Nida Tounès, l’Union Patriotique Libre et Afek Tounès, le noyau dur - Le Temps Tunisie
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La composition du gouvernement arrêtée par Essebsi et Essid

Nida Tounès, l’Union Patriotique Libre et Afek Tounès, le noyau dur

Mercredi 21 Janvier 2015
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• Les contours de la majorité présidentielle clarifiés
Nida Tounès, l’Union Patriotique Libre et Afek Tounès, le noyau dur

Tout plaide, comme l’avait annoncé Mohamed Ennaceur, président de Nida Tounès et de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP),  pour que les députés  de la Nation se prononceront, la semaine prochaine, dix jours avant la fin du 1er mois constitutionnellement  requis pour la formation du gouvernement,  afin d’obtenir le vote de confiance. Aux dernières minutes de  la lutte finale pour l’obtention  d’un poste au sein du gouvernement de Habib Essid, le Palais Edhiafa à Carthage a abrité hier matin, un tête à tête entre le candidat à la Primature, et Mohsen Marzouk, un des mousquetaires de Béji Caïd Essebsi à Carthage, dont rien n’a filtré. Vérification faite, cette rencontre qui a fait courir les journalistes n’a aucun rapport avec  l’affaire des noms  retenus dans  la liste des heureux élus.  

De toute façon, les différents partis alliés, Nida Tounès, l’Union Patriotique Libre et Afek Tounès, seront représentés au sein de l’équipe gouvernementale. Reste le cas d’Ennahdha, avec son  statut  particulier d’intermédiaire, ni allié, ni opposant, il sera un partenaire. Les dirigeants de Nida Tounès favorables au rapprochement avec Ennahdha, seront satisfaits et le parti islamiste ne  demande qu’à « être reconnu comme partenaire politique , classé aux seconds rangs, pour ne pas déplaire à la ligne de Rached Ghannouchi, croyant dur comme fer, au caractère vital de la participation de son parti aux affaires ». La débâcle électorale de l’ex-premier parti du pays qui avait conduit, la Troïka et  l’Islam politique au pouvoir durant trois bien longues années, a conduit Cheikh Rached et sa ligne politique, sommes toute majoritaire au sein des instances dirigeantes d’Ennahdha, à jouer la carte de la modestie, la modération et le consensus national, ce mot magique qui a sauvé le pays du désastre le lendemain de l’assassinat de Haj Mohamed Brahmi. 

Un pas en avant, deux pas en arrière 

De toute façon BCE fidèle à son refus de toute exclusion, lui qui en a été la principale victime, est homme à conviction et au respect de la parole donnée. Les cadres respectifs de leurs partis peuvent se morfondre, crier à la trahison, mais n’iront jamais loin. Le pays par cette présence presque cachée et un peu dans l’ombre d’Ennahda dans l’équipe gouvernementale de Habib Essid, fournit la preuve que rien d’important ne se décidera sans Ennahdha et que cette dernière, dos au mur ne peut que répondre au doigt et à l’œil à son ex-ennemi juré. Les deux sont prêts pour survivre à retourner le dos, et en politique comme entre Etats, il n’y a que des intérêts et non des amitiés.  Ces deux hommes tiennent le pays en main,  avec la complicité bienveillante de Houcine Abbasi qui a refusé de reporter la question des salaires de la fonction publique au titre de 2014, au prochain gouvernement. Quelle boulevard est ouvert devant Habib Essid et son équipe rentrante durant la saison en cours,  pour vivre une amnistie et une paix sociale qui n’a jamais été accordée par la Centrale ouvrière durant les quatre dernières années. La dignité des Nahdhaoui est sauve grâce aux plus fines de tactiques et le grand bleuf du perdant redevenu un des faiseurs du nouveau paysage politique. Rached Ghannouchi redevient doucement et sûrement tunisien ; son parti tiendra son congrès en été prochain et la partie a pu finalement s’achever grâce à la patience et le stoïcisme du deuxième parti de Tunisie, d’une part et la grande leçon qui continue de prodiguer Bourguiba, d’autre part.

