Elle demande le divorce, il tente de la tuer - Le Temps Tunisie
Tunis Vendredi 8 Février 2019

Suivez-nous

May.
23
2019

Elle demande le divorce

Elle demande le divorce, il tente de la tuer

Dimanche 11 Janvier 2015
نسخة للطباعة
Elle demande le divorce, il tente de la tuer

La jeune fille avait connu l’inculpé âgé de 28 ans. Elle l’a fréquenté et a été convaincue de son dévouement et qu’elle pourrait bâtir avec lui un foyer. Après une fréquentation de quelques mois ils ont décidé de se marier. Sans trop réfléchir ils se sont rendus chez le notaire et ont signé l’acte. Ils avaient décidé de prendre leur temps pour fixer la date de la cérémonie et fêter comme il se doit et selon les coutumes leur union.

Les jours et les semaines passaient sans qu’ils n’avancent dans leur projet. La jeune fille jouissait de sa liberté et fréquentait toujours ses amies sans se soucier nullement de sa nouvelle situation. Elle est mariée et devait prendre en considération le fait d’appartenir à un homme et qu’elle doit le respecter. Le jeune homme s’inquiétait de voir sa dulcinée se conduire librement. La jalousie l’a poussé à lui demander des comptes et de s’enquérir de ses fréquentations et cela a trop gêné la mariée. Elle commençait à s’en lasser des remarques de son mari et n’a jamais accepté d’être tout le temps épiée.

De jour en jour, les altercations se multipliaient. La jeune fille a donc décidé de rompre et a informé son jules qu’elle allait demander le divorce. L’affaire n’a pas encore connu son épilogue. Ceci n’a pas empêché la jeune fille de sortir et jouir d’une liberté totale.

Le jour des faits elle a rencontré une amie et cette dernière lui a suggéré de l’accompagner au salon de coiffure d’une parente. Sans hésiter elle a accepté. Elle n’avait pas imaginé que ce jour là son mari légitime la suivait comme son ombre. Il a attendu sa sortie du salon de coiffure et au moment où avec son amie elles étaient en train d’acheter des fruits secs de chez un vendeur, il a garé sa voiture près du kiosque et l’a rejointe pour l’inviter à l’accompagner pour s’expliquer mais il fut prié par la jeune fille de couper tous les liens avec elle, ne plus l’interpeller et d’attendre la décision du divorce.

Cette réplique a fait perdre au mari le contrôle de ses nerfs. La colère l’a poussé à tirer un grand couteau qu’il cachait sous ses vêtements et a asséné un terrible coup au niveau de la poitrine de la jeune fille. Elle a chuté criant de douleur. A la vue du sang, il a rejoint sa voiture et a démarré en trombe laissant la jeune fille se débattre contre la mort surtout qu’elle avait une très forte hémorragie. Son amie a appelé la propriétaire du salon de coiffure. Cette dernière a couru pour transporter la blessée à l’hôpital.

Elle a été reçue à l’hôpital de Ben Aous au pavillon des urgences. Il a fallu une intervention chirurgicale pour arrêter la forte hémorragie et la sauver d’une mort certaine. Les médecins lui ont prescrit trente jours de suivi médical à l’hôpital et trente jours de repos total.

Alertés par les services de l’hôpital, les inspecteurs de la direction régionale des affaires criminelles travaillant sous l’autorité de la Direction de la Garde Nationale se sont déplacés à l’hôpital pour interroger la blessée. Elle leur a expliqué les faits et a déposé plainte demandant à poursuivre pénalement son mari agresseur.

Après une cavale qui a duré un mois et demi, le jeune homme a été finalement arrêté. Interrogé il a donné une version totalement différente.

Il a déclaré qu’entre lui et la jeune fille il y avait des liens solides et ils se connaissaient depuis l’enfance. Après avoir accepté de l’épouser ils ont établi un contrat de mariage en bonne et due forme auprès d’un notaire. Devenue officiellement sa femme elle a refusé au début d’entretenir une liaison poussée. Elle a tenu à lui être entière après la célébration de la fête. Mais de jour en jour ils ont fini par pousser leur relation. Cette liaison a fini par donner ses fruits et la jeune femme est tombée enceinte. Contre toute attente et sans obtenir l’accord de son partenaire, elle s’est fait avorter. Cette décision prise d’une manière unilatérale a causé à l’inculpé une amère désillusion. Malgré cela il a tenté de se réconcilier avec elle et reprendre la vie commune mais la jeune fille tenait au divorce.

Il a déclaré que le jour des faits c’est sa femme qui lui a téléphoné pour lui fixer un rendez vous. Il s’est déplacé pour la voir. Il y a eu une altercation et une grande dispute entre eux au moment où il était en train de réparer sa voiture tombée subitement en panne. Il a déclaré avoir fait l’objet d’insultes et de qualificatifs obscènes qui lui ont fait perdre la tête. C’est au moment où il voulait faire taire sa femme qu’un geste anodin de sa main qui tenait un tourne vis, a atteint sa poitrine. Il a déclaré qu’il n’avait jamais eu l’intention ni l’idée de la tuer.

Devant ces déclarations les enquêteurs ont demandé le témoignage des deux dames qui accompagnaient la victime. Des déclarations qui ne laissent point de place au doute quand à l’intention du mari. Elles ont déclaré qu’il s’est arrêté au niveau de sa femme, a quitté sa voiture et a tenté de l’embarquer de force. Devant son refus il lui asséné un coup de couteau au niveau de la poitrine et s’est enfui.

L’inculpé a été traduit devant la 2ème chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis pour répondre d’agression grave ayant causé une inaptitude partielle de l’ordre de 20%.

Interrogé par le juge il a réitéré ses déclarations données au cours des interrogatoires préliminaires. Il a indiqué qu’il n’avait jamais eu l’intention de tuer sa femme bien au contraire il voulait la contraindre de vivre avec lui.

Après les plaidoiries et les délibérations, l’accusé a été reconnu coupable de grave agression sur sa femme et a été condamné à une peine de quatre ans de prison ferme avec dommages et intérêts au profit de la victime de l’ordre de 8000 dinars.

Chedli Ben Dhifallah

Mots-clés: