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Yémen: Grande manifestation anti-Houthisà Sanaa

Dimanche 25 Janvier 2015
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Yémen: Grande manifestation anti-Houthis à Sanaa

Des milliers de personnes ont participé hier à Sanaa à la plus grande manifestation anti-Houthis depuis l'entrée en septembre de ces miliciens chiites dans la capitale du Yémen, pays clé dans le dispositif américain de lutte contre Al-Qaïda.

Dans le sud du pays, indépendant jusqu'en 1990, des séparatistes se sont emparés à Ataq de barrages tenus par la police, par crainte notamment d'une attaque des Houtis.

Le Yémen se trouve depuis jeudi sans président ni gouvernement après la démission des deux chefs de l'exécutif sous la pression des miliciens chiites, qui se sont notamment emparés du palais présidentiel et ont assiégé plusieurs autres bâtiments gouvernementaux.

Les miliciens, appelés Houthis du nom de leur chef et dont le fief se trouve dans le nord du pays, étaient entrés le 21 septembre à Sanaa et ont depuis élargi leur influence dans le centre et l'ouest.

"A bas, à bas la loi des Houthis", ont notamment scandé les manifestants qui répondaient à l'appel du "Mouvement de rejet", un groupe récemment créé dans plusieurs provinces du Yémen, un pays à majorité sunnite, pour contrer la puissante milice chiite.

Des miliciens chiites armés déployés le long de la rue Sittin, où réside le président, ont regardé les manifestants défiler sans tenter de les stopper.

Des dizaines de partisans des Houthis ont en revanche tenté de perturber le rassemblement, mais la manifestation s'est achevée dans le calme.

D'importantes manifestations ont également eu lieu dans les villes de Taëz (sud-ouest), d'Ibb (centre) et d'Hodeida (ouest).

A Sanaa, les manifestants ont défilé vers la résidence du président Abd Rabbo Mansour Hadi pour lui signifier qu'ils refusaient sa démission, présentée jeudi peu après que le Premier ministre Khaled Bahah eut donné celle de son gouvernement.

Ces démissions sont intervenues quelques jours après l'enlèvement du directeur de cabinet du président, Ahmed Awad ben Moubarak, par les miliciens qui le détiennent toujours.

Le Parlement doit se prononcer aujourd’hui sur la démission du président Hadi lors d'une session extraordinaire, mais sa tenue reste incertaine vu l'imposant déploiement des Houthis à Sanaa.

M. Hadi avait été élu en 2012 après le départ d'Ali Abdallah Saleh, chassé du pouvoir par la rue dans la vague des Printemps arabes.

Ce dernier est aujourd'hui soupçonné d'être proche de la milice chiite qui conteste le projet de Constitution prévoyant de faire du Yémen un Etat fédéral avec six régions.

S'ils obtiennent des concessions sur la Constitution, les Houthis se sont notamment engagés à quitter le palais présidentiel et relâcher M. Moubarak.

S'ils contrôlent plusieurs bâtiments de la capitale, les Houthis semblent hésiter, selon des spécialistes, à prendre la direction du pays en raison de leur manque d'expérience politique et des réactions violentes que cela susciterait dans les rangs de la communauté sunnite, notamment sa frange dure et les jihadistes d'Al-Qaïda.

L'émissaire de l'ONU au Yémen, Jamal Benomar, avait prôné jeudi l'application de l'accord du 21 septembre 2014, prévoyant un retrait des miliciens chiites de Sanaa.

Cet accord avait alors permis de faire cesser les combats à Sanaa et prévoyait la formation d'un gouvernement, mais il est dans les faits resté lettre morte.

Dans le Sud, des combattants du Mouvement sudiste, qui militent pour que cette région redevienne indépendante, ont pris six points de contrôle à Ataq, chef-lieu de la province de Chabwa, sans rencontrer de résistance des forces de l'ordre, selon des témoins.

Quatre provinces du Sud ont décidé depuis jeudi de n'obéir qu'à des hommes fidèles au président Hadi.

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