Les deux grands joueurs d’échec s’apprécient bien

Essebsi, ce grand joueur d’échecs a bien compris que négocier avec son meilleur ennemi, est plus rentable que rentrer dans une logique d’affrontement suicidaire qui ne fera que démolir la maison commune sur tout le monde. Ceux qui ont suivi de façon artificielle les péripéties du Sit-in Errahil ne comprendront jamais la position semi-allié et semi -voisin  défendu par Nida dans le positionnement dans lequel il veut confiner Ennahhdha. Et Rached Ghannouchi en renard oriental, saisi le message au volet, accepte de se plier sans se soumettre pour survivre, sauver les meubles du plus vieux parti politique du pays écarté en un temps record du pouvoir par les urnes. Le « complot » dénoncé par les « légitimistes » accrochés au pouvoir deux années en arrière resteront sur la touche. Et oui, d’autres viennent de les rejoindre, ceux qui ont beaucoup hésité avant le deuxième tour de la présidentielle, la Jabha en tête. 

Avant-hier, Béji Caïd Essebsi et Habib Essid ont eu le temps de boucler l’affaire de la liste définitive des membres du prochain gouvernement de combat , soudé et bien outillé en compétences politiques  et techniques pour remettre le pays sur les rails de la croissance dans tous les domaines, politique, juridiques, institutionnels, socio-économique sous le regard approbateur de l’UGTT qui avait déjà transmis une certaine « feuille de route » contenant noir sur blanc  ses attentes du prochain gouvernement. La fumée blanche est sortie au palais de Carthage. La proportion de 70% de voix accordant leur confiance à Habib Essid et son équipe, désormais acquise, le pays respire. 

Ni vainqueurs, ni vaincus, la Tunisie à l’unisson

Les heureux élus seront contactés dans les heures qui viennent. Ils auront certes l’honneur de la confiance des deux têtes de l’exécutif, mais ils devront travailler dur et bien communiquer avec l’opinion publique. Celle-ci a bien su se faire entendre. Le cercle est fermé, au travail tous !

Place aux professionnels de la critique et des discussions de salons. Dans quelque jours, Mohamed Ennaceur réunira ses députés dans une plénière pour écouter le programme électoral, le discuter et passer au vote de confiance. Nous saurons, ce jour là qui est dans l’opposition et qui ne l’est pas. La majorité présidentielle qui entourera Béji Caïd Essebsi sera révélée. Et la nouvelle configuration de la classe politique, bien tracée. Au final, ni vainqueurs, ni vaincus, c’est la Tunisie qui relève la tête et les Tunisiens qui agiront en convergence et à l’unisson.

 

24 ministres, trois ministres chargés de mission et 7 secrétaires d’Etat

 

 

Le premier jet, en attendant validation définitive, de l’architecture préliminaire du prochain gouvernement comportera 24 ministères, trois ministres chargés de mission et 7 secrétaires d’Etat. Ainsi l’organigramme retenu, se présente ainsi :

Une présidence du Gouvernement en tête, suivie tout juste après, par un Secrétaire général du gouvernement chargé des relations avec l’ARP, un ministre chargé du développement administratif et des contributions, un ministre chargé du contrôle et de l’évaluation des politiques publiques. Viennent par la suite deux grandes séries de ministères, une sectorielle et une dite de souveraineté. Dans le volet souveraineté, des innovations ont été relevées par rapports aux anciennes structures de l’ère « Benalienne » gardée par Ennahdha et ses ex-alliés. Nous avons sous ce chapitre les ministères suivants : le ministère de l’Intérieur avec deux ministres, l’un chargé du dossier sécuritaire et un secrétaire d’Etat chargé de la décentralisation et des affaires régionales ; un ministère de la Défense nationale, un ministère des Affaires étrangères et des Tunisiens à l’étranger avec un secrétaire d’Etat chargé des Tunisiens à l’étranger ; le ministère de la Justice avec un secrétariat d’Etat chargé des Droits de l’Homme et de la Justice transitionnelle. Dans le volet sectoriel, nous avons les ministères suivants : du Tourisme, de l’Investissement et du Développement économique avec un secrétaire d’Eta chargé de la planification, un ministère de l’Equipement, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire, un ministère du Commerce et de l’Artisanat, un ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Energie avec un secrétaire d’Etat chargé des PME, un ministère des Télécommunications et du Numérique, un ministère de l’Agriculture et des Ressources hydrauliques,  un ministère des Finances avec un secrétaire d’Etat chargé de la fiscalité et du recouvrement, un ministère de l’Environnement, un ministère du Travail et des Affaires sociales, un ministère des Domaines de l’Etat et des affaires foncières, un ministère de l’Education et de la Formation, un ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, un ministère de la Santé, un ministère de la Jeunesse et des Relations avec la société civile, un ministère du Sport, un ministère de la Femme et de la Famille, un ministère des Affaires religieuses, un ministère du Transport et UN ministère de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine.

Hassine BOUAZRA