L’éditorial: Priorités tunisiennes - Le Temps Tunisie
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L’éditorial

L’éditorial: Priorités tunisiennes

Dimanche 18 Janvier 2015
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La reproduction d’une photo du Prophète sur les colonnes du dernier Charlie Hebdo dès son retour après le carnage qui avait provoqué les réactions de toutes les capitales du monde, a suscité des réactions de refus et des manifestations dans plusieurs capitales du monde arabe et musulman. Contrairement à leurs voisins algériens, les Tunisiens tout en s’indignant de la provocation, n’ont pas eu de réactions ni dans les rues, ni chez les partis politiques. Quelques années auparavant, pour moins que cette caricature, quelques toiles exposées au Palais El Abdellia, avaient suscité un tollé chez les fanatiques de l’islam wahabiste. Un film rediffusé dans la salle Africa a fait monter sur leurs chevaux les amateurs de « Ghazoua ». L’attaque de l’ambassade et de l’école américaine avait pour prétexte une humiliation ressentie par certains ici, suite à la projection d’une vidéo d’un film jugé diffamatoire et anti-islam, aux Etats-Unis, pays de la liberté de conscience, par excellence…Le Tunisien est-il redevenu, par enchantement, un pacifiste hors pair ? Depuis, ces moments noirs dans la vie des Tunisiens modernistes, ouverts sur toutes les autres cultures tout en étant attachés à leur identité, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Le monde change à une vitesse vertigineuse ; les Tunisiens aussi qui savent expérimenter, observer et tirer des leçons de tout, y compris de leurs erreurs. La démocratie et la tolérance s’apprennent et s’intériorisent tous les jours.

Le silence actuel des Tunisiens montre qu’ils ont bien eu leur dose en matière de réactions épidermiques et de violence verbale démesurée. Les trois années passées sous la coupe de la Troïka ont bien édifié les Tunisiens sur les méfaits des réactions, non étudiées. Aujourd’hui, le Tunisien moyen est beaucoup plus concerné par ses problèmes locaux que par ce qui se passe ailleurs. Sa non réaction, prouve qu’il ne se laissera plus prendre au piège des extrémistes religieux.

Le couffin de la ménagère qui se rétrécit comme une peau de chagrin, les augmentations du prix  d’autres produits de consommation des ménages,  l’attente que les horizons politiques se clarifient, la conscience de l’urgence de redresser l’état de la Nation…intéressent au premier lieu le citoyen ordinaire.

Reste la solidarité avec les victimes du terrorisme, là les Tunisiens n’ont aucune raison de se perturber. Ils attendent beaucoup plus les 1ères mesures que prendra le nouveau gouvernement.

Hassine BOUAZRA

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