’il soit, au fait le 1er plan préparé par Béji Caïd Essebsi et ses plus proches collaborateurs hors de tout regard indiscret. Pour qu’il passe, il va falloir, provoquer l’hilarité des partis qui croient que leurs intérêts comptent avant et même plus que ceux de la Patrie. Un pas en arrière, qui sera suivi en l’espace de 48 heures d’un pas en avant. Ce n’est pas sur un vieux routier de la politique, que les partis politiques quels qu’ils soient pourront exercer une quelconque pression. Ses cartes maîtresses, il ne les découvrira qu’à la dernière minute. Ainsi, en donnant le feu vert de proposer une 1ère liste, dans laquelle, à part l’UPL richissime Slim Riahi et quelques ministres de Nida, les observateurs ont eu la surprise, de retrouver une équipe, Mehdi Jomaâ 2, sans son animateur qui avait conduit avec succès le pays vers des élections, globalement  acceptées par tous. Sans l’appui total des cinq premiers partis  (Nida Tounès, Ennahdha, l’UPL,  Afek Tounès et la Jabha Chaâbia) aucune réforme sérieuse de l’économie et aucun projet de texte de lois, y compris ceux concernant la création des instances constitutionnelles, ne pourront passer. Plus la majorité est large, plus la transition démocratique devient réalisable. Dommage pour la Tunisie, chaque parti, y compris les modernistes, avançait comme condition pour sa participation l’absence de ministres d’Ennahdha.  En tirant les conséquences de la mésentente des partis politiques, Béji Caïd Essebsi a pu mettre à nu, l’engouement de certains  partis pour le pouvoir et la non disponibilité, d’autres quand il s’agit de montrer  ce qu’ils peuvent concrètement faire au profit des Tunisiens en étant au pouvoir. Le moindre espoir qu’ils deviennent des partis de propositions. Rester sur la colline les sert beaucoup plus, que s’ils mettaient la main à la pâte. Le dialogue a repris. Certains de ceux qui avaient dit non ont nuancé leur position. Avec la lecture détaillée du programme de Habib Essid, la confiance de l’ARP sera obtenue sans la moindre difficulté.

Hassine BOUAZRA